L’EN­VOÛ­TANTE ROUTE DU RHUM

Bien­ve­nue sur Ma­di­ni­na, l’île aux fleurs, au­tre­ment dit la Mar­ti­nique. Ce ter­ri­toire des An­tilles est de­ve­nu un site ma­jeur pour les amou­reux de rhum, néophytes ou connais­seurs.

La Revue du Vin de France - - ENVIES - Texte et pho­tos de Tho­mas Bra­vo-Ma­za

Dans le sillage des grands whis­kies pur malt, les rhums les plus re­nom­més de­viennent l’ob­jet d’un vé­ri­table culte au­près d’ama­teurs tou­jours plus nom­breux. Ronds, gour­mands et cré­meux, dé­bor­dant lit­té­ra­le­ment de par­fums de fruits tro­pi­caux, d’épices rares et de bois pré­cieux, les rhums in­carnent la Ca­raïbe dans tout ce qu’elle a de plus en­voû­tant. Et cer­taines bou­teilles trouvent dé­sor­mais pre­neur à plu­sieurs mil­liers d’eu­ros dans les ver­sions les plus rares.

Perle des An­tilles, la Mar­ti­nique est in­con­tour­nable pour tout hé­do­niste. Dès 1635, les co­lons fran­çais y ins­tal­lèrent des cultures d’ex­por­ta­tion comme le co­ton ou le ca­fé. Long­temps culti­vée en Perse, ap­pré­ciée par les Arabes dès 637 et im­por­tée par Ch­ris­tophe Co­lomb dès son qua­trième voyage, la canne fut d’abord ex­ploi­tée dans la Ca­raïbe pour ses ver­tus su­crières ex­cep­tion­nelles. Mais sa culture n’est pas ren­table car seule une par­tie du jus est uti­li­sable.

La so­lu­tion éco­no­mique ap­pa­rut lors­qu’on se ren­dit compte que le ve­sou, le jus su­cré qui fer­mente à la chaleur, don­nait un “vin” al­coo­li­sé ti­trant 5 à 6°. Le père do­mi­ni­cain Jean-Bap­tiste La­bat, qui est au rhum ce que Dom Pé­ri­gnon est au cham­pagne, au­rait eu l’idée de dis­til­ler ce ve­sou fer­men­té pour la pre­mière fois en 1694, se­lon la lé­gende.

Soixante-dix ans plus tard, la Mar­ti­nique compte 450 rhu­me­ries. Elle va de­ve­nir, un siècle plus tard, le pre­mier pro­duc­teur mon­dial de rhum. En 2015, il ne reste plus que sept dis­til­le­ries, la pro­duc­tion agri­cole s’étant mas­si­ve­ment tour­née vers la culture de la ba­nane. Mais de­puis 1996, la Mar­ti­nique a ob­te­nu son AOC pour des rhums is­sus ex­clu­si­ve­ment de cannes à sucre de l’île (4 200 ha). Et la pro­duc­tion lo­cale at­teint dé­sor­mais des som­mets de qua­li­té.

Notre cir­cuit sillonne trois des plus grands sites ac­tuels, en des ter­roirs très di­fé­rents, du nord au sud, des terres cal­caires du sud aux sols les plus vol­ca­niques du nord, sur les fancs de la reine de Mar­ti­nique : la mon­tagne Pe­lée.

DES RHUMS À RAN­GER PRÉ­CIEU­SE­MENT. La Mar­ti­nique, qui a ob­te­nu son AOC en 1996, offre de su­perbes rhums aux par­fums exo­tiques.

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