Cham­pagne

Des char­don­nays pro­met­teurs

La Revue du Vin de France - - SOMMAIRE - Textes et dé­gus­ta­tions d’An­toine Ger­belle A. G.

Comme dans tous les vi­gnobles de France, les sé­quelles d’un hi­ver et d’un prin­temps plu­vieux se lisent dans les dates tar­dives des ven­danges (oc­tobre) et des ma­tu­ri­tés de rai­sin très hé­té­ro­gènes. Les ter­roirs hâ­tifs, dont les meilleurs co­teaux de la grande val­lée de la Marne (sec­teur d’Aÿ) et la Côte des Blancs, ont feu­ri mi-juin, dans un temps froid et plu­vieux. Les ren­de­ments y sont faibles à mo­dé­rés du fait de la cou­lure, du mil­le­ran­dage. Le mil­le­ran­dage est es­sen­tiel dans les grands mil­lé­simes cham­pe­nois ; les ren­de­ments baissent, la concen­tra­tion aug­men­tant na­tu­rel­le­ment.

Les ter­roirs plus tar­difs ont feu­ri fn juin, dé­but juillet, dans des condi­tions plus fa­vo­rables. Les sor­ties de grappes étaient ici très gé­né­reuses (Mon­tage de Reims, val­lée de la Marne), ren­dant la ma­tu­ra­tion des rai­sins plus dif­cile. Les der­niers jours de juillet, le mois d’août et les pre­miers jours de sep­tembre ont été ex­cep­tion­nel­le­ment secs. Mi-sep­tembre des pluies ont frap­pé et pé­na­li­sé les ré­gions plus mé­ri­dio­nales, dans le sud de la Marne et sur­tout, l’Aube. Là, les baies ont écla­té, fa­vo­ri­sant le bo­try­tis, voire de la pi­qûre acé­tique. Il fal­lait se hâ­ter et trier la ven­dange.

Compte te­nu de la si­tua­tion éco­no­mique, l’in­ter­pro­fes­sion avait fxé le ren­de­ment dis­po­nible à 10 000 kg/hec­tare. Ce ren­de­ment a été at­teint “en moyenne” mais avec de fortes dis­pa­ri­tés : 8 à 9 000 kg/ha en co­teaux et 15 000 kg/ha et plus en plaines.

Il existe donc dans les mai­sons en 2013 de pe­tits lots de vins hau­te­ment “mil­lé­si­mables”, sur­tout les grandes cu­vées blanc de blancs. Pour celles-ci, les Cham­pe­nois évoquent les an­nées 1983, 1988 ou en­core 1998, elles aus­si très bé­néfques au char­don­nay et is­sues de ven­danges tar­dives. La grande ma­jo­ri­té de la pro­duc­tion cham­pe­noise de 2013 se­ra des­ti­née à être as­sem­blée. Avec des aci­di­tés éle­vées, les 2013 don­ne­ront de l’éner­gie aux mil­lé­simes chauds (2008, 2009) ou faibles (2010 et 2011).

À noter : nos dé­gus­ta­tions de cham­pagne sont réa­li­sées à par­tir de “vins clairs”. Il s’agit des vins qui ont ter­mi­né leur pre­mière fer­men­ta­tion al­coo­lique avant d’être mis en bou­teilles où ils dé­mar­re­ront à nou­veau leur fer­men­ta­tion pour “prendre la mousse”. Il fau­dra plu­sieurs an­nées avant que les 2013 soient com­mer­cia­li­sés et ju­gés en bou­teille.

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