Le rôle des femmes pen­dant la Grande Guerre

Le Petit Bleu - - PAYS DE DINAN - Con­fé­rence ven­dre­di 10 no­vembre à 17h15, salle as­so­cia­tive de l’Ate­lier à Lan­gue­nan. En­trée libre et gra­tuite.

Jean Paul Huet, of­fi­cier de gen­dar­me­rie en re­traite à Lan­gue­nan a com­men­cé, voi­là quinze ans, à écrire ses pre­miers ou­vrages, tout en conti­nuant son ac­ti­vi­té pro­fes­sion­nelle. Il pro­pose une con­fé­rence ce ven­dre­di à Lan­gue­nan.

His­to­rien spé­cia­li­sé de l’his­toire des guerres, Jean-Paul Huet par­court l’Hexa­gone pour don­ner des confé­rences, gra­tui­te­ment. Le rôle des femmes pen­dant la Guerre est un de ses thèmes de pré­di­lec­tion et a une ré­son­nance par­ti­cu­lière dans l’ac­tua­li­té du mo­ment.

« Ce­la in­té­resse beau­coup de gens, dit-il. Car cette guerre marque, pour les femmes, le dé­but de leur éman­ci­pa­tion. Si elles n’ont pas en­core le droit de vote, elles jouent un rôle pré­pon­dé­rant du­rant le conflit et vont prendre une vraie place dans la so­cié­té. Les hommes par­tis au com­bat, elles les rem­placent dans les usines, tra­vaillent sur les ex­ploi­ta­tions agri­coles. Elles ont énor­mé­ment souf­fert, tra­vaillant jus­qu’à 10 à 12 heures par jour dans des ac­ti­vi­tés dan­ge­reuses. Au plus fort de la guerre, elles fa­bri­que­ront jus­qu’à 1 mil­lion d’obus par jour, d’ailleurs elles por­te­ront dé­sor­mais les che­veux courts, non pas parce que c’était la mode mais parce que ce­la évi­tait les ac­ci­dents dans les usines… ».

Jean Paul Huet est in­ta­ris­sable sur le su­jet. En 1915, les femmes ob­tiennent les droits pa­ter­nels. À la fin de la guerre ce sont en­vi­ron 800.000 veuves qui se re­trouvent seules dans des condi­tions par­fois très dif­fi­ciles car si le corps du sol­dat dé­funt n’était pas re­trou­vé, la pen­sion ne pou­vait pas être ver­sée. « Ce n’est qu’en 1920 que les po­li­tiques ré­vi­se­ront leurs po­si­tions ».

Après guerre, les femmes sont som­mées de re­tour­ner à leur foyer., « Le rôle que la so­cié­té fran­çaise veut leur don­ner, c’est de re­peu­pler le pays. Mais elles dé­cident de prendre en mains leur des­tin. »

Il y au­ra d’ailleurs une vraie évo­lu­tion du sta­tut de la femme entre les deux guerres : « On parle tou­jours plus des hommes du­rant les guerres que des femmes. Pour­tant, com­ment ne pas men­tion­ner Ni­cole Gi­rardMan­gin qui fut la pre­mière femme mé­de­cin à oeu­vrer sur le front pen­dant la Grande Guerre. »

Pour cet au­teur de plus d’une di­zaine d’ou­vrages, « l’His­toire doit être abor­dable et com­pré­hen­sible par tous. J’écris en res­tant le plus ob­jec­tif pos­sible sur la vie des gens de l’époque, leurs condi­tions so­ciales ».

Il mène ses confé­rences en per­met­tant au pu­blic d’in­ter­ve­nir, « on est là pour dis­cu­ter, échan­ger. »

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