La Tribune

Après une année noire, les stations de ski dans les startingbl­ocks

- Rémi Baldy

Le Puy-Saint-Vincent, dans les Hautes-Alpes, lance les hostilités en ouvrant ses remontées mécaniques dès ce 27 novembre. Le coup d’envoi d’une saison de reprise pas tout à fait comme les autres pour le ski qui aura besoin de faire le plein pour compenser la perte engendrée par l’absence d’activité l’hiver dernier.

”Nous avons hâte”. Mylène Agnelli, maire d’Isole et vice-présidente Alpes du Sud de l’associatio­n nationale des maires des stations de montagne (ANMSM), ne cache pas son impatience. Après un hiver 2020/2021 plus qu’avorté, l’élue espère “une grosse saison” pour redresser la barre. “Tout est prêt, les révisions ont été faites et les saisonnier­s embauchés”, assure-telle.

La première station à ouvrir sera celle du Puy-Saint-Vincent, dans les Hautes-Alpes. Dès ce weekend, les remontées mécaniques seront à l’oeuvre. “C’est un parti-pris qui avait déjà été réalisé juste avant la crise sanitaire, mais c’est d’autant plus bienvenu cette saison. La moitié des pistes est au-dessus de 2.000 mètres d’altitude donc les conditions d’enneigemen­t sont bonnes”, explique Bettina Mathias directrice de l’Office de Tourisme pays des Écrins. Si les acteurs du monde du ski sont impatients, c’est aussi le cas des clients. “Nos réservatio­ns sont en hausse de 30% par rapport à 2019”, annonce-t-elle.

Vers une accélérati­on de la diversific­ation ?

Pour Bettina Mathias, la clientèle, essentiell­ement locale, pourrait bien changer ses habitudes après une saison de pause forcée. “Certains touristes ont redécouver­t le pays des Écrins l’hiver dernier. D’habitude, ils pratiquaie­nt uniquement le ski, là ils ont découvert de nouvelles activités qu’ils pourraient poursuivre cette année”, avance-t-elle. “L’école de ski envisage d’ailleurs de recruter une secrétaire pour le ski nordique”, illustre-t-elle.

Après une année noire, les stations de ski dans les starting-blocks

De son côté, Mylène Agnelli se montre plus mesurée. Elle estime que “des activités comme le ski de randonnée ou les raquettes vont se poursuivre mais les clients n’y consacrero­nt que peu de temps”. En revanche, la fermeture des remontées mécaniques a “forcé les stations à se diversifie­r”, selon elle. ”Certains le faisaient déjà mais pas toutes et cela peut favoriser une transition plus rapide vers de nouvelles offres notamment pour les baisses stations où l’enneigemen­t se complique”.

Le spectre du Covid plane toujours

La saison 2020/2021 ne bouleverse­ra pas le visage de l’économie du ski. En revanche, l’impact de la Covid se fait toujours sentir... financière­ment. “Le budget des offices de tourisme s’appuie sur la taxe de séjour, or la fréquentat­ion a chuté de 40% l’année dernière”, résume Bettina Mathias. “Si les domaines skiables ont été bien indemnisés, ils doivent tout de même réaliser une très bonne saison notamment pour tous les commerces qui venaient de se lancer”, rappelle pour sa part Mylène Agnelli. Et de souligner également que “les communes attendent toujours un décret pour être indemnisée­s quand elles touchent normalemen­t une partie des bénéfices des remontées mécaniques”. Une perte qui bloque, par effet de ricochet, certains investisse­ments.

Au-delà des séquelles de l’année dernière, la vice-présidente de l’ANMSM ne cache pas non plus ses attentes avec le gouverneme­nt pour obtenir “plus de clarté” sur la saison qui va débuter. “Nous avons besoin de travailler tout l’hiver, que ce soit avec le pass sanitaire ou non”, réclame-t-elle. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État au tourisme, a affirmé fin septembre que celui‑ci ne serait pas demandé. Mais le sujet de son utilisatio­n ou non est finalement secondaire. Ce que craignent les profession­nels de la montagne c’est qu’en cas d’une reprise des contaminat­ions au-dessus d’un certain seuil la décision soit prise de stopper les remontées.

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(Crédits : Leonhard Foeger)

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