Le Courrier des Yvelines (Poissy)

Le colonel de gendarmeri­e Patrice Chédor : « Un afflux de demandes »

- Michel Seimando

Le colonel Patrice Chédor est le « conseiller Réserves » du groupement de gendarmeri­e des Yvelines. Chez les gendarmes, on n’a pas attendu la triste série d’attentats depuis Charlie Hebdo, en janvier 2015, pour créer une réserve opérationn­elle. Elle existe sous trois formes (ci-dessous) depuis des décennies pour aider les effectifs de l’active. Elle est aujourd’hui citée en exemple par les plus hautes autorités de l’etat. On peut même dire que, sans elle, la gendarmeri­e aurait du mal à tourner.

Le colonel Patrice Chédor explique : « Il y a 300 personnes réserviste­s dans le départemen­t et les dossiers de candidatur­e affluent. Une centaine depuis quelques jours. C’est énorme. » En France, la gendarmeri­e dispose de 25.000 réserviste­s dans sa réserve opérationn­elle dite de «niveau 1», dont 70% de civils. Car ici, nous parlons de la réserve opérationn­elle de type 1 (voir encadré). Il s’agit de volontaire­s composés d’étudiants, de déménageur­s, d’avocats, d’ouvriers, de chefs d’entreprise­s, d’ingénieur (…) qui donnent de leur temps pour la gendarmeri­e avec pour seul leitmotiv « la volonté de servir ». « Ce brassage est unique et fait la richesse de la réserve », selon le colonel.

Le nombre de journée emploi réserviste dépend du budget alloué par l’etat. Fin 2015, une trentaine de réserviste­s intervenai­ent chaque mois dans les ils reçoivent des cours de tir afin d’être capable de manipuler leur arme et, dans certaines circonstan­ces, de tirer. Il y a aussi les règles liées à la police de la route. » Le réserviste reçoit ensuite la qualificat­ion d’agent de police judiciaire adjoint. L’engagement est souscrit pour une durée allant de 1 à 5 ans.

Préalablem­ent, il doit répondre à plusieurs critères : bien sûr, présenter un casier judiciaire vierge ; il doit répondre encore à des tests psychologi­ques et à plusieurs entretiens. Le réserviste monte en puissance au fur et à mesure de sa formation. Une fois formés, les réserviste­s déclarent leurs disponibil­ités sur un logiciel interne à la gendarmeri­e du nom de Minot@ur (Moyen d’informatio­n Opérationn­elle et de Traitement Automatisé de la Réserve). Parallèlem­ent les unités de la gendarmeri­e expriment leurs besoins selon l’actualité des communes qu’elle couvrent.

« Ensuite, les services sont planifiés, poursuit le colonel. Les réserviste­s sont appelés à rejoindre telle ou telle brigade. Ils arrivent en civil. Sur place, ils se changent, revêtent la tenue de la gendarmeri­e (identique à l’active, N.D.L.R.) et sont dotés de leur arme, un pistolet automatiqu­e. Il s’agit de service au quotidien. Les week-ends, les réserviste­s qui ont plus de disponibil­ité, sont très importants pour nous. » Les patrouille­s se font sous le contrôle d’un officier de police judiciaire, toujours cet encadremen­t juridique fort.

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Le colonel Patrice Chédor est le « conseiller Réserves » du groupement de gendarmeri­e des Yvelines.

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