Re­gnault quitte le conseil mu­ni­ci­pal

Le Journal du Pays Yonnais - - La Une - Ni­co­las Pi­pe­lier

L’an­cien maire, Pierre Re­gnault, a don­né sa dé­mis­sion du conseil mu­ni­ci­pal. Le point fi­nal d’une ac­tion politique, longue de 28 ans, qui a contri­bué à mo­di­fier la phy­sio­no­mie de la Ville.

Lors du der­nier conseil mu­ni­ci­pal, Pierre Re­gnault avait la mine des mau­vais jours. La barbe nais­sante, l’air ren­fro­gné, l’an­cien maire n’était vi­si­ble­ment pas en grande forme. Au point de pi­per mot du­rant la séance et par­tir avant la fin. Pas à son ha­bi­tude, lui qui n’a ja­mais man­qué d’épin­gler le maire sur ses ap­proxi­ma­tions.

Comme une confir­ma­tion de cette mé­forme, l’an­cien maire de La Roche-sur-Yon a an­non­cé sa dé­mis­sion du conseil mu­ni­ci­pal, mar­di 2 oc­tobre, sur sa page Fa­ce­book et sur son compte Twit­ter. « Ces man­dats ont été d’une ri­chesse ex­cep­tion­nelle et je pense, avoir été, à ma fa­çon utile à notre ville et à nos conci­toyens. Ce n’est pas à moi d’en faire le bi­lan. L’his­toire le fe­ra. »

La fin d’un en­ga­ge­ment politique, long de 28 ans. Lui, qui est en­tré dans la politique par le sport, comme ad­joint de Jacques Auxiette de 1989 à 1995, a as­su­ré­ment mar­qué la Ville. No­tam­ment, comme 1er ad­joint au maire, char­gé des fi­nances et de l’éco­no­mie de 1995 à 2001, ou comme vice-pré­sident de l’Ag­glo en charge du lo­ge­ment.

Le dé­clin

Des por­te­feuilles stra­té­giques qui lui ou­vri­ront les portes de la mai­rie en 2004, après l’élec­tion de Jacques Auxiette à la Ré­gion. Ap­pré­cié pour sa ri­gueur et sa connais­sance des dos­siers, l’in­gé­nieur se­ra ré­élu dès le 1er tour en mars 2008, « à la tête d’une liste de gauche et d’éco­lo­gistes ». De quoi lui lais­ser les cou­dées franches pour prendre la pré­si­dence de l’Ag­glo de 2008 à 2014.

En bon so­cia­liste, l’élu a éga­le­ment veillé à main­te­nir la ville à gauche en ra­vis­sant, à deux re­prises, le fau­teuil de conseiller gé­né­ral de La Roche-sur-Yon nord, de 1998 à 2015.

Sa défaite aux mu­ni­ci­pales face à Luc Bouard a mar­qué son dé­clin. Evin­cé, l’ex-pre­mier édile n’a ja­mais trou­vé sa place dans le groupe d’op­po­si­tion. Au point de lais­ser le lea­der­ship à Joël Sou­lard, son an­cien ad­joint à l’ur­ba­nisme.

La dis­sen­sion a at­teint son pa­roxysme lors des Pré­si­den­tielles lorsque Pierre Re­gnault a clai­re­ment pris par­ti pour Em­ma­nuel Ma­cron lors de la cam­pagne. Une prise de po­si­tion qui a contri­bué à l’iso­ler au sein du groupe de gauche. Et a pré­ci­pi­té son dé­part du conseil mu­ni­ci­pal après un clash avec les so­cia­listes yon­nais au su­jet de la pu­bli­ca­tion d’une tri­bune sur « les em­plois ai­dés » dans le der­nier Roche plus.

Le bâ­tis­seur

Mal­gré ces dis­sen­sions de fin de par­cours, l’élu reste une des fi­gures du pay­sage politique yon­nais qu’il a contri­bué à mo­di­fier du­ra­ble­ment. On lui doit no­tam­ment la place Na­po­léon, la créa­tion de l’Ag­glo­mé­ra­tion en 2010, le lan­ce­ment des pro­grammes de re­qua­li­fi­ca­tion des quar­tiers sen­sibles, les pers­pec­tives du Pen­ta­gone 2006-2020, la créa­tion de zones d’ac­ti­vi­tés ou en­core la cons­ti­tu­tion de ré­serves fon­cières sur près de 200 hec­tares.

« Des an­nées pas­sion­nantes et riches qui, c’est vrai, im­pactent for­te­ment la vie per­son­nelle et fa­mi­liale, ce qui n’est ja­mais sans consé­quences. Le mo­ment est ve­nu pour moi de pas­ser à autre chose », a-t-il ré­di­gé en guise d’adieu. De­puis, le nou­veau re­trai­té s’est mu­ré dans le si­lence.

L’an­cien maire, Pierre Re­gnault, a don­né sa dé­mis­sion du conseil mu­ni­ci­pal.

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