Les An­to­ny, fro­ma­gers al­sa­ciens (r)af­fi­nés

Ber­nard An­to­ny a trans­mis à son fls Jean-Fran­çois la my­thique en­tre­prise fa­mi­liale de Vieux-Fer­rette, où les ma­riages entre vins et fro­mages ont été éle­vés au rang d’art. On vient les voir du monde en­tier !

La Revue du Vin de France - - EN PRIMEUR - Ca­ro­line Furs­toss

L’an­née 2015 marque un nou­veau dé­mar­rage pour la fa­mille al­sa­cienne An­to­ny. Ber­nard, 70 ans, fromager mon­dia­le­ment ré­pu­té, a pas­sé le té­moin à son fls Jean-Fran­çois et à son épouse Ch­ris­tine.

Ber­nard se sou­vient avec émo­tion de ses dé­buts comme épi­cier am­bu­lant. Sa grange fa­mi­liale de Vieux-Fer­rette fut un ba­zar de fruits, lé­gumes, fro­mages à la coupe, chaus­sures, bière avant de de­ve­nir l’une des pre­mières caves d’af­nage de la ré­gion sous l’in­fuence de l’in­dus­triel lai­tier Fran­çois Sch­mit­tlin, qui pré­sen­te­ra le jeune Al­sa­cien au « pape du fro­mage » , Pierre An­drouët.

L’ar­chi­duc séduit

Les deux hommes se lient, le jeune Ber­nard An­to­ny part en pè­le­ri­nage dans les al­pages afn de dé­ni­cher les meilleurs pro­duc­teurs. Une vo­ca­tion est née, le suc­cès est ra­pide.

Dès le dé­but, les par­te­na­riats avec les do­maines pres­ti­gieux et les res­tau­rants étoi­lés se mul­ti­plient, comme par exemple avec Alain Pas­sard. Sur­tout, dans ses caves voû­tées, l’éle­veur tra­vaille les liens entre le fro­mage et le vin. En 1987, il crée une fourme d’Am­bert au ge­wurz­tra­mi­ner ven­danges tar­dives qui bous­cule les codes et afole SAS l’ar­chi­duc Ot­to de Habs­bourg en per­sonne. Les ama­teurs de vins viennent du monde en­tier pour vivre l’ex­pé­rience de la « cé­ré­mo­nie des fro­mages » in­ven­tée par les An­to­ny, au cours de la­quelle la fa­mille ouvre ses caves avec une sé­lec­tion de vins rares.

Ber­nard An­to­ny ex­porte vers onze pays et ses fro­mages s’im­posent sur les plus grandes tables de Hong Kong dès 2001. Mais sa clien­tèle étran­gère la plus fi­dèle de­meure suisse ou al­le­mande.

Dans cette en­tre­prise où la va­leur hu­maine est pri­mor­diale, le j eune Jean-Fran­çois est conscient que ses pa­rents lui léguent un tré­sor. Pour pro­gres­ser en­core, il s’est ins­crit au concours 2015 du Meilleur ou­vrier de France fromager.

Jean-Fran­çois An­to­ny (à d.) pré­pare avec l’aide de son père le concours de Meilleur ou­vrier de France fromager.

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