Le sport fait bais­ser le taux d’ab­sen­téisme

Le Courrier des Yvelines (Saint-Germain-en-Laye) - - LA VILLE EN PARLE - Mi­chel Sei­man­do

Et si Pois­sy de­ve­nait site pi­lote en ma­tière de lutte contre le taux d’ab­sen­téisme des agents com­mu­naux ? Une étude lan­cée il y a un an a fait bais­ser le taux de 4,8 %. Au fi­nal, 100 000 € d’éco­no­mie !

Et si fi­na­le­ment c’était pas la bonne idée en ma­tière de ges­tion com­mu­nale ? Lan­cée il y a presque un an, « Pois­sy Bie­nêtre » est en passe de por­ter ses fruits. « Nous sommes en train de ga­gner la ba­taille contre l’ab­sen­téisme. Sur la pé­riode 2016-2017, les ab­sences ré­cur­rentes pour ma­la­die ont di­mi­nué de 4,8 %, se fé­li­cite le maire de Pois­sy, Karl Olive qui parle au­jourd’hui de vingt jours d’ab­sence par agent et par per­sonne. « -4,8 %, ce n’est pas neutre : c’est 750 jours d’ab­sence en moins et 100 000 € d’éco­no­mie. »

En 2014, il y avait 1 053 agents. Avec un taux su­pé­rieur à 20 jours, ce­la si­gni­fiait 20 000 jours d’ar­rêt-ma­la­die par an, soit un coût de 2M € dont 1,5M € im­pu­tables à la com­mune. Sans vou­loir stig­ma­ti­ser les agents de Pois­sy, le maire en a ap­pe­lé à tous pour trouver des éco­no­mies au mo­ment où l’etat di­mi­nue ses do­ta­tions en di­rec­tion des col­lec­ti­vi­tés lo­cales.

Com­ment se si­tue Pois­sy en ma­tière d’ab­sen­téisme ? L’ab­sen­téisme n’étant pas « le fait d’être ma­lade », mais d’être « tout le temps ma­lade ». Ce taux de 20 jours d’ab­sence par agent qui semble im­por­tant n’est rien à com­pa­rer à Bor­deaux (29,6 jours), Mar­seille (36,8) ou en­core Amiens (39,9). « Alain Jup­pé m’a d’ailleurs de­man­dé de lui trans­mettre les do­cu­ments de Pois­sy Bien-être. Il est in­té­res­sé. » Alors Pois­sy, ville pi­lote en France ?

Au dé­but de l’an­née 2017, le maire lance donc Pois­sy Bie­nêtre, une for­ma­tion au sport pour ses 853 agents (au­jourd’hui) qui tra­vaillent 1 607 heures ef­fec­tives par an. « L’idée est d’amé­lio­rer les condi­tions de tra­vail en pro­po­sant plu­sieurs ac­ti­vi­tés spor­tives douces », ajoute le maire.

Sur la base du volontariat, les agents peuvent suivre un cré­neau de deux heures heb­do­ma­daire (une heure de sport en­ca­drée par une de­mi-heure de dé­pla­ce­ment sur site) par cycle de dix séances. Con­crè­te­ment, six ac­ti­vi­tés sont pro­po­sées : la marche nor­dique (les mar­di et ven­dre­di), l’aqua­jog­ging (le mer­cre­di), la gym d’en­tre­tien (tous les jours sauf le mer­cre­di), la re­laxa­tion (le mer­cre­di), le fit­ness out­door (le jeu­di) et la nage avec palmes (tous les jours sauf le lun­di).

L’agent rem­plit une fiche que son chef de ser­vice va­lide ou pas puis la di­rec­tion des res­sources hu­maines va­lide à son tour la de­mande de for­ma­tion. « Il faut bien évi­dem­ment un cer­ti­fi­cat mé­di­cal », ex­plique-t-on à la di­rec­tion des res­sources hu­maines de la Ville.

200 agents ont par­ti­ci­pé au pre­mier cycle. 270 au se­cond. 230 au troi­sième. 45 % des 2545 ans ont joué le jeu. 45 % pour les 46-60 ans. Ça cor­res­pond à près de 400 agents qui ont goû­té aux joies du sport.

« Le sport a des ver­tus : quand on est bien dans son corps, on l’est dans sa tête. En plus, il y a une meilleure co­hé­sion so­ciale », pré­cise Karl Olive qui pra­tique le sport de­puis tou­jours. En apar­té, il ex­plique s’être ar­rê­té en tout cinq jours dans ses trente ans de vie pro­fes­sion­nelle.

L’opé­ra­tion Pois­sy Bien-être est ra­pi­de­ment en­glo­bée dans un plan plus large le PACT (Plan glo­bal d’amé­lio­ra­tion des condi­tions de tra­vail) qui pro­pose onze me­sures en­ca­drant l’agent com­mu­nal : « Nous sen­si­bi­li­sons da­van­tage les ma­na­gers aux risques psy­cho­so­ciaux, nous met­tons en place le dé­ploie­ment du té­lé­tra­vail, l’en­tre­tien de re­prise d’ac­ti­vi­té après une longue ab­sence ou en­core la mise en place d’un centre de for­ma­tion in­terne », dé­taille-t-on à Pois­sy où un poste d’agent de liai­son et de dia­logue so­cial avec le per­son­nel a été mis en place.

« Nous al­lons al­ler plus loin dans l’ac­cueil du pu­blic et al­ler vers une cer­ti­fi­ca­tion de l’ac­cueil du pu­blic comme l’a fait Le Pecq et Alain Gour­nac », pro­jette dé­jà Karl Olive qui fait son re­tard sur d’autres com­munes des Yve­lines.

Karl Olive : « Le sport a fait re­cu­ler le taux d’ab­sen­téisme de nos agents. »

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