CA­RAC­TÉ­RIS­TIQUES DE L’AP­PEL­LA­TION

La Revue du Vin de France - - MAGAZINE -

Les pre­miers crus re­pré­sentent 43 % de l’ap­pel­la­tion.

basse al­ti­tude et leur pié­mont, elles sont ex­po­sées au sud et à l’est. La grande ma­jo­ri­té des pre­miers crus ne pré­sentent pas de risque de gel : 2 % d’entre eux sont me­na­cés, contre 25 % pour les gi­vrys vil­lages.

43 % de la sur­face de l’aire d’ap­pel­la­tion est au­jourd’hui clas­sée en pre­mier cru. « Ce pour­cen­tage as­sez éle­vé s’ex­plique par la dis­pa­ri­tion d’une par­tie de l’AOC vil­lages sous la pres­sion ur­baine, compte-te­nu de la proxi­mi­té de Cha­lon-sur-Saône » , sou­ligne Lu­do­vic du Gar­din, vi­gne­ron (do­maine du Clos Sa­lo­mon) et pré­sident du syn­di­cat vi­ti­cole de l’ap­pel­la­tion.

Le Clos Saint-Paul, le Clos SaintPierre (lieu-dit Les Bois Che­vaux), le Clos du Cel­lier aux Moines et le Clos Sa­lo­mon cor­res­pondent au coeur his­to­rique de l’ap­pel­la­tion. « Les ar­chives montrent que le Clos Sa­lo­mon four­nis­sait en vin les papes d’Avi­gnon dès le XIVe siècle » , ex­plique Lu­do­vic du Gar­din en ca­res­sant du re­gard les 7 hec­tares du mo­no­pole.

D’un lieu-dit à l’autre

Les sec­teurs les plus tar­difs se trouvent sur les hauts de Rus­silly, où l’al­ti­tude est su­pé­rieure à 350 m, ain­si que sur le re­vers nord du cône de dé­jec­tion du ruis­seau de Jambles (Champ Pou­rot).

Le ha­meau de Rus­silly est en­cais­sé dans une combe. Ain­si, l’en­so­leille­ment des par­celles basses n’est pas op­ti­mum, même quand elles sont orien­tées au sud. C’est le cas dans Les Ga­lafres et la par­tie basse de En Choué. Les al­ti­tudes plus im­por­tantes des lieux-dits Les Gro­gnots, Les Mu­reys, Les Vignes Rondes, Les Fon­te­nottes en font des zones de bonne ex­po­si­tion, mais aus­si plus froides. Plus au sud, dans le re­tour de val­lon par­tiel­le­ment orien­té au nord, les par­celles de En Che­neve sont re­froi­dies par l’air en pro­ve­nance de la combe et par une ex­po­si­tion nord-est. Le co­teau de Jambles, ex­po­sé sud, donne sur une val­lée plus ou­verte, mais son

Le char­don­nay gagne du ter­rain dans l’ap­pel­la­tion

al­ti­tude est as­sez éle­vée no­tam­ment dans le Champ Ga­ram­bey (350 m).

La plu­part des vi­gne­rons de l’ap­pel­la­tion ont des vignes dans plu­sieurs lieux­dits. Ils per­çoivent donc la ré­ponse de leur par­celle et de leur vigne aux par­ti­cu­la­ri­tés de chaque mil­lé­sime. « Les crus À Vigne Rouge et Le Clos du Cras Long sont ceux qui me plaisent le plus, car ces terres as­surent aux vignes une ré­gu­la­tion hy­drique par­faite » , in­dique François Lumpp, qui tra­vaille sur sept lieux-dits de Gi­vry dont six pre­miers crus et deux plan­tés en pi­not noir et en char­don­nay. « Le Clos du Cras Long se trouve à mi-co­teau, dans la zone la plus pré­coce de l’AOC. Les ar­giles lé­gères rendent le sol très drai­nant mais néan­moins ca­pable de gar­der des ré­serves hy­driques in­té­res­santes pour la vigne qui ne soufre ain­si ni de sé­che­resse ni d’ex­cès d’eau » , ajoute le vi­gne­ron.

