L’OR BLANC DE BOUR­GOGNE :

Quels sont les vi­gne­rons qui pro­duisent les plus grands vins blancs de Bour­gogne ? Pour la pre­mière fois, La RVF dresse son pan­théon, de Chablis au Mâ­con­nais en pas­sant par la ma­jes­tueuse Côte de Beaune. Gran­diose.

La Revue du Vin de France - - SOMMAIRE - En­quête et dé­gus­ta­tion d’Olivier Poels et Ro­ber­to Pe­tro­nio, pho­tos de Ma­rie-Ève Brouet et Ro­ber­to Pe­tro­nio

50 do­maines lé­gen­daires qui élèvent le vin blanc au fir­ma­ment

Mre­trouve un style, ce­lui des vins di­gestes, soi­gnés et sur­tout ca­pables de vieillir. on­tra­chet, Meur­sault, Chablis, Cor­ton­Char­le­magne… ces ter­roirs ma­giques qui savent, comme nulle part ailleurs, trans­cen­der le char­don­nay sont des em­blèmes de la grande viticulture fran­çaise. Leur cote est au plus haut et la de­mande, mon­diale, ne fai­blit pas. Il faut dire que le ni­veau gé­né­ral de ces grands bour­gognes blancs, et d’autres moins cé­lèbres, à l’ins­tar de Saint-Au­bin, Mâ­con ou Beaune, a beau­coup pro­gres­sé ces der­nières an­nées.

Après une dé­cen­nie dou­lou­reuse dé­bu­tée avec le mil­lé­sime 1996, mar­quée par les pro­blèmes d’oxy­da­tion des vins blancs, la Bour­gogne est re­par­tie de l’avant. Plus ci­se­lés, plus pré­cis, les 2012 dé­gus­tés pour ce dos­sier préf­gurent, non pas une ré­vo­lu­tion, mais une évo­lu­tion sty­lis­tique.

Au sein de l’élite, la pé­riode des vins riches, gras, sur­mû­ris et outrageusement boi­sés est ré­vo­lue. De même, la re­cherche d’aci­di­tés tran­chantes et de goûts de ré­duc­tion mar­qués (noi­sette grillée) est aus­si en voie d’être maî­tri­sée. Sui­vant le che­min tra­cé par les meilleurs vi­gne­rons, la Bour­gogne se

Que l’on se ras­sure, il n’est pas pour au­tant ques­tion d’uni­for­mi­sa­tion, et cer­tains su­jets di­visent tou­jours dans les caves. Le plus cli­vant de­meure le bâ­ton­nage qui consiste à re­mettre les lies en sus­pen­sion dans les bar­riques au mo­ment de l’élevage. Res­pon­sable de tous les maux pour cer­tains – Na­dine Gu­blin au do­maine Jacques Prieur l’a aban­don­né et Vincent Dau­vis­sat ne l’a ja­mais pra­ti­qué –, il est pa­ré de toutes les ver­tus pour d’autres. Pierre et Anne Mo­rey, par exemple, consi­dèrent qu’il pro­tège le vin de l’oxy­da­tion, grâce au pou­voir ré­duc­teur des lies. Et si cer­tains, comme à La Mal­troye, dé­fendent une mise en bou­teilles un an après la ré­colte afn de pré­ser­ver la fraî­cheur, d’autres, tel Do­mi­nique La­fon, conservent des éle­vages longs, tout en bais­sant la pro­por­tion de fûts neufs. On pour­rait com­plé­ter la liste avec le choix de la date des ven­danges ou la dé­ci­sion de pres­ser en grappes en­tières ou en rai­sins égrap­pés…

En vi­si­tant les 50 do­maines pro­duc­teurs de blancs les plus pres­ti­gieux, de Chablis à Mâ­con, il nous a été don­né de voir à quel point la Bour­gogne de­meure va­riée et de vé­ri­fer que la mise au point d’une “re­cette ma­gique” n’est pas prête de voir le jour.

Riche d’une ex­cep­tion­nelle di­ver­si­té de ter­roirs et d’une his­toire bien an­crée, une par­tie de la Bour­gogne court néan­moins

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