L’ac­cord mi­nute,

La Revue du Vin de France - - SOMMAIRE - par Oli­vier Pous­sier

Le mois d’avril et la fête de Pâques évoquent im­mé­dia­te­ment l’agneau. L’agneau est consi­dé­ré comme une viande goû­teuse. Ce­pen­dant, l’in­ten­si­té du goût va­rie en fonc­tion des mor­ceaux sé­lec­tion­nés ; le gi­got ou l’épaule sont bien plus gras qu’un car­ré ou qu’un flet. C’est donc na­tu­rel­le­ment la pièce de viande qui dé­ter­mi­ne­ra le choix du vin. Mais aus­si les ré­gions de pro­duc­tion tel­le­ment nom­breuses en France qu’elles sug­gèrent une mul­ti­tude d’in­té­res­sants ac­cords.

Si vous ser­vez le fa­meux agneau Prés-Sa­lés du Mont-Saint-Mi­chel, les beaux rouges de garde de Loire s’illus­tre­ront avec bon­heur. La Loire ne pro­dui­sant pas que des vins de soif à boire entre avril et sep­tembre, je vous pro­pose de l’ac­com­pa­gner avec un sau­mur-cham­pi­gny Les Poyeux 2009 du Clos Rou­geard. Les pro­prié­taires Na­dy et Char­ly Fou­cault ré­vèlent le for­mi­dable po­ten­tiel des vins de cette ap­pel­la­tion de­puis de nom­breuses an­nées. Les Poyeux est un ter­roir fa­bu­leux, ex­po­sé sud, sur un sol à do­mi­nante sa­bleuse et au socle cal­caire. Ce mil­lé­sime pos­sède toute la gé­né­ro­si­té d’une an­née so­laire sans en avoir les stig­mates. Il ne présente pas de sur­ma­tu­ri­té, de conft du fruit ou de dés­équi­libre. Une date de ven­dange pré­cise a per­mis de réa­li­ser cette cu­vée al­liant à la fois la puis­sance et la fraî­cheur du ca­ber­net franc li­gé­rien.

De jo­lis vins tein­tés de ty­pi­ci­té Vous avez choi­si un agneau du Quer­cy, l’as­so­cia­tion avec un ca­hors semble alors très ju­di­cieuse. D’au­tant que Pas­cal Ve­rhae­ghe, à Vire-sur-Lot, réa­lise des prouesses. Face à une gamme de vins exem­plaires, je choi­si­rai sa simple cu­vée du Châ­teau du Cèdre

2009. Pour sa ma­tu­ri­té et son cô­té ju­teux, le vin montre une belle con­cen­tra­tion avec des ta­nins ve­lou­tés. Il est com­po­sé de 90 % de mal­bec, de 5 % de tan­nat et de seule­ment 5 % de mer­lot. Ici, l’éle­vage de 22 mois suft à po­li­cer la tex­ture des ta­nins.

Avec un agneau de Pauillac, le choix d’un vin mé­do­cain s’im­pose. Sur une belle base de ca­ber­net-sau­vi­gnon, il ap­por­te­ra sève et race au plat. Je vous sug­gère le Lan­dot 2006. Ce haut-mé­doc est is­su d’une par­celle sise sur le ter­ri­toire du vil­lage de Cus­sac qui ap­par­tient au châ­teau Ca­ronne Sainte-Gemme. Peu connu, ce cru ne re­pré­sente que 5 000 bou­teilles. Clas­sique, il ex­prime la grande classe des ca­ber­net-sau­vi­gnon mé­do­cains avec une belle touche de gra­phite.

Vous pré­fé­rez l’agneau des Al­pilles, l’éven­tail des rouges pro­ven­çaux s’avère très large : Co­teaux de Baux, Co­teaux d’Aix-en-Pro­vence, Ban­dol… Be­soin d’aide ? Op­tez pour une belle ex­pres­sion de rouge is­su de vieilles vignes de gre­nache et de sy­rah : le Clos Mi­lan 2009, par exemple. Ce do­maine, si­tué dans l’aire des Baux de Pro­vence, pro­duit ce beau vin is­su de ven­danges en­tières. Ce rouge est pré­cis, concen­tré et di­geste. Après un éle­vage de 24 mois sous bois et de 24 mois en cuves bé­ton, il im­pres­sionne par sa fraî­cheur. Joyeuses Pâques !

OLI­VIER POUS­SIER

EST MEILLEUR SOM­ME­LIER

DU MONDE 2000.

LE CLOS MI­LAN 2009. Pré­cis, concen­tré et di­geste, ce beau rouge pro­ven­çal fe­ra mer­veille sur un agneau des Al­pilles confit.

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