Sau­mur blanc, le che­nin re­vient

Les pro­duc­teurs de sau­mur blanc sont en ordre de ba­taille pour his­ser la qua­li­té et hié­rar­chi­ser les vins de l’ap­pel­la­tion. Un pro­jet louable car le che­nin y fait mer­veille.

La Revue du Vin de France - - SOMMAIRE - Vé­ro­nique Rai­sin Une dé­gus­ta­tion de

Long­temps vouée aux blancs, la longue bande qui s’étire le long de la Loire de Sau­mur à Mont­so­reau, sur­nom­mée à juste titre la “côte des blancs”, a vi­ré de cou­leur à par­tir des an­nées 50 au pro­fit du ca­ber­net franc ; elle est d’ailleurs au­jourd’hui clas­sée en Sau­mur-Cham­pi­gny. À cette époque, le vin rouge était plus à la mode.

Au­jourd’hui, le dis­cours a chan­gé. Le che­nin gagne du ter­rain et gri­gnote les terres à rouge. L’ap­pel­la­tion Sau­mur blanc est son porte-dra­peau, mais marche en­core en ordre dis­per­sé : sur la même zone géo­gra­phique, on peut en ef­fet pro­duire aus­si bien des blancs secs, des li­quo­reux en Co­teaux de Sau­mur ou des ef­fer­ves­cents en brut ou mous­seux. Et quand cer­tains s’échinent à li­mi­ter leurs ren­de­ments, d’autres collent au pla­fond des 65 hl/ha. Les 250 vi­gne­rons n’ont pas tous la même vi­sion ! La cave co­opé­ra­tive pro­duit aus­si plus de la moi­tié des vo­lumes et les ta­rifs des vins font le grand écart entre les pre­miers prix de la grande dis­tri­bu­tion et les têtes de cu­vées des stars de l’ap­pel­la­tion qui frôlent les prix bour­gui­gnons. Reste que le che­nin a ici toute lé­gi­ti­mi­té – les meilleurs vi­gne­rons le prouvent – et que Sau­mur prend le che­min de la qua­li­té, avec la vo­lon­té d’har­mo­ni­ser la pro­duc­tion.

Une nou­velle ère

Le pro­jet de hié­rar­chi­ser les zones de pro­duc­tion en vil­lages, un peu comme les bour­gognes, de ne gar­der que le che­nin (on peut en­core en théo­rie ad­joindre du char­don­nay et du sau­vi­gnon, même si, dans la pra­tique, c’est rare) ouvre une nou­velle ère.

Les quatre grandes zones de pro­duc­tion montrent la va­leur de ces ter­roirs cal­caires : la butte de Bré­zé, très ré­pu­tée pour son ter­roir de craie mais dis­po­sant de peu de vignes, le secteur du Puy-Notre-Dame à l’ouest, Saint-Lé­ger-de-Mont­brillais tout au sud dans le dé­par­te­ment de la Vienne, comp­tant peu de pro­duc­teurs, et la côte des blancs his­to­riques au­tour de Par­nay. Tuf­feau, craie blanche, cal­caires jaunes, ar­giles, sables pro­duisent des cu­vées qui convergent vers une grande ten­sion acide, des notes d’agrumes, un pro­fil droit et élan­cé. De bonne garde, ou­vrez-les entre cinq et dix ans sur des pois­sons de ri­vière, des vo­lailles, des cham­pi­gnons. Ce sont de for­mi­dables al­liés de la table, qui ri­va­lisent, pour les meilleurs, avec l’élite de la Bour­gogne.

La dé­gus­ta­tion s’est dé­rou­lée au res­tau­rant Le 7 à Sau­mur. Elle a ras­sem­blé 37 échan­tillons du mil­lé­sime 2012.

PAR­NAY. Plan­té à proxi­mi­té de la Loire, ce vi­gnoble est le ter­roir his­to­rique des blancs de Sau­mur.

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