Le beurre fer­mier ne pro­fite pas de la flam­bée

Le Petit Bleu - - A LA UNE - B.R.

Pierre-Yves Le­mée, à la tête de la Ferme de la Re­nau­dais, à Plouër-sur-Rance, trans­forme une par­tie de sa pro­duc­tion de lait en beurre. Mais n’al­lez pas croire qu’il fait for­tune grâce à la flam­bée du cours… D’ailleurs, il n’a même pas aug­men­té son prix de vente !

Certes, « par rap­port à la même pé­riode l’an der­nier, on a dou­blé la pro­duc­tion, convient-il. On fait quatre ba­rattes au lieu de deux ». Ce­la re­pré­sente en­vi­ron 100 ki­los par se­maine. Pas de quoi sa­tis­faire la de­mande… ex­po­nen­tielle. « Je re­çois des coups de fil de grandes sur­faces. Je suis sol­li­ci­té par des ar­ti­sans et des pe­tits in­dus­triels. Mais je suis obli­gé de leur dire non car je dois d’abord li­vrer ceux qui me font vivre toute l’an­née. »

Des clients aux­quels il vend du beurre, certes mais aus­si et sur­tout de la crème fraîche, du fro­mage blanc ou du lait. Im­pos­sible donc de ne plus faire que du beurre pour ten­ter de pro­fi­ter de la de­mande, même si ce­la au­rait été une op­por­tu­ni­té « de faire connaître nos pro­duits » . « Le pro­blème, c’est qu’on est li­mi­té en main-d’oeuvre et en ma­té­riel. On ne peut pas fa­bri­quer plus de beurre. Et on ne va pas in­ves­tir pour une flam­bée qui va du­rer quelques mois… » Idem, Pierre-Yves Le­mée hé­site à aug­men­ter son prix de vente car « si le cours re­vient à la baisse, les gens sau­ront bien me le rap­pe­ler » .

Dans le lan­gage po­pu­laire, « faire son beurre » si­gni­fie « pros­pé­rer » et « faire des bé­né­fices »… Pour­tant, dans la réa­li­té, ce n’est pas si mi­ra­cu­leux que ça ! Et pour cause : un ki­lo de beurre né­ces­site 22 litres de lait. Au cours ac­tuel, ceux-ci valent dé­jà entre 7 et 8€. Une fois le beurre fa­bri­qué, il reste seule­ment le lait écré­mé, qui est ven­du plus de deux fois moins cher… Les 22 litres uti­li­sés coûtent donc au­tour de 4€, aux­quels il faut ajou­ter le temps pas­sé à l’écré­meuse et à la ba­rat­teuse, le coût de condi­tion­ne­ment et de la li­vrai­son, etc.

Ré­sul­tat, « on vend notre beurre à 8,40€ le ki­lo et on ne marge pas énor­mé­ment » . « C’est plu­tôt un pro­duit d’ap­pel, ré­sume Pierre-Yves Le­mée. Et un pro­duit qui nous évite de perdre de la crème fraîche. Mais c’est plus in­té­res­sant pour nous de vendre du lait pas­teu­ri­sé que du beurre ! »

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