Les Belges ont aus­si leurs vi­gne­rons !

Nous sa­vions les Belges grands ama­teurs de vin, ils sont aus­si vi­gne­rons ! Wal­lons et Fla­mands in­ves­tissent de concert les plus beaux co­teaux du plat pays pour y pro­duire des crus ori­gi­naux.

La Revue du Vin de France - - SOMMAIRE - Par Alexis Gou­jard A. Gd

« Des moules et puis des frites, des frites et puis des moules, et du vin de Flandre È, au­rait pu chan­ter Jacques Brel à Jef, en 1964. Ce n’est qu’à par­tir des an­nées 90 qu’une poi­gnée de vi­gne­rons belges idéa­listes se met en tête de pro­duire du vin sur des par­celles idéa­le­ment si­tuées. Jaap van Rennes est l’un d’eux. Il croit au po­ten­tiel des ter­roirs belges et plante de la vigne au châ­teau Ge­noels-El­de­ren en 1991. Son do­maine de 22 hec­tares, le plus vaste de Bel­gique, est au­jourd’hui “la” ré­fé­rence. De­puis des di­zaines de vi­gne­rons ont sui­vi son exemple dans plu­sieurs ré­gions, en­traî­nant la créa­tion d’AOP et d’IGP en 1997.

Ré­par­ti sur la Flandre et la Wal­lo­nie, le vi­gnoble belge compte 150 hec­tares. Plus de 60 % des vins belges naissent en Flandre sous l’ap­pel­la­tion Vlaamse mous­se­rende kwa­li­teits­wi­jn pour les vins efer­ves­cents, l’IGP Vlaamse Land­wi­jn et les trois AOP, Has­pen­gouw, Ha­gen­land et Heu­vel­land, pour les vins dits tran­quilles. À deux pas de Maas­tricht, Has­pen­gouw pro­pose les plus beaux char­don­nays si­gnés Clos d’Opleeuw ou châ­teau Ge­noels-El­de­ren. Plus à l’ouest, dans le sec­teur de Lou­vain, Ha­gen­land se montre plus hé­té­ro­gène. Heu­vel­land, dans la ré­gion des Monts de Flandre, est une mi­croap­pel­la­tion dy­na­mique, avec pour fer de lance le do­maine Entre-deux-Monts.

Cô­té wal­lon, les Côtes de Sambre et Meuse ont pour am­bas­sa­deurs le châ­teau Bon Baron et le vi­gnoble des Agaises. Les autres vins sont pro­duits en IGP Jar­dins de Wal­lo­nie et Crémant de Wal­lo­nie.

Et au ni­veau du goût ? Trente-quatre cé­pages sont au­to­ri­sés en Bel­gique ! Au pre­mier rang, il y a le char­don­nay. Il pro­duit les blancs les plus com­plexes, aus­si bien en vins tran­quilles qu’en efer­ves­cents. Puis il y a les pi­nots noir et gris qui, bien mûrs, se montrent di­gestes. D’autres cé­pages is­sus de croi­se­ments (jo­ha­ni­ter, bron­ner, so­la­ris en blanc, régent et pi­no­tin en rouge) ré­servent de belles sur­prises avec des vins qui ré­vèlent la fraî­cheur et la vi­va­ci­té des ter­roirs belges.

Au­jourd’hui, 90 vi­gne­rons ex­ploitent ce mi­cro­vi­gnoble. Seule une di­zaine vit de l’ac­ti­vi­té de leur do­maine et cinq d’entre eux concentrent 60 % de la pro­duc­tion.

Les ama­teurs cu­rieux dé­cou­vri­ront ces vins chez d’ex­cel­lents ca­vistes en ligne : www.bel­gian­wines.com, www.oe­no-bel­gium.be ou www.popsss.com.

CH­TEAU GENOELSELDEREN. C’est ici en 1991 que l’aven­ture du vi­gnoble belge

a débuté.

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