Face-à-face à Ban­dol

La Bas­tide Blanche et Ter­re­brune

La Revue du Vin de France - - SUMMAIRE -

En rouge ou en blanc, ces deux do­maines in­carnent le meilleur de Ban­dol. Ter­re­brune capte la fraî­cheur et la sub­ti­li­té des vents ma­rins, tan­dis que La Bas­tide Blanche tire sa force du so­leil mé­ri­dio­nal.

Texte et pho­tos de Ro­ber­to Pe­tro­nio

Proche de la mer, le vi­gnoble de Ban­dol est di­rec­te­ment in­fluen­cé par la pré­sence de la Mé­di­ter­ra­née. Ses vins, pas tou­jours fa­ciles d’ac­cès jeunes, ac­quièrent avec le temps une sin­gu­lière com­plexi­té aux ac­cents mé­ri­dio­naux. En rouge, le vin de Ban­dol puise sa force et sa per­son­na­li­té à tra­vers un ma­gni­fique cé­page : le mour­vèdre, ma­jo­ri­taire dans les as­sem­blages. D’un tem­pé­ra­ment af­fir­mé, il ap­porte struc­ture et lon­gé­vi­té. Moins connus, les blancs, is­sus de clai­rette et d’ugni blanc, sont éga­le­ment dé­li­cieux. Sou­vent bus jeunes, ils se bo­ni­fient pour­tant avec l’âge.

Mais Ban­dol, c’est avant tout une mo­saïque de ter­roirs que l’on re­trouve dans le ca­rac­tère va­rié des vins. Pour cette rencontre, nous avons choi­si le do­maine de La Bas­tide Blanche, dont les vins char­nels sont à l’op­po­sé de ceux de Ter­re­brune, tout en fi­nesse et re­te­nue dans les deux cou­leurs. Deux do­maines qui ont op­té pour une vi­ti­cul­ture res­pec­tueuse de l’en­vi­ron­ne­ment fon­dée sur les prin­cipes de la bio­dy­na­mie.

Plus éloi­gné de la mer, le do­maine de La Bas­tide Blanche est en­cer­clé de col­lines. Ici, le so­leil tape fort, la vigne s’épa­nouit sur un sol ar­gi­lo-cal­caire avec des bancs de graves et de cailloux im­por­tants. Sur ce ter­roir so­laire, les vins aux de­grés éle­vés puisent leur em­preinte char­nelle. Ju­vé­nile, le rouge a des ta­nins puis­sants qu’il faut en­ro­ber d’un fruit bien mûr et gé­né­reux. Sen­suel et char­meur, ce ban­dol se montre plus ou­vert à ce stade que ce­lui de Ter­re­brune. Mais quel que soit l’âge, il s’im­pose plus par sa puis­sance que par sa fi­nesse. Cô­té blanc, il offre cette belle em­preinte su­diste : ample, par­fu­mé, riche et sa­pide, il s’af­fine avec l’âge.

Des ma­tu­ra­tions tar­dives

Au do­maine de Ter­re­brune, les vents ma­rins in­fluent le cli­mat. Le vi­gnoble est im­plan­té sur un sub­stra­tum is­su du Trias. Ici, les va­ria­tions ther­miques im­por­tantes en­gendrent des ma­tu­ra­tions tar­dives. Jeune, le ban­dol rouge de Ter­re­brune af­fiche sou­vent des ta­nins poin­tus et une mi­né­ra­li­té fine due à la roche du Trias. Avec des de­grés d’al­cool bas, in­tro­ver­ti et plus élan­cé que char­meur, ce rouge s’im­pose avec le temps par sa fi­nesse et son élé­gance. Quant au blanc, il est de la même veine, voire plus sep­ten­trio­nal dans son tem­pé­ra­ment. Dans les deux cou­leurs, le ter­roir de Ter­re­brune donne des vins qu’il ne faut pas boire avant huit à dix ans afin d’en sa­vou­rer toutes les nuances.

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