De l’im­por­tance du poids de forme…

Le Courrier de l'Eure - - Loisirs -

Dans ce deuxième ar­ticle de notre chro­nique de l’été, le spé­cia­liste Franck Di­bouës évoque les ef­fets né­fastes des ré­gimes suc­ces­sifs.

Si vous re­pre­nez du poids après vos ré­gimes bien que vous ne man­giez pas trop, c’est peu­têtre que vous êtes des­cen­du sous votre poids de forme.

Votre poids de forme est dé­ter­mi­né par la gé­né­tique, par la mor­pho­lo­gie que vous aviez en­fant puis lors de votre crois­sance et tout au long de votre vie. Le poids de forme ou « set point » ne se dé­crète pas, vous n’avez pas la main des­sus, pas plus que sur la cou­leur de vos yeux, votre per­son­na­li­té, votre taille, la cou­leur de votre peau… Tous ces fac­teurs peuvent ne pas cor­res­pondre à vos cri­tères de goût, mais vous n’avez pas d’al­ter­na­tive, vous de­vrez faire avec. En ce­la comme pour beau­coup d’autres choses dans la vie, il y a de fortes in­éga­li­tés de na­ture entre les êtres.

Votre poids de forme va os­cil- ler entre dif­fé­rentes va­leurs. On dit que c’est le poids que vous fai­siez au­tour de vingt ans ou si vous êtes une femme ce­lui que vous avez re­pris as­sez fa­ci­le­ment après votre der­nière gros­sesse. C’est aus­si le poids que vous avez pu conser­ver du­rant une pé­riode as­sez longue sans ef­fort ex­ces­sif. C’est en­fin ce­lui où vous vous sen­tez bien dans votre corps. Son éva­lua­tion a prio­ri n’est pas fa­cile, pas pré­cise, mais une four­chette es­ti­ma­tive peut en don­ner un aper­çu.

Cer­taines per­sonnes ont com­men­cé à faire des ré­gimes hy­po­ca­lo­riques as­sez jeunes. Cer­taines ont fait ce­la pour des rai­sons mé­di­cales, d’autres parce qu’elles se trou­vaient trop fortes. Il est fré­quent que ces per­sonnes aient en­suite en­chaî­né les ré­gimes pour se re­trou­ver réel­le­ment en sur­poids vingt ans après le pre­mier ré­gime alors qu’au dé­part le sur­poids ini­tial n’était pas si évident… Que s’est-il pas­sé ?

Evi­ter le « mode fa­mine »

Les ré­gimes suc­ces­sifs avec l’ef­fet yoyo ont fait aug­men­ter le poids de forme, car à chaque nou­veau ré­gime, le mé­ta­bo­lisme s’est ra­len­ti. Si vous des­cen­dez sous votre poids de forme pen­dant un ré­gime, tôt ou tard vous re­pren­drez la dif­fé­rence entre votre poids de forme et ce qui a été per­du et un pe­tit quelque chose en plus.

At­ten­tion donc aux ob­jec­tifs de perte de poids. En vous af­fa­mant, vous per­drez for­cé­ment des ki­los, mais ne des­cen­dez pas sous votre poids de forme. Si vous fonc­tion­nez en mode fa­mine, tôt ou tard vous cra­que­rez, vous ces­se­rez ce ré­gime dras­tique pour re­prendre les mau­vaises ha­bi­tudes, mais votre mé­ta­bo­lisme au­ra bais­sé… Pour perdre ef­fi­ca­ce­ment du poids, il faut mettre en place une stra­té­gie qui se­ra à main­te­nir la vie du­rant. Il n’y a au­cune ex­cep­tion à ce­la.

Nous avons dé­mar­ré cet ar­ticle avec l’idée de trop man­ger, mais qu’est ce que ce­la veut dire ? Où sont les li­mites entre man­ger à sa faim et trop man­ger ? Nous abor­de­rons dans le pro­chain ar­ticle com­ment man­ger à sa faim sans prendre de poids.

Franck Di­bouës Franck Di­bouës est psy­cho­logue et for­ma­teur dans le sec­teur mé­di­co-so­cial

Il ne faut pas des­cendre sous son poids de forme (pho­to Pixa­bay).

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.