Ju­ra

Char­don­nay et pi­not noir en prio­ri­té

La Revue du Vin de France - - SOMMAIRE - Textes et dég­su­ta­tions de Ch­ris­tian Mar­tray C. M.

’an­née 2013 fut com­pli­quée pour l’en­semble du vi­gnoble ju­ras­sien avec, pour com­men­cer, un prin­temps froid et plu­vieux qui a du­ré jus­qu’en juin. La fo­rai­son a été tar­dive, la cou­lure n’a pu être évi­tée et les ren­de­ments ont été très tôt an­non­cés à la baisse.

Heu­reu­se­ment, l’été a été chaud et sec, avec même pour cer­tains sec­teurs un stress hy­drique qui a sau­vé une par­tie du mil­lé­sime an­non­cé ca­tas­tro­phique. Mais le mal était fait. Pour ne rien ar­ran­ger, les in­tem­pé­ries sont re­ve­nues de mi-sep­tembre à mi-oc­tobre. Le ban des ven­danges a débuté le 23 sep­tembre pour le Crémant, le 30 sep­tembre pour trois des AOC, Châ­teau-Cha­lon a dû pa­tien­ter jus­qu’au 9 oc­tobre. Et les ven­danges se sont ter­mi­nées sous la pluie. Triste fête.

Et dans nos verres ? Les vins de paille se fe­ront rares, idem pour Châ­teau-Cha­lon qui mil­lé­si­me­ra 2013 mal­gré une ré­colte des plus faibles (moi­tié moins de vin que l’an der­nier). Ce mil­lé­sime afche des ren­de­ments ex­trê­me­ment faibles, de l’ordre

Lde 30 hl/ha. Chez ceux qui ont pu ven­dan­ger à temps, la qua­li­té des rai­sins se montre plu­tôt saine et les aci­di­tés pré­sentes vont as­su­rer au fnal un bon vieillis­se­ment. Le char­don­nay a bien ré­sis­té, con­trai­re­ment au sa­va­gnin, tou­ché par le flage de la grappe. Pour le poul­sard, l’an­née a été dif­cile. Seuls le trous­seau et le pi­not noir sur­prennent et ofrent des vins avec une ma­tière très sa­tis­fai­sante, voire im­pres­sion­nante. Le crémant conti­nue sa lo­gique pro­gres­sion, ain­si que le mac­vin.

Tout n’est donc pas per­du. La réus­site en 2013 re­pose d’abord sur la com­pli­ci­té entre la na­ture et le vi­gne­ron, la vi­gi­lance de ce der­nier et sa ca­pa­ci­té à ré­pondre aux sou­bre­sauts de la na­ture. Il fal­lait ven­dan­ger tôt. Ceux qui ont débuté après le 7 oc­tobre ont ré­col­té jus­qu’au bout sous la pluie et n’ont pu évi­ter une al­té­ra­tion évi­dente de la ré­colte. Ce mil­lé­sime au­ra un coût de main-d’oeuvre très éle­vé pour les vi­gne­rons. Mais con­trai­re­ment à bien d’autres ap­pel­la­tions spé­cu­la­tives, les prix res­te­ront stables.

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