« Nos pa­rents manquent de soins »

Plu­sieurs fa­milles de ré­si­dents de la mai­son de re­traite Georges Du­mont dé­noncent un manque de per­son­nel et des soins in­suf­fi­sants. In­quiets pour leurs proches, ils té­moignent.

Le Journal d'Abbeville - - La Une - Y. De­facque

Manque de per­son­nel. Elles dé­plorent un manque de per­son­nel à la mai­son de re­traite Georges Du­mont. Elles s’in­quiètent pour la prise en charge de leurs proches. Elles ont donc dé­ci­dé de ti­rer la son­nette d’alarme.

Elles, ce sont des fa­milles de plu­sieurs ré­si­dents de l’EH­PAD (éta­blis­se­ment d’hé­ber­ge­ment pour per­sonnes âgées dé­pen­dantes) qui crient d’une même voix leur mé­con­ten­te­ment. Béa­trice Cou­pel, Ani­ta et Yon­nel Voyeux, Lin­da Mon­gin, JeanPierre Bel­la­voine et Mo­nique Nor­mand consti­tuent ce col­lec­tif de fa­milles en co­lère.

« Ce qu’on dé­plore, c’est le manque de per­son­nel dans cette mai­son de re­traite. On n’a rien contre les per­sonnes qui y tra­vaillent, elles es­saient de faire leur tra­vail au mieux mais elles ne sont pas as­sez nom­breuses pour s’oc­cu­per de tous les ré­si­dants cor­rec­te­ment » re­grettent les fa­milles qui donnent des exemples de pro­blèmes qu’elles consta­te­raient au quo­ti­dien.

« Les toi­lettes sont ef­fec­tuées à moi­tié. Ils n’ont pas le temps de don­ner une douche alors ils donnent juste un coup de gant. Sans par­ler des per­sonnes qui ont des dif­fi­cul­tés pour man­ger. On a pu consta­ter que cer­tains ré­si­dants n’avaient pas leur re­pas en en­tier alors qu’ils paient comme les autres. »

Ani­ta Voyeux qui pour­suit : « ma belle-mère s’est fait cou­per les che­veux lun­di et le jeu­di, elles avaient des che­veux dans les oreilles donc elle n’a pas eu de douche de­puis. » Un manque de per­son­nel qui a vi­ve­ment in­quié­té ces fa­milles cet été quand il a fait chaud : « on a eu quelques jours avec de fortes tem­pé­ra­tures et plu­sieurs ré­si­dants n’avaient pas as­sez d’eau alors qu’à leur âge, on doit les hy­dra­ter ré­gu­liè­re­ment. »

Pour Béa­trice Cou­pel qui ne dé­co­lère pas mais qui ne veut pas je­ter la pierre au per­son­nel présent « qui fait ce qu’il peut » : « il faut tou­jours sur­veiller. Moi, j’y vais tous les jours pour lui don­ner à man­ger par exemple car tout seul, c’est trop com­pli­qué. »

Pour Jean-Pierre Bel­la­voine et Yon­nel Voyeux : « quand on va voir les su­pé­rieurs pour se plaindre, on nous fait com­prendre qu’ici c’est le moins cher et qu’on peut al­ler voir ailleurs. Alors que ça coûte quand même 2 000 € par mois dont 1 600 € à la charge des ré­si­dents. »

Se­lon ces fa­milles, il ar­rive souvent que leurs proches soient mis au lit plus tôt que pré­vu : « par­fois, ils changent la couche à 14h30 et les mettent en­suite au lit. Ils mettent des couches de nuit la jour­née pour ne pas avoir à les chan­ger. Nous, on dit que c’est pas nor­mal. Nos pa­rents et nos proches peuvent par­tir dans de bonnes condi­tions, dans la di­gni­té. C’est vrai­ment triste pour nos pa­rents qui ont tou­jours été propres dans leur vie. »

In­quiètes et dé­ci­dées à bous­cu­ler le sys­tème, ces fa­milles ont adres­sé un cour­rier au Mi­nis­tère de la Jus­tice il y a deux mois mais at­tendent une éven­tuelle ré­ponse.

« On sait bien qu’on ne peut pas mettre une per­sonne par ré­si­dant mais on peut faire en sorte de s’oc­cu­per au mieux de nos aî­nés. De­main, ce se­ra nous et on n’ai­me­rait pas vivre ça… »

« Les toi­lettes sont faites à moi­tié » Cour­rier au Mi­nis­tère de la Jus­tice

Plu­sieurs fa­milles ont dé­ci­dé de se réunir pour dé­non­cer le manque de per­son­nel

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