Val­lée de la Loire

Des vins frui­tés et di­gestes

La Revue du Vin de France - - SOMMAIRE - Textes et dé­gus­ta­tions de Jean-Em­ma­nuel Simond J.-E. S.

Lan­née fut com­pli­quée sur la par­tie ouest de la val­lée de la Loire : avec un prin­temps aux al­lures d’au­tomne, mar­qué par beau­coup de pluie, d’hu­mi­di­té et des tem­pé­ra­tures fraîches, le cycle de la vé­gé­ta­tion a pris du re­tard. Le travail des vignes a été pri­mor­dial, sur­tout l’ébour­geon­nage, alors que la vé­gé­ta­tion était très ac­tive. En An­jou et en Tou­raine, les vignes ont long­temps eu les pieds dans l’eau, en­traî­nant de la cou­lure à la fo­rai­son, puis du stress hy­drique et des blo­cages de ma­tu­ri­té dès les pre­mières cha­leurs es­ti­vales, en par­ti­cu­lier sur les sols de schistes. De fn juin à fn août, l’été fut par­tout chaud et en­so­leillé, avec des jour­nées chaudes et sèches, combinées aux fraîcheurs noc­turnes, qui ont per­mis une as­sez bonne ma­tu­ra­tion des rai­sins, en rat­tra­pant un peu le re­tard du cycle vé­gé­ta­tif.

Alors que le bo­try­tis et le mil­diou main­te­naient une forte pres­sion, les ven­danges se sont par­fois dé­rou­lées jus­qu’à fn oc­tobre, souvent sous la pluie : sur cer­tains sec­teurs de la Tou­raine, il faut re­mon­ter en 1984 pour trou­ver des ré­coltes aus­si tar­dives. La dif­cul­té consis­tait donc à sai­sir la bonne fe­nêtre pour ré­col­ter, sans trop at­tendre des ma­tu­ri­tés très ir­ré­gu­lières : ont donc été ré­com­pen­sés les vi­gne­rons qui ont efec­tué tout au long de l’an­née un gros travail à la vigne pour ob­te­nir des ma­tu­ri­tés pré­coces. L’exi­gence des tris pour éli­mi­ner les rai­sins at­teints par le bo­try­tis a éga­le­ment été es­sen­tielle.

Les ren­de­ments sont très va­riables, plu­tôt gé­né­reux en Mus­ca­det et en Centre-Loire, mais en An­jou et sur­tout en Tou­raine, gel, cou­lure et ma­la­dies ont en­traî­né des vo­lumes par­fois très faibles, entre - 30 et - 50 % par rap­port à une an­née nor­male. Vou­vray a vu les deux tiers de ses vi­gnobles tou­chés par la grêle. Mais cette der­nière a dans cer­tains cas, comme à Chi­non, joué son rôle de concen­tra­teur de ven­dange et a pu avoir des efets bé­néfques quant à la qua­li­té des rai­sins.

Avec des vins moins riches, les fer­men­ta­tions ont été ra­pides, et les meilleurs vins se montrent dans l’en­semble frui­tés, pré­coces et di­gestes, avec de pe­tits de­grés, dans un pro­fl au fnal très li­gé­rien.

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