Mé­moire DU Man­tois

Le Courrier de Mantes - - A Chaud -

Na­po­léon Mor­dret, un pré­cur­seur. Nous sommes en juillet 1870, et les élec­tions mu­ni­ci­pales ont lieu en août. Sous le titre « Edi­li­té Man­taise, em­bel­lis­se­ments à ve­nir », un can­di­dat, Na­po­léon Mor­dret, pu­blie une petite bro­chure pour, ex­plique-t-il, « avoir oc­ca­sion d’émettre à l’avance mes idées sur les tra­vaux et em­bel­lis­se­ments à ve­nir de notre ville ».

Ce Man­tais qui aborde des su­jets as­sez va­riés se­rait sans doute ra­vi de voir que quelques-unes de ses sug­ges­tions sont de­ve­nues réa­li­tés. Ses pro­jets étaient nom­breux et va­riés. Ils concer­naient au­tant la Tour Saint-Ma­clou qu’il fal­lait dé­ga­ger pour la mettre en va­leur que la place de l’Hô­tel de Ville qu’il fal­lait ou­vrir sur la rue Na­tio­nale en dé­mo­lis­sant un pâ­té de mai­sons. Le bom­bar­de­ment du 30 mai 1944 anéan­tit le quar­tier, mais notre homme n’avait pas pré­vu que ce­la irait aus­si loin ! Quant à la Fon­taine Re­nais­sance, « il se­rait grand temps de rem­pla­cer ce ché­tif or­ne­ment par un autre plus im­por­tant en­ri­chi d’al­lé­go­ries en rap­port avec l’em­pla­ce­ment qu’il oc­cupe »…. De plus, il re­pro­chait à la com­mune de n’avoir pas ache­té les bi­coques ados­sées à l’an­cien Hô­tel-dieu pour agran­dir la place. Un siècle plus tard, c’était fait. Il sou­hai­tait aus­si l’amé­na­ge­ment du « Trou Fayol » pour en faire une sorte d’am­phi­théâtre avec des gra­dins et un es­pace scé­nique im­por­tant. Un siècle plus tard, c’est fait… Il sug­gère aus­si de rendre plus ex­pli­cites les plaques de rues en in­di­quant qui était le per­son­nage en cause ou le pour­quoi d’une ré­fé­rence à l’his­toire. C’est dé­sor­mais en­tré dans les moeurs. « Pour com­battre l’in­sa­ni­té des tue­ries par­ti­cu­lières à l’in­té­rieur de

la ville », il in­siste sur l’ur­gence de construire un abat­toir. Un de­mi-siècle plus tard, c’était chose faite…

D’autres pro­po­si­tions sui­vaient, par­fois as­sez in­at­ten­dues. Na­po­léon. Mor­dret ne fut pas élu. Pour­tant, une chose est sûre : à un mo­ment ou à un autre, cer­taines réa­li­sa­tions d’au­jourd’hui ont un jour ger­mé dans l’es­prit d’un de nos an­cêtres. Ce­la nous oblige à un peu de mo­des­tie lorsque nous réa­li­sons… Mi­chel Se­vin Les Amis du Man­tois- GREM

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.