Poste Té­lé­graphe, Té­lé­phone

Les Informations Dieppoises - - Grains De Galets - Gi­nette Poul­let

Le chan­tier avait du­ré long­temps. On at­ten­dait im­pa­tiem­ment le nou­vel Hô­tel de la Poste et der­rière les pa­lis­sades en bois, les Diep­pois de­vi­naient un im­meuble ré­so­lu­ment mo­derne.

Nous sommes le ven­dre­di 15 mai 1959 et les guichets ouvrent en­fin au pu­blic. Pas de cé­ré­mo­nie, ni de ru­ban à cou­per, les em­ployés sont au tra­vail dans un en­vi­ron­ne­ment que les ar­chi­tectes qua­li­fient de mo­derne et agréable. Il faut dire que l’an­cien bâ­ti­ment des PTT si­tué rue Vic­tor-Hu­go était ar­ri­vé à bout de souffle avec l’in­fla­tion du tra­fic pos­tal. Les pro­blèmes de sa­tu­ra­tion vont en­fin être ré­so­lus.

Deux pré­oc­cu­pa­tions ont pré­si­dé à l’agen­ce­ment du nou­vel éta­blis­se­ment : la qua­li­té des ser­vices ren­dus aux usa­gers et les condi­tions de tra­vail des sa­la­riés. Parce que « les postes fran­çaises sont une mé­ca­nique dont le pays peut être fier, elles fonc­tionnent avec une ré­gu­la­ri­té telle qu’elle ne nous sur­prend plus, mais on ne cesse d’être éton­né du constant per­fec­tion­ne­ment de leurs rouages » af­firme-ton alors dans la presse. Pen­sez donc : deux dis­tri­bu­tions de cour­rier par jour !

Ce mer­cre­di-là en en­trant sous le hall, les usa­gers constatent qu’il n’y a plus cinq, mais huit guichets pour les ac­cueillir, que les six cabines té­lé­pho­niques jouissent d’une in­so­no­ri­sa­tion qui n’a rien à voir avec celles du pré­cé­dent bu­reau. Bien­tôt, une ma­chine à af­fran­chir dis­pen­se­ra la pré­po­sée de la cor­vée de timbres à col­ler et une ma­chine à émettre les man­dats per­met­tra de di­mi­nuer l’at­tente.

Quant aux fac­teurs, ils ne peuvent que se fé­li­ci­ter des nou­velles tables mé­tal­liques ul­tra­mo­dernes avec des cases ré­ver­sibles et rou­lantes leur per­met­tant d’op­ti­mi­ser l’or­ga­ni­sa­tion de leur tour­née.

Mais c’est au pre­mier étage que les in­no­va­tions sont les plus am­bi­tieuses. Dans la salle du fu­tur cen­tral au­to­ma­tique, « les hautes ar­moires mé­tal­liques des connec­teurs abritent le mé­ti­cu­leux fouillis de fils aux cou­leurs et aux des­sins mul­tiples. [Ain­si] dis­pa­raî­tra le pé­nible pas­sage par l’in­ter qui oblige à re­cou­rir aux soins d’une opé­ra­trice pour té­lé­pho­ner. »

Et pour la convi­via­li­té, au se­cond étage, un foyer spa­cieux est dé­dié aux jeunes agents afin qu’ils puissent se dé­tendre et pré­pa­rer tran­quille­ment leurs exa­mens. Tou­chante at­ten­tion qui fait au­jourd’hui rê­ver…

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