Un aé­ro­port pour le Mont ?

Les cartes du tran­sport aé­rien re­bat­tues en Bre­tagne

La Gazette de la Manche - - La Une - Ni­co­las Evan­no

Le grand aé­ro­port in­ter­na­tio­nal pré­vu à Notre-Dame-des-Landes ne ver­ra donc pas le jour. Voi­là qui re­bat les cartes du dé­ve­lop­pe­ment aé­rien en Bre­tagne. Ce­la va-t-il être fa­vo­rable ou non aux pe­tits aé­ro­ports lo­caux comme ce­lui de Di­nard - Pleur­tuit ?

Une piste sous-ex­ploi­tée

Quelle est la si­tua­tion de notre aé­ro­port tout d’abord ? Ce­lui-ci est dé­sor­mais gé­ré par la So­cié­té d’ex­ploi­ta­tion des aé­ro­ports de Rennes et Di­nard, où l’on re­trouve le Groupe Vin­ci Air­ports (49 %) et la CCI d’Ille-et-Vi­laine (51 %). Ac­tuel­le­ment, l’es­sen­tiel de son tra­fic est as­su­ré par les deux lignes ré­gu­lières vers East-Mid­lands (Not­thin­gham) et Londres, pro­po­sées par la com­pa­gnie low-cost Rya­nair.

En 2017, l’aé­ro­port de Di­nard - Pleur­tuit a ac­cueilli 121 697 pas­sa­gers, soit une hausse de 10 % de son ac­ti­vi­té.

Tout le monde s’ac­corde ce­pen­dant pour dire que l’équi­pe­ment est sous-ex­ploi­té. Tech­ni­que­ment, la piste di­nar­daise est suf­fi­sam­ment longue pour ac­cueillir tout type d’avions. Sa seule li­mite est le nombre « d’im­pacts » qu’elle peut re­ce­voir, c’est-à-dire le nombre d’avions qui peut y at­ter­rir. Sa­chant qu’ac­tuel­le­ment, sa marge est en­core très confor­table.

De nou­velles des­ti­na­tions, mais pour qui ?

Alors qu’est-ce que l’on at­tend pour­rait-on dire ? Les élus lo­caux sont à peu près tous d’ac­cord pour par­ti­ci­per à la créa­tion de nou­velles des­ti­na­tions, no­tam­ment vers des pays d’Eu­rope du Nord ou de l’Est. Cer­tains parlent aus­si du nord de l’Ita­lie ou de l’Ir­lande. On pour­rait aus­si se dire que l’ar­rêt de No­treDame-des-Landes peut fa­vo­ri­ser ce dé­ve­lop­pe­ment. Pas for­cé­ment en fait…

Il ne faut pas ou­blier que beau­coup d’ac­teurs éco­no­miques et po­li­tiques lo­caux ont re­gret­té l’aban­don de ce pro­jet. Par exemple le maire de Saint-Ma­lo, Claude Re­noult : « Ce­la au­rait créé un grand hub qui au­rait pro­fi­té à tout le grand Ouest de la France. Et son ap­pa­ri­tion n’au­rait pas for­cé­ment été dé­fa­vo­rable aux pe­tits aé­ro­ports lo­caux comme ce­lui de Di­nard. A pré­sent, on va être ame­né à re­pen­ser l’ave­nir de ce­lui-ci… »

Le pre­mier édile ma­louin craint sur­tout que la nou­velle si­tua­tion crée une concur­rence entre les dif­fé­rents aé­ro­ports ré­gio­naux : « Quand je vois que très ré­cem­ment Rennes a ou­vert une ligne sur Londres, alors qu’il y en a une sur Di­nard, je m’in­ter­roge… »

Il de­mande donc à la Ré­gion de créer « un plan aé­rien ré­gio

nal » , afin que les dif­fé­rentes ins­tal­la­tions se com­plètent plu­tôt qu’elles se tirent dans les pattes entre elles.

A ce jour, la po­si­tion de la Ré­gion reste floue. Pour Di­nard, la prio­ri­té semble sur­tout d’y pé­ren­ni­ser l’ac­ti­vi­té de main­te­nance aé­ro­nau­tique exer­cée par Sa­be­na Tech­nics. Quant à l’ou­ver­ture de nou­velles lignes et le par­tage de celles-ci entre Rennes et Di­nard, rien n’a fil­tré pour le mo­ment. Il faut aus­si dire que ce­la re­pré­sente un coût pour les col­lec­ti­vi­tés.

L’aé­ro­port du Mont Saint-Mi­chel ?

Le seul point sur le­quel la Ré­gion veut ap­puyer, pour le mo­ment, c’est la dé­no­mi­na­tion de l’aé­ro­port. Un nou­veau nom, plus por­teur, du style « Des­ti­na­tion Mont Saint-Mi­chel ». Et ça tombe bien, la com­mune du Mont Saint-Mi­chel semble d’ac­cord. Le 6 fé­vrier der­nier, celle-ci a ac­cor­dé à l’aé­ro­port de Di­nard - Pleur­tuit le droit d’uti­li­ser son lo­go à des fins com­mer­ciales. Il s’agit en ef­fet du plus proche aé­ro­port de la Mer­veille (56 ki­lo­mètres), et la créa­tion de nou­velles lignes à Di­nard pour­rait lui ap­por­ter des re­tom­bées éco­no­miques.

Plu­sieurs élus lo­caux du Pays de Saint-Ma­lo ap­puient un tel chan­ge­ment de non. Mais pas tous… Sur ce su­jet, la ville de Pleur­tuit a d’ailleurs po­sé cette ques­tion sur sa page Fa­ce­book : « Pour ou contre as­so­cier le nom du Mont à ce­lui de notre aé­ro­port ? » On com­prend donc que la ques­tion n’est pas tran­chée et qu’il fau­dra ac­cor­der les vio­lons.

Et ne pas at­tendre trop non plus. Car si les autres aé­ro­ports ré­gio­naux se mettent à ou­vrir des lignes vers l’étran­ger, la si­tua­tion se com­pli­que­ra pour l’aé­ro­port de Di­nard, même s’il s’ap­pelle Mont Saint-Mi­chel…

L’aé­ro­port de Di­nard - Pleur­tuit a ac­cueilli 121 697 pas­sa­gers l’an der­nier, prin­ci­pa­le­ment sur les deux lignes à des­ti­na­tion de l’An­gle­terre pro­po­sées par la com­pa­gnie Rya­nair (Ar­chives).

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