« L’écri­ture ma­nuelle est un en­jeu de so­cié­té », in­siste Ber­nard Bou­vet

Ini­tia­teur de la Se­maine de l’écri­ture, Ber­nard Bou­vet a ren­con­tré les élèves de l’école Saint-Miche avec qui il a par­ta­gé sa pas­sion.

Le Perche - - Bellême Et Son Pays - La clô­ture du concours est re­por­tée au 20 oc­tobre.

Bel­lême.

« Et qu’est ce qui vous a don­né l’idée de faire une Se­maine de l’Ecri­ture ? », lance une élève de l’école Saint-Mi­chel à Ber­nard Bou­vet, ve­nu leur ap­por­ter des cartes pos­tales.

Sou­rire de Ber­nard Bou­vet, pré­sident de la ma­ni­fes­ta­tion, qui ex­plique comment cette idée a ger­mé dans son es­prit. « Vous sa­vez, moi, je suis né à Bel­lême, à cô­té, sous le porche, et je suis al­lé à l’école Saint-Mi­chel, comme vous. Mais à l’époque pour faire des études il fal­lait al­ler loin, et ce­la coû­tait cher. Il n’y avait ni col­lège, ni ly­cée, à Bel­lême. Alors j’ai com­men­cé à tra­vailler à 14 ans, je suis en­tré à l’im­pri­me­rie bel­lê­moise comme ty­po­graphe. Je dois être le seul ici à sa­voir lire à l’en­vers ! Pour­quoi ? Parce qu’en ty­po­gra­phie il faut pla­cer les lettres à l’en­vers, pour qu’elles soient im­pri­mées à l’en­droit. »

Pas­sion­né par la pho­to, Ber­nard Bou­vet se lance en­suite dans l’édi­tion de cartes pos­tales, un mé­tier qu’il exer­ce­ra pen­dant 55 ans. « Conti­nuer à écrire »

« Ar­ri­vé à la re­traite, je me suis de­man­dé ce que je pou­vais faire. Voyant de plus en plus de jeunes écrire en pho­né­tique sur les ta­blettes, smart­phones et autres, je me suis dit qu’il fal­lait ab­so­lu­ment que les jeunes conti­nuent à uti­li­ser l’écri­ture cur­sive, et j’ai alors eu l’idée d’une Se­maine consa­crée à l’écri­ture. »

L’écri­ture ma­nuelle est aus- si en train de faire son grand re­tour dans cer­taines écoles amé­ri­caines avec le sou­tien des pa­rents, qui s’in­quiètent de la baisse du ni­veau des élèves. Dans l’État de Loui­siane, les élèves du CE1 à la ter­mi­nale au­ront à nou­veau des cours d’écri­ture après l’adop­tion d’une loi. Au to­tal, ce sont 14 Etats amé­ri­cains qui ont in­té­gré l’écri­ture cur­sive dans les pro­grammes sco­laires, après une dé­cen­nie de flot­te­ment liée aux pro­grès tech­no­lo­giques.

Car les cher­cheurs se sont ren­du compte que l’ef­fi­ca­ci­té de l’ap­pren­tis­sage avec les or­di­na­teurs avait été lar­ge­ment sur­es­ti­mée ( à lire sur www. se­mai­ne­de­le­cri­ture.fr).

« Ef­fec­ti­ve­ment il a été dé­mon­tré qu’uti­li­ser un sty­lo oblige à faire da­van­tage fonc­tion­ner son cer­veau, et les élèves ont de meilleurs ré­sul­tats. »

L’an der­nier l’as­so­cia­tion a re­çu 13 450 lettres ou cartes, et les par­ti­ci­pants sont de plus en plus nom­breux, dé­jà 1 750 écoles sont ins­crites au concours. « Nous avons aus­si eu 36 de­mandes en pro­ve­nance de l’étran­ger, 2 écoles à New- York, 2 au Qué­bec, mais aus­si en Chine, Hon­du­ras, Qua­tar, Cayenne, Mar­ti­nique et Goua­de­loupe. »

Ber­nard Bou­vet a éga­le­ment re­çu un cour­rier de Fran­çoise Nys­sen, mi­nistre de la Culture qui dit no­tam­ment ac­cep­ter « de pla­cer la ma­ni­fes­ta­tion sous ( son) par­rai­nage, et d’ac­cueillir la re­mise des prix au mi­nis­tère de la Culture » .

Les élèves de l’école Saint-Mi­chel par­ti­cipent au concours de la Se­maine de l’Ecri­ture.

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