AIR FRANCE PREPARE LE RE­CRU­TE­MENT DE 70 PI­LOTES PAR AN A TOU­LOUSE

La Tribune Toulouse (Edition Quotidienne) - - TERRITOIRES - BRYAN FAHAM

La com­pa­gnie Air France a si­gné lun­di 8 oc­tobre un par­te­na­riat avec l'Ecole na­tio­nale de l'avia­tion ci­vile (Enac) ba­sée à Tou­louse pour la for­ma­tion de 70 pi­lotes par an jus­qu'en 2020. Ces nou­velles re­crues de la com­pa­gnie tri­co­lore vien­dront pal­lier des dé­parts à la re­traite. Ils per­met­tront aus­si à la com­pa­gnie de faire face à la crois­sance du tra­fic aé­rien de 4% par an et qui de­mande donc da­van­tage de pi­lotes.

Après un gel de re­cru­te­ment et plu­sieurs plans de dé­parts vo­lon­taires, Air France va re­nouer avec les em­bauches. La com­pa­gnie en­vi­sage de re­cru­ter 300 pi­lotes par an pen­dant trois ans, jus­qu'en 2020.

"La moi­tié se­ront des re­cru­te­ments de pi­lotes pro­fes­sion­nels ve­nant d'autres com­pa­gnies aé­riennes, ou se­ront d'an­ciens mi­li­taires. Et l'autre moi­tié pro­vien­dra de la for­ma­tion de ca­dets (pi­lotes sor­tant de l'école, ndlr) que nous for­mons jus­qu'à nos cock­pits. On a be­soin de 150 ca­dets par an. Il y a 25 pi­lotes qui sortent de l'Enac chaque an­née, ce qui est in­suf­fi­sant pour nous" se­lon Jé­rôme Breu­zet, di­rec­teur de la for­ma­tion des équi­pages et com­man­dant de bord sur l'Air­bus A330 et A340.

Air France a donc of­fi­cia­li­sé lun­di 8 oc­tobre un par­te­na­riat avec l'École na­tio­nale de l'avia­tion ci­vile, ins­tal­lée au sud de Tou­louse, por­tant sur la for­ma­tion 70 pi­lotes par an jus­qu'en 2020, uni­que­ment ré­ser­vés à la com­pa­gnie. Des for­ma­tions fi­nan­cées par la cette der­nière qui re­lance ain­si sa fi­lière de pi­lotes ca­dets huit ans après sa fer­me­ture.

PLUS DE 3 000 CAN­DI­DATS

La com­pa­gnie s'est éga­le­ment rap­pro­chée de deux autres éta­blis­se­ments pour la for­ma­tion de ses ca­dets : l'Epag à Lille et L3 au Royaume-Uni. La for­ma­tion des pi­lotes est pré­vue en deux ans. Elle com­prend une par­tie théo­rique et une autre pra­tique. Les can­di­dats doivent pos­sé­der mi­ni­mum un ni­veau bac +2, le plus sou­vent à vo­ca­tion scien­ti­fique.

3 800 can­di­dats ont réa­li­sé une sé­lec­tion sur or­di­na­teur à dis­tance pour ten­ter d'in­té­grer la fi­lière for­ma­tion d'Air France. Mais seule­ment 850 ont été ju­gés ad­mis­sibles. Après des nou­veaux tests à l'école, 350 ont été re­te­nus pour des en­tre­tiens qui ont per­mis à une cen­taine d'élèves d'être re­cru­tés. Les pre­miers sont en for­ma­tion de­puis l'été. Par­mi eux, seules huit femmes, "mais d'autres ad­mis­sions sont pré­vues jus­qu'à no­vembre pour at­teindre 8 à 10% de femmes" d'après le di­rec­teur de la for­ma­tion.

UNE VAGUE DE DÉ­PART À LA RE­TRAITE

Une fois for­més ces nou­veaux pi­lotes of­fi­cie­ront sur des Air­bus A320 et des Boeing 737 d'Air France, ain­si qu'au sein de ses fi­liales Joon et Tran­sa­via.

L'es­sen­tiel des re­cru­te­ments en­vi­sa­gés viennent com­bler les dé­parts à la re­traite qui touchent gran­de­ment la com­pa­gnie fran­çaise. Ils avaient été frei­nés lorsque l'âge de dé­part avait été re­pous­sé de 60 ans à 65 ans. Ces fu­tures re­crues vien­dront aus­si ren­for­cer les troupes de la com­pa­gnie qui table sur une crois­sance du tra­fic aé­rien de l'ordre de 4% par an.

Une crois­sance por­tée no­tam­ment par l'ac­ti­vi­té long-cour­rier, es­sen­tiel­le­ment des vols in­ter­na­tio­naux, et la fi­liale low-cost, Tran­sa­via. Air France a ain­si lan­cé Joon avec six avions il y a un an et pré­voit d'en avoir 28 d'ici 2021. Quant à Tran­sa­via, sa flotte avoi­si­ne­ra les 40 avions à l'été 2019. Au­tant de nou­veaux avions qui né­ces­sitent de nou­veaux pi­lotes.

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