Sa­voie

L’an­née for­mi­dable des rouges

La Revue du Vin de France - - SOMMAIRE - Textes et dé­gus­ta­tions de Ch­ris­tian Mar­tray C. M.

Bien que cli­ma­ti­que­ment très au­to­nome, la Sa­voie a elle aus­si connu une an­née par­ti­cu­liè­re­ment éprou­vante. Mais au fnal, la ré­gion s’en sort avec les hon­neurs. La mé­téo à la fois fraîche et plu­vieuse du prin­temps an­non­çait une an­née tar­dive. Mai et juin ont connu une plu­vio­mé­trie im­por­tante, pro­dui­sant un taux de cou­lure ex­cep­tion­nel sur tous les cé­pages pré­coces (ga­may, pi­not noir, rous­sette, char­don­nay et jac­quère). Au­tant dire que jus­qu’à mi-juillet, le mil­lé­sime était mal en­ga­gé, avec de fortes pres­sions de mil­diou dans les vignes et, par en­droits, des coups de grêle. Une mé­téo plus es­ti­vale jus­qu’à fn août com­pen­se­ra une par­tie du re­tard et as­su­re­ra néan­moins la bonne vé­rai­son des cé­pages rouges.

Les ven­danges ont débuté le 5 oc­tobre et il a fal­lu ré­col­ter ra­pi­de­ment, les rouges ont bien te­nu et l’état sa­ni­taire était par­fait. La na­ture a dras­ti­que­ment ré­duit la ré­colte, ce qui n’était pas ar­ri­vé de­puis 1991. Il a fal­lu être pa­tient pour trier la ven­dange sui­vant les sec­teurs. Pour les cé­pages blancs, la né­ces­si­té fut de ne pas at­tendre car l’état des rai­sins s’est vite fra­gi­li­sé et des foyers de pour­ri­ture se sont pro­pa­gés très vite. D’où la né­ces­si­té d’opé­rer d’im­por­tants tris et de ven­dan­ger ra­pi­de­ment. Il faut rap­pe­ler ce­pen­dant que sur 600 vi­gne­rons, seule une pe­tite cin­quan­taine conti­nue à ven­dan­ger ma­nuel­le­ment, la ma­jo­ri­té ayant op­té pour la ma­chine. Le pro­blème est qu’il est im­pos­sible de trier quand on tra­vaille mé­ca­ni­que­ment, et les ré­sul­tats, dans une an­née cli­ma­ti­que­ment com­pli­quée comme 2013, s’en res­sentent.

Chez les vi­gne­rons en “bio” comme chez les conven­tion­nels, les ven­danges ont été dif­ciles à gé­rer. Un manque de ré­ac­ti­vi­té dans une an­née comme celle-ci et tout était per­du ! Au fnal, cer­taines ré­coltes ont été am­pu­tées jus­qu’à 30 % sui­vant les sec­teurs.

Alors quelle conclu­sion pour l’ama­teur ? 2013 bé­néf­cie d’une ré­colte faible mais na­tu­rel­le­ment concen­trée, avec des aci­di­tés bien­ve­nues qui ap­por­te­ront de la com­plexi­té, et fna­le­ment des vins de très beau ni­veau qui nous ont éton­nés. La palme re­vient aux vins rouges qui fe­ront des heu­reux, avec no­tam­ment le ga­may et la mon­deuse qui se sont par­ti­cu­liè­re­ment dis­tin­gués dans notre dé­gus­ta­tion.

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