L’eau ne cir­cule pas de la même fa­çon se­lon la na­ture du sol, sa struc­ture et la to­po­gra­phie du ter­rain. D’où une eau plus ou moins dis­po­nible pour la vigne. Exemple dans le Clos Jus. « Les vignes y craignent la sé­che­resse, ex­plique François Lumpp. Les rai­sins qui en sont is­sus donnent donc des ré­sul­tats va­riables se­lon le mil­lé­sime. En re­vanche, le vin is­su de ces rai­sins est tou­jours très par­ti­cu­lier car il pré­sente des arômes de bois brû­lé. On peut pen­ser que cette em­preinte aro­ma­tique vient de la forte pro­por­tion d’oxydes de fer dans le sol du lieu-dit. »

Le Clos Jus est le cru que Ni­co­las Ra­got (do­maine Ra­got) cite lors­qu’il ex­plique comment ses choix d’éle­vage va­rient par­fois se­lon l’ori­gine de ses rai­sins : « Les vins du Clos Jus vont sup­por­ter des fûts plus tor­ré­fés car leur ma­tière est plus pro­non­cée que celle d’autres vins, comme par exemple ce­lui is­su de La Grande Berge, plus dé­li­cat » . Mais La Grande Berge fait par­tie des lieux-dits qu’il convient de regarder de près, car il y a jus­qu’à 50 m de di­fé­rence d’al­ti­tude entre le haut et le bas. « Le haut de La Grande Berge est proche de Rus­silly. Le sol peu pro­fond li­mite le ren­de­ment des vignes. Le bas est plus pro­fond et res­semble au Co­teau de Gi­vry » , note Lu­do­vic du Gar­din. Ni­co­las Ra­got pos­sède des vignes dans la par­tie haute de La Grande Berge comme dans la par­tie basse : « Sur les sols peu pro­fonds du haut, les vignes sont pré­coces, mais aus­si su­jettes à des blo­cages de ma­tu­ra­tion en cas de manque d’eau. Cette par­tie haute peut don­ner des rai­sins par­ti­cu­liè­re­ment ex­pres­sifs » . Le lieu-dit pré­sente aus­si plu­sieurs ex­po­si­tions. De la pointe sud-ouest, aux sols plus cal­caires, jus­qu’à l’ex­tré­mi­té nord, aux sols plus ar­gi­leux, l’ex­po­si­tion va­rie du sud-est au nord-est.

Pi­not noir et char­don­nay

Si le vi­gnoble de Gi­vry com­prend 80 % de pi­not noir, le char­don­nay gagne du ter­rain dans les zones qui lui conviennent le mieux. Le lieu-dit Champ Pou­rot, glo­ba­le­ment plus frais et tar­dif que les autres, porte dé­jà une pro­por­tion im­por­tante de char­don­nay de­puis plu­sieurs dé­cen­nies.

Les char­don­nays des zones hautes sont plus ré­cents. La forte pro­por­tion de cal­caire dans cette zone est un cri­tère im­por­tant. « Les pre­miers crus Crau­zot, La Plante ou La Ma­trosse portent beau­coup de char­don­nay car les sols sont par­ti­cu­liè­re­ment cal­caires » , pré­cise Lu­do­vic du Gar­din. Par ailleurs, la fraî­cheur liée à l’al­ti­tude convient bien au char­don­nay. « Même lorsque l’al­ti­tude pa­raît très éle­vée, la si­tua­tion reste équi­li­brée car les terres cal­caires peu pro­fondes choi­sies pour le char­don­nay se ré­chaufent vite, ce qui com­pense le ca­rac­tère froid lié à l’al­ti­tude » , ex­plique Guy Sar­ra­zin (do­maine Sar­ra­zin).

Au­tant d’élé­ments que les vi­gne­rons prennent en compte quand ils plantent une nou­velle vigne. Ils peuvent ain­si prof­ter des va­ria­tions de ter­roir au sein de chaque par­celle pour jouer sur leur en­cé­pa­ge­ment et créer de nou­veaux vins.

PRE­MIERS CRUS. La plu­part se si­tuent à mi-co­teau entre 250 et 350 mètres d’al­ti­tude (ici les vignes du do­maine du Cel­lier aux Moines).

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