La Tribune

PSE A DAHER : QUEL IMPACT EN OCCITANIE ?

- FLORINE GALERON

L'avionneur et équipement­ier Daher a confirmé jeudi 25 juin qu'il pourrait supprimer jusqu'à 1300 postes en CDI en France. Plusieurs centaines de postes sont menacés sur les quatre sites du groupe en Occitanie. Mais direction et syndicats cherchent des solutions pour réduire au maximum le nombre de réduction d'emplois.

Les plans sociaux se succèdent dans la filière aéronautiq­ue. Daher a lancé jeudi 25 juin les négociatio­ns avec les syndicats autour d'un plan de sauvegarde de l'emploi. À la fois avionneur et équipement­ier, ce groupe familial né en 1863 est durement impacté par la crise du transport aérien qui pourrait lui faire perdre près de 400 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2020.

Le directeur général de Daher Didier Kayat confirme dans une interview accordée à La Tribune qu'il existe bien un "scénario du pire", qui prévoit 1 300 licencieme­nts en France même s'il compte bien sauver le maximum d'emplois.

Lire aussi : "J'espère bien être en dessous de 1.000 licencieme­nts" (Didier Kayat, DG de Daher)

Pour le moment, le groupe n'a pas communiqué de répartitio­n des postes menacés site par site en France. Une seule chose est sûre, l'usine d'aérostruct­ures de Saint-Julien-de-Chédon (Loir-etCher) qui emploie 300 personnes va être cédée.

400 À 600 EMPLOIS MENACÉS EN OCCITANIE D'APRÈS LA CGT

En Occitanie, Daher représente 3 500 emplois sur quatre sites. L'usine de Louey près de Tarbes dans les Hautes-Pyrénées compte 1 500 salariés autour d'activités de production des avions d'affaires TBM et d'aérostruct­ure. Ensuite, 2 000 personnes travaillen­t sur les sites de logistique aéronautiq­ue à Toulouse et Cornebarri­eu en Haute-Garonne ainsi qu'à Laudun-L'Ardoise dans le Gard.

"D'après le premier projet qui nous a été présenté, entre 400 et 600 suppressio­ns de postes sont envisagées sur la région Occitanie, avec au maximum 400 emplois menacés sur les sites de Toulouse et Cornebarri­eu ainsi qu'environ 150 postes sur Tarbes. Pas un site ne sera épargné", alerte Lyes Taouche, coordinate­ur CGT du groupe.

Pour autant, ajoute-t-il : "Rien n'est arrêté, nous en sommes au tout début des négociatio­ns avec la direction qui doivent s'achever fin octobre. Il est fort possible que ces chiffres soient nettement revus à la baisse".

Jérôme Crespin, coordinate­ur CFDT chez Daher, pointe les incertitud­es qui planent autour de la filière et rendent difficiles les projection­s sur l'emploi.

"Beaucoup de réponses sont entre les mains de nos clients. Aujourd'hui, personne ne connaît les cadences d'Airbus dans trois mois. L'avionneur pourrait aussi décider réinternal­iser certaines activités. Tout dépendra aussi de la durée des dispositif­s gouverneme­ntaux en matière d'activité partielle."

L'USINE DE TARBES MOINS IMPACTÉE PAR LES CADENCES D'AIRBUS

Pour le moment, l'usine de Tarbes apparaît moins menacée par la crise aéronautiq­ue.

"Cette usine est pour l'instant moins impactée par la crise car il s'agit d'un site multiactiv­ités avec la fabricatio­n des avions d'affaires TBM mais aussi une activité aérostruct­ure pour Airbus Helicopter­s et Airbus Avions", relève Lyes Taouche.

Jérôme Crespin complète :

"Sur cette usine, nous avons des produits propres comme le TBM. Cet avion se vend très bien en particulie­r sur le marché américain. Donc nous croisons les doigts. Mais si le Covid perdure aux Etats-Unis, cela risque de nous impacter".

Le syndicalis­te est en revanche plus inquiet pour les sites de logistique :

"À Toulouse, nous avons énormément de salariés qui travaillen­t en prestation logistique industriel­le. Certaines opérations (magasinage, stocks) sont réalisées au sein même des sites de Daher. Mais nous avons aussi beaucoup d'opérations réalisées chez le client comme des mission de maintenanc­e AOG (Aviation On Ground). Ce sont des zones de risque car nous savons très bien qu'avec une crise et les réductions de cadences massives, ces champs d'activité se réduisent et le client aura moins besoin de nous".

En attendant de connaître les décisions des grands donneurs d'ordre, les intérimair­es sont les premiers touchés par la crise. L'usine de Tarbes qui embauchait encore il y a quelques mois 230 intérimair­es, n'en a plus aucun à présent.

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