La ton­deuse en­flamme le ter­rain des voi­sins

Mar­di 18 juillet, avec la cha­leur, de nom­breux champs ont pris feu. Une ci­ga­rette, une bou­teille res­tée au so­leil… Ici, le feu a jailli d’une ton­deuse ! Par­celle à che­vaux, haie du voi­sin et ar­bo­re­tum sont par­tis en fu­mée.

Le Courrier de l'Eure - - La Une - So­lène Agnès-Le­ma­rié

« J’étais au tra­vail, j’ai re­çu le pre­mier coup de té­lé­phone à 15 h 50, et on m’a aler­té

sur Fa­ce­book aus­si » , se rap­pelle Eric De­la­haye, usa­ger de ce pe­tit hec­tare de par­celle à Tour­ville- la- Cam­pagne qui a pris feu, mar­di 18 juillet, et où il met ha­bi­tuel­le­ment ses che­vaux. « On me prête ce champ, et en échange je l’en­tre­tiens. »

« Il ne reste plus rien »

Par chance, alors qu’il de­vait y mettre ses che­vaux le week-end pré­cé­dent, il a chan­gé d’avis au der­nier mo­ment. « L’ins­tinct » sans doute. Agent de sé­cu­ri­té, Eric De­la­haye ha­bite Le ThuitSi­gnol. « Quand je suis ren­tré du tra­vail à 21 h 30, il y avait en­core un ca­mion de pom­piers, conti­nue-t-il. Il ne reste plus rien ! » En plus des clô­tures élec­triques et bar­be­lés, il de­vra re­faire tout son champ : « La­bou­rer, car rien ne va re­pous­ser si je laisse comme ça. Puis se­mer de la pe­louse, mais je ne peux pas le faire avant

sep­tembre main­te­nant… » En at­ten­dant, il va de­voir com­plé­ter l’ali­men­ta­tion de ses che­vaux avec du foin. Par chance, une pe­tite par­celle voi­sine est res­tée in­tacte. C’est là que ses che­vaux éli­ront do­mi­cile jus­qu’à l’an­née pro­chaine.

D’autres vic­times

Dans cet in­cen­die, Eric De­la­haye n’est pas la seule vic­time. À cô­té de la par­celle, l’ar­bo­re­tum de Ja­ckie Le­roux n’a pas été épar­gné. Il y pos­sède une soixan­taine d’arbres et ar­bustes, plan­tés par son père. « Je ne peux pas dire com­bien sont morts pour le mo­ment. Je le sau­rai à la re­pousse au prin­temps. Il y en a qui vont pas­ser l’âme mais d’autres vont sur­pas­ser l’évé­ne­ment » , té­moigne l’homme qui voit en ses arbres sur­tout une va­leur sen­ti­men­tale. Un voi­sin a éga­le­ment vu sa haie en­tiè­re­ment brû­lée. Dans l’en­semble, tous les voi­sins se sont in­quié­tés de voir le feu par­ve­nir jusque chez eux.

« J’étais en train de tondre… »

Car si le feu était si près des ha­bi­ta­tions, c’est qu’il en est par­ti. C’est de chez un voi­sin qui ton­dait que la pre­mière étin­celle est par­tie. Un caillou dans la ton­deuse, de l’herbe sèche, un peu de vent, et tout a bas

cu­lé. Il té­moigne. « J’étais en train de tondre, la ton­deuse a ca­lé et j’ai vu une flamme un peu plus loin. J’ai es­sayé de l’éteindre avec le pied, mais ça a com­men­cé de l’autre cô­té. Avec les en­fants, on a été cher­cher des ga­melles d’eau, mais le temps de re­ve­nir ça s’est pro­pa­gé sur la haie du voi­sin. On a es­sayé avec le jet d’eau, mais il était trop court… » Le voi­sin ap­pelle alors

les pom­piers. « Chez les voi­sins, il y avait leur fille de 14 ans. Elle avait peur ! Je lui ai dit de ve­nir chez moi. »

Im­pos­sible d’en faire plus, une fois le feu par­ti. Ce sont donc les pom­piers qui s’en sont oc­cu­pés. Les gen­darmes se sont aus­si dé­pla­cés, no­tam­ment pour faire la mo­rale à l’homme à l’ori­gine de l’in­cen­die. « Ils m’ont dit qu’on ne doit pas tondre quand il fait chaud ! Je ne fume pas, je ne fais ja­mais de feu dans ma cour… J’ai de­man­dé aux voi­sins, tout le monde tond quand il fait chaud ! » , se dé­douane l’homme qui, pour au­tant, re­con­naît sa res­pon­sa­bi­li­té.

Chloé, 6 ans, avec son pa­pa Eric De­la­haye, dans la par­celle où ils met­taient au­pa­ra­vant leurs che­vaux.

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