Le tra­cé du sen­tier lit­to­ral bria­cin va­li­dé à plus de 99 %

Le Pays Malouin - - Dinard Autour De -

La loi du 31 dé­cembre 1976 a ins­tau­ré une ser­vi­tude de pas­sage de trois mètres mi­ni­mum en bor­dure de toute côte du do­maine pu­blic ma­ri­time. Ce­la concerne no­tam­ment les zones où des amé­na­ge­ments (mai­sons, hô­tels, em­bar­ca­dères pri­vés…) ont blo­qué le libre ac­cès des ci­toyens au lit­to­ral. Le prin­cipe en a été confir­mé dans la loi Lit­to­ral de 1986.

Veiller au res­pect de la loi

Dé­sor­mais, tout pro­prié­taire pri­vé, ri­ve­rain du lit­to­ral de la mer, est te­nu de res­pec­ter cette ser­vi­tude et d’as­su­rer le libre pas­sage des pié­tons en bor­dure de mer. Sur le ter­rain, les choses ne sont pas aus­si simples. L’as­so­cia­tion des Amis des Che­mins de Ronde (ACR) s’est donc don­née pour ob­jec­tif de veiller au res­pect de la Loi sur cette ques­tion.

Un mur construit en une nuit !

Pour ce qui concerne SaintB­riac, le com­bat me­né par les ACR au­ra été long mais la mo­bi­li­sa­tion a fi­ni par payer. Il y a 40 ans, cha­cun pou­vait en­core ac­cé­der li­bre­ment au sen­tier cô­tier qui bor­dait tout le lit­to­ral de la com­mune. Fai­sant fi des nou­velles lois, de nom­breux pro­prié­taires ri­ve­rains ont éri­gé di­vers obs­tacles sur le sen­tier qui s’est trou­vé ain­si in­ac­ces­sible des Sa­li­nettes au Per­ron (beau­coup se sou­viennent du mur construit en une nuit au-des­sus de la pe­tite Sa­li­nette).

Les dates mar­quantes

5 mai 1982. La Ser­vi­tude de Pas­sage Pié­ton­nier sur le Lit­to­ral (SPPL) sur Saint-Briac est va­li­dée par ar­rê­té pré­fec­to­ral. Cet ar­rê­té est an­nu­lé par le con­seil d’État pour un mo­tif ex­clu­si­ve­ment de forme.

Mai 2009. Une ma­ni­fes­ta­tion des Amis des Che­mins de Ronde conduit la mu­ni­ci­pa­li­té à de­man­der que soit re­mis à l’étude le tra­cé de la SPPL. Cette étude, réa­li­sée par la Di­rec­tion dé­par­te­men­tale de l’équi­pe­ment (DDE) et sou­mise à la CDNPS Com­mis­sion Dé­par­te­men­tale de la Na­ture et de la Pro­tec­tion des Sites (CDNPS) n’est pas ac­cep­tée pour in­for­ma­tion in­suf­fi­sante.

Suite aux in­ter­ven­tions des ACR35, le pro­jet est re­lan­cé et sou­mis à la CDNPS qui vote un avis fa­vo­rable à l’una­ni­mi­té le 21 mai 2013. Une étude d’in­ci­dence Na­tu­ra 2000 avait été réa­li­sée entre-temps.

Prin­temps 2014. Le pré­fet or­donne une en­quête pu­blique.

4 fé­vrier 2015. Un ar­rê­té du Pré­fet ap­prouve le tra­cé de la ser­vi­tude de pas­sage des pié­tons le long du lit­to­ral de la com­mune. Vingt et un ri­ve­rains de­mandent au tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif de pro­non­cer l’an­nu­la­tion de l’ar­rê­té pré­fec­to­ral pour abus de pou­voir. « Bien que ce re­cours ne soit pas sus­pen­sif, les pou­voirs pu­blics res­tent dans l’in­ac­tion en at­ten­dant la dé­ci­sion du Tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif », dé­plore Pa­trice Pe­tit­jean, pré­sident des ACR, lors de l’as­sem­blée gé­né­rale du 21 jan­vier 2017.

15 dé­cembre 2017. Le Tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif de Rennes pro­nonce l’an­nu­la­tion par­tielle de l’ar­rê­té du pré­fec­to­ral du 4 fé­vrier 2015. Cette an­nu­la­tion, qui porte sur la forme (2 ri­ve­rains non ré­gu­liè­re­ment convo­qués), ne concerne que quelques par­celles. Tous les autres griefs pré­sen­tés par les op­po­sants à la réa­li­sa­tion du sen­tier lit­to­ral à Saint-Briac ont été re­je­tés par le tri­bu­nal.

« Le sen­tier est donc va­li­dé sur plus de 99 % de son tra­cé », constate avec sa­tis­fac­tion, Pa­trice Pe­tit­jean qui conclut : « Notre as­so­cia­tion se ré­jouit de consta­ter que les ar­gu­ments dé­ve­lop­pés par les ri­ve­rains n’ont pas été re­te­nus. Le sen­tier lit­to­ral va pou­voir être en­fin réa­li­sé à Saint-Briac (si les op­po­sants ne font pas ap­pel). Nous al­lons im­mé­dia­te­ment de­man­der au pré­fet de ré­gu­la­ri­ser au plus vite la pro­cé­dure pour que l’on puisse en­fin, après 40 ans d’at­tente, se pro­me­ner li­bre­ment au bord de la mer, à Saint-Briac-sur-Mer comme ailleurs. » Les belles voi­tures (près de 150. Re­cord bat­tu !) et le pu­blic étaient en­core ve­nus en nombre à ce tra­di­tion­nel ren­dez-vous de la Saint-Syl­vestre qu’est la Saint-Briac Clas­sic. Pour­tant, juste après l’heure de mi­di quand le vent et la pluie ont en­core for­ci, il a fal­lu se rendre à l’évi­dence : Il n’était pas pos­sible de pour­suivre la fête dans ces condi­tions. Thier­ry Schimpff, pré­sident de Saint-Briac Sport Mo­teur, a fait contre mau­vaise for­tune bon coeur :

« Ce sont les aléas de la mé­téo sur­tout en cette pé­riode de l’an­née. Pour au­tant, pas ques­tion de chan­ger la date de cette ma­ni­fes­ta­tion dé­sor­mais bien ins­crite dans le ca­len­drier fes­tif bria­cin ! »

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