Au ser­vice des rouges

La Revue du Vin de France - - PRATIQUE - Les rouges ont leur graal

Spiegelau fut le four­nis­seur of­fi­ciel des cours royales eu­ro­péennes au XVIe siècle, puis son ac­ti­vi­té s’est dé­ve­lop­pée dans l’art de la table, jus­qu’à de­ve­nir la ré­fé­rence des verres en cris­tal al­le­mands au dé­but des an­nées 1900. La firme Spiegelau a été ra­che­tée en 2004 par l’en­tre­prise fa­mi­liale au­tri­chienne Riedel. Res­sem­blant à un grand verre, l’es­thé­tique du Graal ne laisse pas in­dif­fé­rent et crée un cé­ré­mo­nial unique au­tour de la dé­can­ta­tion.

Cette ca­rafe-verre, très pri­sée des pro­fes­sion­nels, per­met au­tant le ca­ra­fage que la dé­can­ta­tion des vieux vins. C’est Jean-Pierre La­gneau qui a créé cette pièce no­va­trice lors de sa col­la­bo­ra­tion avec Spiegelau. Même si sa forme fa­ci­lite le net­toyage et le sé­chage, sa prise en main est dif­fi­cile en rai­son de son poids une fois pleine. Il faut être très adroit pour le ser­vice.

Avec le Graal, le vin rouge bour­gui­gnon s’ouvre dans un re­gistre très frui­té. Le sau­mur-cham­pi­gny n’af­fiche plus au­cun ca­rac­tère ré­duit. On lui trouve même un cô­té cro­quant de fruits et une fi­nale épi­cée. En­fin, le saint-mont reste mas­sif mais se livre fa­ci­le­ment dans un es­prit de gar­rigue.

Avec un par­fum de fleurs blanches, le blanc al­sa­cien s’avère agréable au nez, mais la bouche pa­raît épaisse et la fi­nale manque de per­sis­tance. Le côtes-de-pro­vence aus­si perd en fi­nesse et en pro­fon­deur, le vin pa­raît plus simple qu’il ne l’est. Le ré­sul­tat est donc ex­cellent pour les rouges, moins pour les blancs.

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