Une foule émue a ren­du hom­mage à Ju­lien

Le 27 oc­tobre der­nier, Ju­lien, 16 ans, était re­trou­vé mort par des ou­vriers au pied d’une grue de chan­tier à Gar­gen­ville. Sa­me­di, amis, voi­sins et ano­nymes sont ve­nus lui rendre hom­mage.

Le Courrier de Mantes - - La Une - Cé­line Evain

Entre émo­tion, co­lère, et in­com­pré­hen­sion, une soixan­taine de per­sonnes se sont ras­sem­blées pour une mi­nute de si­lence sa­me­di en dé­but d’après-mi­di, sur la place de la Ré­pu­blique. Tous sont ve­nus rendre hom­mage à Ju­lien, ce jeune gar­çon âgé de 16 ans, re­trou­vé mort au pied d’une grue de chan­tier à Gar­gen­ville, la se­maine der­nière.

Le drame est sur­ve­nu le 27 oc­tobre. Ce jour-là, il ne s’était pas ren­du à la bou­lan­ge­rie Ta­ton dans la­quelle il était

ap­pren­ti pâ­tis­sier. « Nous nous sommes tout de suite in­quié­tés, ra­conte San­drine, la bou­lan­gère. Ju­lien était un gar­çon très ponc­tuel, il ar­ri­vait même tou­jours un peu en avance. Ce jour-là, lorsque je ne l’ai pas vu, j’ai im­mé­dia­te­ment su qu’il était ar­ri­vé quelque chose…» Mal­gré les cir­cons­tances dif­fi­ciles, les bou­lan­gers n’ont pas

hé­si­té un ins­tant à or­ga­ni­ser

cet hom­mage : « C’était im­por­tant pour nous qu’il y ait quelque chose… Ju­lien était un membre de notre équipe, nous tra­vail­lions 7 heures par jour à ses cô­tés, ce n’est pas rien ! Il faut sa­voir être hu­main, et la fa­mille a be­soin de sen­tir qu’on les sou­tient. »

« Il ai­mait se mettre en dan­ger »

Dans la foule pré­sente, ar­ri­vée peu avant 14 heures, les vi­sages sont tristes. Beau­coup connais­saient Ju­lien et sont tou­chés par le drame vé­cu par cette fa­mille qui a dé­jà per­du son fils aî­né en 2010, fau­ché par un ca­mion. Dif­fi­cile de sa­voir ce qui a pous­sé le jeune gar­çon à grim­per en haut de cette grue. Cer­taines de ses connais­sances ne semblent pour­tant pas éton­nées

: « De­puis le dé­cès de son grand frère, Ju­lien ai­mait se mettre en dan­ger. Il a pro­fon­dé­ment été mar­qué par ce drame dont il ne s’est ja­mais vrai­ment re­mis. On a sou­vent ten­té de lui par­ler, de le rai­son­ner…

», re­grettent-elles. C’est avec beau­coup de cou­rage et des san­glots dans la voix que la pa­tronne de la bou­lan­ge­rie a pris la pa­role. « Je n’ai pas l’ha­bi­tude de par­ler en pu­blic. Mais il était im­por­tant de le faire pour rendre hom­mage à Ju­lien et aus­si pour rap­pe­ler que ce drame peut ar­ri­ver à n’im­porte qui. Ju­lien était adepte des jeux dan­ge­reux et des pa­ris un peu fous. Nous de­vons y être sen­si­bi­li­sés pour mieux pré­ve­nir ces com­por­te­ments à risque…»

Par­mi les ano­nymes, il y a aus­si Émile, un voi­sin de la fa­mille, ému aux larmes. « Je ne connais­sais pas bien la fa­mille, mais je suis tou­ché car j’ha­bite à 100 mètres. J’ai sou­vent vu la ma­man pas­ser de­vant chez moi avec ses trois en­fants. Et puis un jour, elle n’est plus pas­sée qu’avec deux… À pré­sent, seul son pe­tit der­nier l’ac­com­pa­gne­ra…»

La com­mune en­deuillée

Dans la foule, voi­sins, ca­ma­rades et élus se sont ras­sem­blés pour rendre hom­mage au jeune Ju­lien.

Cou­ra­geu­se­ment, San­drine, la pa­tronne de la bou­lan­ge­rie, a pris la pa­role pour rendre hom­mage à Ju­lien.

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