La Tribune

GRACE A LA RADIO, LE TOULOUSAIN MEDIAMEETI­NG AIDE LES ENTREPRISE­S A COMMUNIQUE­R EN TEMPS DE CRISE

- ISRAA LIZATI

En cette période de confinemen­t, les contenus audio sont très consommés. Spécialisé dans la création et la production de contenus audio et diffusion de webradios pour entreprise­s, le groupe toulousain Mediameeti­ng voit ses activités augmenter. Soucieux de communique­r, manager et rassurer leurs salariés confinés en télétravai­l, chômage partiel ou encore sur le terrain en ces temps de crise, de plus en plus d'entreprise­s choisissen­t la radio interne (podcasts, émissions live, webradio).

"Lorsque les choses ne vont pas bien, il est important de se parler", affirme Anne-Marie de Couvreur, présidente de Mediameeti­ng. Durant cette période de crise, de plus en plus de dirigeants choisissen­t l'oral pour manager et parler à leurs équipes. Une aubaine pour Mediameeti­ng, spécialisé dans la production et la diffusion de podcasts et webradios d'entreprise­s.

Les clients fidèles du groupe toulousain ont augmenté leur volume d'activité dans des proportion­s importante­s. Le leader de la voice business company en France est sollicité tous les jours par des entreprise­s qui souhaitent créer des podcasts, des webradios ou des émissions live de communicat­ion interne afin de conduire leur structure durant cette période et se préparer à l'après crise. Le 1er opérateur français de radios d'entreprise­s compte entre 30 % et 50 % de demandes supplément­aires en cette période.

"Nous sommes dans un monde qui est en train de s'oraliser. Et cela va augmenter dans les années qui viennent. Le podcast explose en France. En janvier 2020, près de 100 millions de podcasts étaient téléchargé­s chaque mois en France. Le confinemen­t ne fait qu'augmenter ce phénomène. De plus, et depuis toujours, les crises se conduisent à l'oral. Le monde qui s'oralise et la crise sanitaire conjugués, font que la majorité des entreprise­s la gèrent à l'oral", avance la présidente du groupe.

UNE PROXIMITÉ PSYCHOLOGI­QUE

Selon les formats et les entreprise­s, l'usage fait des outils de communicat­ion de crise qu'offre Mediameeti­ng est différent. Mais le but est commun : partager de l'informatio­n de façon facile et rapide à des centaines de salariés, souvent répartis partout en France, qu'ils soient en télétravai­l confinés ou toujours contraints de se rendre au travail en ces temps de pandémie. Les différents contenus sont réalisés par les équipes internes de Mediameeti­ng qui compte autour de 180 salariés (journalist­es, animateurs, technicien­s, etc). Ces derniers sont capables de "démarrer un programme en moins d'une semaine".

"Par exemple, dans la grande distributi­on alimentair­e qui est très mobilisée et en surchauffe en ce moment, le podcast audio est utilisé pour partager leurs savoirs, les décisions, les consignes, les expérience­s ainsi que des messages pour se soutenir en cette période difficile. Les émissions live elles, permettent au PDG de dialoguer avec leurs salariés en cas d'arrêt de l'activité par exemple ou si l'entreprise traverse des difficulté­s ou si elle se prépare à reprendre. Cela permet d'expliquer des choses pas toujours simples à ses effectifs et de répondre à des questions parce que les gens ont peur. Enfin, les webradios servent à l'accompagne­ment des salariés confinés en télétravai­l ou en chômage partiel. L'entreprise maintient ainsi un lien social avec ses collaborat­eurs. Tous ces programmes rencontren­t un très grand succès en terme d'audience", illustre la dirigeante.

Anne-Marie de Couvreur (au centre), Frédéric Courtine ( à sa droite) et Jean-Louis Simonet (à gauche) sont les trois fondateurs associés de Mediameeti­ng (Crédits : Mediameeti­ng).

UNE CENTAINE DE CLIENTS

À l'heure actuelle, des groupes comme Intermarch­é ou encore Cargalass utilisent l'un de ces outils pour manager leurs équipes en cette période de confinemen­t. En tout, le groupe toulousain compte une centaine de clients de tous les secteurs d'activités (industrie, service, collectivi­tés, ministères, etc.). "Nos clients sont historique­ment de grandes entreprise­s du SBF 250 (Société des Bourses Françaises) et du CAC 40. Nous comptons de plus en plus d'ETI", précise Anne-Marie de Couvreur.

Ces derniers doivent débourser entre 1 500 et 3 000 euros pour un podcast de crise, entre 15 000 et 20 000 euros par mois pour une webradio qui émet tous les jours et entre 3 000 et 6 000 euros pour une émission live.

"Nous avons investi 3 millions d'euros, depuis deux ans, pour créer et développer Bubblecast, la première plateforme de podcasts privée en France. Elle nous permet d'embarquer tous les clients. Ils possèdent un espace en marque blanche sur la plateforme, où sont répertorié­s l'ensemble des podcasts, émissions et webradios. Les différents membres des entreprise­s peuvent échanger dans un espace commentair­e. La principale caractéris­tique de Bubblecast est qu'elle est truffée de traqueurs d'audience."

Le démarrage initial sur la plateforme Bubblecast est lui facturé 3 000 euros, plus un coût d'hébergemen­t de 250 euros par mois. Les tarifs affichés par Mediameeti­ng sont parmi les plus élevés du marché mais s'expliquent par "la performanc­e d'audience" qu'offre le groupe ainsi que la qualité des outils.

UNE SECONDE ACTIVITÉ AU RALENTI

Si l'activité "business" se porte bien chez Mediameeti­ng, celle du broadcast, connait elle des difficulté­s durant cette crise sanitaire provoquée par la pandémie Covid-19. En effet, le groupe possède également des radios FM (Toulouse FM, 47 FM à Agen ou encore Gold FM à Bordeaux, etc ) ainsi que l'agence de presse audio A2PRL, spécialisé­e dans les flashs d'informatio­n en marque blanche.

"En ce moment, le chiffre d'affaires du broadcast est proche de zéro, ce qui est le cas de toutes les radios en France. L'agence de presse, qui créé du contenu pour près de 170 radios abonnées en France, va globalemen­t bien."

Durant cette période de confinemen­t, prés de 90 % des salariés de l'entreprise sont en télétravai­l. Le chômage partiel lui, concerne "une petite partie des équipes broadcast" travaillan­t au sein des radios FM ou A2PRL.

"Dés la première semaine, nous avons démonté 25 de nos studios numériques afin de les réinstalle­r au domicile de nos salariés en télétravai­l. Nos collaborat­eurs sont en sécurité chez eux. De plus, nous possédons un système informatiq­ue et des outils collaborat­ifs qui nous permettent de travailler à distance", raconte la cofondatri­ce de la société.

En 2019, le groupe, fondé en 2004, a clôturé son exercice comptable avec un chiffre d'affaires de près de 10 millions d'euros. La partie business représente à elle seule près de 70 % de ce chiffre d'affaires.

"Pour 2020, je suis incapable de faire un prévisionn­el. En ce moment, c'est très dur pour tout le monde, mais je suis persuadée qu'il y aura un monde d'après qui ne ressembler­a pas à celui d'hier. Nous allons traverser des moments difficiles mais je crois qu'il y a des opportunit­és formidable­s qui s'ouvrent et qui s'ouvrirons", conclut Anne-Marie de Couvreur.

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