Stop à l’in­ci­visme

Le Courrier de l'Eure - - La Une - Pro­pos recueillis par An­tho­ny Bon­net

Quelques jours après l’acte de mal­veillance dont a été vic­time la fon­taine de l’en­vol, François Bi­dault, ad­joint au maire en charge des tra­vaux et du cadre de vie, ré­agit quant à la pro­pre­té et aux in­ci­vi­li­tés dans la com­mune du Neu­bourg. Sans langue de bois.

Quel constat faites- vous sur la pro­pre­té de la ville du Neu­bourg ?

« Si votre ques­tion laisse sup­po­ser, au ni­veau de la voi­rie, un état que nous consta­tons, à sa­voir l’en­va­his­se­ment des mau­vaises herbes et autres gra­mi­nées in­dé­si­rables dans les ca­ni­veaux et par­fois sur les trot­toirs, la ré­ponse est claire. À sa­voir que les com­munes en France n’ont plus le droit d’uti­li­ser des pro­duits phy­to­sa­ni­taires, qui pour cer­tains d’entre eux ren­daient pos­sible la vi­sion des rues propres. La tâche est ar­due en haute sai­son pour le ser­vice des es­paces verts et fleu­ris, qui compte 8 em­ployés, et le ser­vice de la pro­pre­té, com­po­sé de trois autres agents. Et ce n’est pas l’uti­li­sa­tion des brû­leurs à gaz qui per­met d’en­tre­te­nir conve­na­ble­ment les 30 ki­lo­mètres de voi­rie com­mu­nale.

Si votre ques­tion évoque les car­tons et pa­piers de boîtes à gâ­teaux, les ti­ckets de jeux dé­chi­rés, jus­qu’aux mé­gots de ci­ga­rettes ou autres dé­jec­tions ca­nines en centre-ville no­tam­ment, alors as­su­ré­ment nous crions stop ! Il y a pour cette si­tua­tion dé­plo­rable des com­por­te­ments de gens ir­res­pon­sables, des gens peu scru­pu­leux lais­sant aux ser­vices de pro­pre­té le soin de cor­ri­ger leur manque de ci­visme. »

Quels ef­forts en­tre­prend la mu­ni­ci­pa­li­té pour amé­lio­rer la si­tua­tion ?

« Nous étu­dions la pos­si­bi­li­té de mul­ti­plier les cor­beilles en centre-ville et d’ajou­ter des ca­ni­settes. Il faut aus­si faire prendre en compte aux ri­ve­rains l’entre- tien de leur trot­toir, et cer­tains le font. L’as­pi­ra­teur de dé­chets « Glut­ton » ne peut pas tout faire à lui tout seul. La pro­pre­té de­vrait être l’af­faire de tous, avec un peu de cou­rage, certes. Mais nous su­bis­sons un ad­ver­saire com­mun, le vent, qui dé­place sans cesse les pa­piers lais­sés sur la voie pu­blique par des mains in­dé­li­cates. Sa­chez que les élus du Neu­bourg ont pour am­bi­tion de faire en sorte que la ville soit tou­jours plus propre pour amé­lio­rer le cadre de vie. »

Les quar­tiers sont-ils aus­si bien en­tre­te­nus que le centre-ville ?

« Je pense sin­cè­re­ment que nous sui­vons de près l’en­tre­tien de nos quar­tiers. D’ailleurs, le ju­ry dé­par­te­men­tal des villes fleu­ries vient de sillon­ner les rues de notre ci­té et n’a pas fait d’ob­ser­va­tion par­ti­cu­lière, consta­tant le fleurissement sou­te­nu tant à l’in­té­rieur qu’aux ex­té­rieurs de la com­mune. Ce qui nous vaut trois fleurs au concours que nos agents dé­fendent avec en­vie. »

Les in­ci­vi­li­tés vous in­quiètent- elles au Neu­bourg ?

« On le voit ré­gu­liè­re­ment, les ci­toyens s’ac­com­modent mal des com­por­te­ments ir­ré­vé­ren­cieux de cer­taines ca­té­go­ries de la po­pu­la­tion, jeunes et moins jeunes. Les actes de des­truc­tion des équi­pe­ments de loi­sirs sont la triste consé­quence de la mé­chan­ce­té hu­maine. La re­mise en état de la fon­taine de l’en­vol, sym­bole sculp­tu­ral cen­tral de la ville, ex­pri­mant l’en­vol d’oies sau­vages au-des­sus de nos têtes, coû­te­ra à la col­lec­ti­vi­té plu­sieurs mil­liers d’euros : 20 000 litres d’eau, vidange et net­toyage par une en­tre­prise spé­cia­li­sée, purge des pompes et tuyau­te­ries, etc. Et tout ce­la la nuit, où cer­tains traînent jus­qu’à 3 h du ma­tin… Est-ce nor­mal qu’un en­fant de 14 ans soit dans la rue à cette heure-là ? »

François Bi­dault.

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