LE VI­GNOBLE DE CO­GNAC

La Revue du Vin de France - - RÉVÉLATION -

« Nos vignes sont plan­tées à 10 % en fo­li­gnan, l’en­cé­pa­ge­ment maxi­mal au­to­ri­sé » , sou­ligne l’oe­no­logue. Le pro­fl du vin est net, aro­ma­tique, très com­plexe. Pas­sant d’une cuve bé­ton à l’autre, nous consta­tons que chaque par­celle est unique. Une tra­ça­bi­li­té re­ven­di­quée que l’on re­trouve du­rant la dis­til­la­tion et le vieillis­se­ment, bel exemple d’un co­gnac haute cou­ture !

À la tête de cette mai­son fa­mi­liale, Jean-Pierre Coin­treau a ac­quis en 1993 la plus an­cienne mai­son de vin de la Cham­pagne : Gos­set. « Co­gnac et cham­pagne ont une au­ra in­ter­na­tio­nale, tous deux sont des ac­teurs lé­gi­times de la gas­tro­no­mie. Ce qui me pas­sionne, ce sont les di­fé­rences et les com­plé­men­ta­ri­tés entre les mé­tiers de dis­til­la­teur et de vi­nif­ca­teur. Comme celles du vieillis­se­ment et des as­sem­blages, même si en Cham­pagne, ces pro­ces­sus se font en bou­teilles et non en fûts. Sans ou­blier la par­tie com­mer­ciale : le mar­ché du cham­pagne est plus oc­ci­den­tal, tan­dis que ce­lui du co­gnac est sur­tout asia­tique.» Et c’est pro­ba­ble­ment cette même dy­na­mique qui a per­mis d’as­so­cier avec suc­cès des mai­sons comme Moët & Chan­don à Hen­nes­sy, ou en­core Bol­lin­ger à De­la­main.

Le cas Tes­se­ron

Néan­moins, né­go­ciants et bouilleurs de cru cha­ren­tais rêvent plus sou­vent d’ac­qué­rir un châ­teau bor­de­lais. Rêve concré­ti­sé en 1960 par Guy Tes­se­ron, le père d’Al­fred, avec l’achat du châ­teau La­fon-Ro­chet, qua­trième cru clas­sé de Saint-Es­tèphe, et en 1975 avec ce­lui du châ­teau Pontet-Ca­net, cin­quième cru clas­sé de Pauillac. « Si les vins de Pontet-Ca­net sont ven­dus ex­clu­si­ve­ment par les né­go­ciants bor­de­lais, ce­la nous a per­mis de lan­cer com­mer­cia­le­ment la marque Co­gnac Tes­se­ron en 2002 » , pré­cise Ja­cky Mar­tial, maître de chai de la mai­son Tes­se­ron, à Châ­teau­neuf-sur-Cha­rente. Créée en 1905 par Abel Tes­se­ron, cette mai­son fait par­tie de l’aris­to­cra­tie co­gna­çaise. Cet an­cien né­go­ciant et col­lec­tion­neur de vieux co­gnacs est de­ve­nu dis­til­la­teur à fa­çon puis bouilleur de cru. La fa­mille Tes­se­ron pos­sède deux do­maines : l’un de 22 hec­tares si­tué à Bon­neuil, en Grande Cham­pagne, et l’autre de 14 hec­tares à Saint-Su­rin, en Pe­tite Cham­pagne. La mai­son Tes­se­ron dé­tient au­jourd’hui une col­lec­tion unique des plus fins et vieux co­gnacs de la ré­gion. Une tra­di­tion de col­lec­tion per­pé­tuée par son fils Guy et son petit-fils Al­fred Tes­se­ron. La crypte de l’an­cien prieu­ré du XIIe siècle et les chais avoi­si­nants contiennent plus de 1 200 dames-jeannes d’eaux-de-vie. Dans ce pa­ra­dis, deux siècles d’his­toire ol­fac­tive at­tendent d’être dé­gus­tés, et Ja­cky Mar­tial ap­pa­raît comme une sorte d’ar­chéo­logue du

MAI­SON LOUIS ROYER. De­puis 1989, cette mai­son de co­gnac des bords de la Cha­rente à Jar­nac est entre les mains du groupe ja­po­nais Sun­to­ry, éga­le­ment pro­prié­taire des châ­teaux La­grange et Bey­che­velle.

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