LA CHINE S’EST ÉVEILLÉE

“Proxi­mi­té et pro­pre­té”

Le Nouvel Economiste - - La Une - PHI­LIPPE BAR­RET

En marge d’une réunion du co­mi­té cen­tral du PCC, le pré­sident chi­nois a ré­cem­ment dé­cla­ré, de­vant les membres de la Fé­dé­ra­tion du com­merce et de l’in­dus­trie, qqu’il conve­nait de re­dé­fi­nir les re­la­tions entre l’État et les en­tre­prises, en vi­sant deux ob­jec­tifs : proxi­mi­té et pro­pre­té. La “pro­pre­té”, c’est as­sez clair : il s’agit d’une nou­velle of­fen­sive dans la lutte contre la cor­rup­tion. Cette cor­rup­tion, tous les en­tre­pre­neurs oc­ci­den­taux qui ont dé­ve­lop­pé une ac­ti­vi­té en Chine en ont fait l’ex­pé­rience. Le pou­voir chi­nois ne la nie pas ; il la dé­nonce en condam­nant les “re­la­tions dou­teuses et se­crètes entre pou­voir et ar­gent”. Di­ri­geants po­li­tiques et di­ri­geants d’en­tre­prise se mettent à l’écart pour “ar­ran­ger les choses of­fi­cielles en pri­vé”. Ce genre de re­la­tions per­turbe évi­dem­ment la concur­rence et fi­nit donc par être nui­sible aux en­tre­prises. Elle est sur­tout contraire à l’in­té­rêt pu­blic. Car si le cor­rom­pu fait bé­né­fi­cier le cor­rup­teur de son pou­voir, le cor­rup­teur est en po­si­tion d’exer­cer sur lui des pres­sions qui ne sont pas tou­jours conformes à la vo­lon­té de l’au­to­ri­té pu­blique. Dans cette pers­pec­tive, de­puis deux ans dé­jà, on in­ter­dit aux cadres du Par­ti com­mu­niste de par­ti­ci­per ppar­ti­ci­per à la ges­tiong d’une en­tre­pri­sep pri­vée. À ce titre, 63 000 cadres ont été mis à pied. Et le par­quet su­prême est ap­pe­lé à sé­vir contre les “crimes de vio­la­tion des droits et in­té­rêts lé­gi­times des en­tre­prises non pu­bliques”. Ce­la étant, per­sonne ne peut au­jourd’hui ga­ran­tir l’ef­fi­ca­ci­té de cette of­fen­sive contre la

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