Face-à-face Si­cile-Corse, la ren­contre in­su­laire

Si proches et tel­le­ment dif­fé­rents ! Par­ta­geant des ter­roirs chauds, un cli­mat mé­di­ter­ra­néen et une iden­ti­té forte, la Si­cile et la Corse se dis­tinguent par leurs cé­pages lo­caux, leurs vi­gne­rons et leurs in­ter­pré­ta­tions de la fi­nesse.

La Revue du Vin de France - - SOMMAIRE - Texte et photos de Ro­ber­to Pe­tro­nio

La Si­cile est la plus grande île de la Mé­di­ter­ra­née. Au sud-est, le do­maine Riofavara est im­plan­té à Is­pi­ca, un sec­teur si­tué à la même la­ti­tude que Tu­nis. Aride, cette zone pos­sède la lu­mi­no­si­té la plus éle­vée d’Eu­rope.

Si­tuée au coeur de la mer Mé­di­ter­ra­née, la Corse, elle, est la plus mé­ri­dio­nale des ré­gions fran­çaises. Au sud de l’île de Beau­té, à Fi­ga­ri, se trouve le do­maine Ca­na­rel­li.

Cette ren­contre in­su­laire met face à face deux do­maines qui va­lo­risent les cé­pages au­toch­tones et in­ter­na­tio­naux (sy­rah ou char­don­nay, entre autres), et qui bé­né­fi­cient de ter­roirs chauds for­geant des vins à la per­son­na­li­té sin­gu­lière.

La beau­té sau­vage si­ci­lienne

Le vin si­ci­lien a connu un re­gain d’at­ten­tion ces quinze der­nières an­nées grâce à l’un de ses cé­pages au­toch­tones les plus ré­pan­dus, le ne­ro d’Avo­la. His­to­ri­que­ment, ce cé­page est né dans un pe­tit bourg du nom d’Elo­ro, non loin d’Is­pi­ca où est im­plan­té le do­maine Riofavara.

Ici, le cal­caire ac­tif per­met à ce rai­sin de ré­sis­ter aux fortes cha­leurs. Il donne une ma­gni­fique aci­di­té, com­plé­ment in­dis­pen­sable à cette ma­tu­ri­té éle­vée que l’on re­trouve dans les vins de ce do­maine. Si la cha­leur de cette Si­cile aride du sud orien­tal se res­sent dans les par­fums des vins du do­maine Riofavara, c’est en bouche qu’ils gagnent leurs ga­lons. Vifs, fougueux presque sau­vages, mais tou­jours avec une élé­gante fi­nesse de tex­ture. Quant aux blancs, ils pos­sèdent du ca­chet et une belle per­son­na­li­té. Rouges et blancs se boivent jeunes ou âgés.

Les fa­cettes du joyau corse

Grâce à des vi­gne­rons comme Yves Ca­na­rel­li, le vi­gnoble de Fi­ga­ri s’af­firme comme l’un des plus pas­sion­nants ter­roirs de l’île de Beau­té. Les arènes gra­ni­tiques, l’in­fluence ma­rine et la mon­tagne qui ali­mente ré­gu­liè­re­ment en eau ce vi­gnoble im­plan­té en contre-bas sont au­tant d’atouts per­met­tant la pro­duc­tion de vins de grande qua­li­té. Sur les 25 cé­pages au­toch­tones corses of­fi­ciel­le­ment re­cen­sés, Yves Ca­na­rel­li en a ré­ha­bi­li­té un grand nombre, même si le niel­luc­cio, ma­jo­ri­taire chez lui, cô­toie ici la très in­ter­na­tio­nale sy­rah.

Yves Ca­na­rel­li s’est his­sé par­mi l’élite des pro­duc­teurs corses. Ses rouges sont pro­fonds et raf­fi­nés, soyeux et di­gestes, avec une qua­li­té qui ne cesse de s’af­fir­mer grâce à un tra­vail par­cel­laire plus fin et des vi­ni­fi­ca­tions plus justes. Ses blancs sont dans la même veine, avec une mise en va­leur du ter­roir par l’ex­pres­sion d’un fruit frais et non char­nu.

Des ter­roirs chauds qui forgent des vins au ca­rac­tère sin­gu­lier.

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