Oneoh­trix Point Ne­ver

Good Time (Ori­gi­nal Mo­tion Pic­ture Sound­track)

Les Inrockuptibles - - Musiques - Warp/Boo­gie Drug­store

La BO du pro­chain film des frères Saf­die, aus­si ori­gi­nale que son gé­nial au­teur.

dans le re­bat­tu As­cen­seur pour

l’écha­faud la gé­néa­lo­gie de sa BO pour le nou­veau film des frères Saf­die, Good Time. Comme celle des deux ci­néastes, son oeuvre pré­sente la pa­tine de ves­tiges tout en of­frant un au-de­là à la nos­tal­gie et à la ci­ta­tion. Les ré­mi­nis­cences ci­né­ma­to­gra­phiques au tra­vail ici vont des at­mo­sphères d’Un après-mi­di de chien aux sons op­pres­sants de John Car­pen­ter et de Blade Run­ner en pas­sant par les créa­tions de Tan­ge­rine Dream pour Le Con­voi de la peur de William Fried­kin.

Les lu­mières de la ville font gré­siller le grain de la pel­li­cule des Saf­die, ou y des­sinent des ha­los oua­tés, et c’est pré­ci­sé­ment la sen­sa­tion que tra­duit le son de l’al­bum. L’or­fèvre du cut-up elec­tro y re­trans­crit une psy­cho­géo­gra­phie new-yor­kaise entre co­oli­tude et bru­ta­li­té, ins­tal­lant une ner­vo­si­té qui ne se ré­sout pas tout à fait dans les ins­tants dis­ten­dus.

L’apai­se­ment vien­dra en bout de course, avec un Ig­gy Pop li­vrant sur la bal­lade The Pure and the Dam­ned son plus beau croo­ning

de­puis Ave­nue B. “Some day, I swear, we’re gon­na go to a place where we can do eve­ry­thing we want to/And

we can pet the cro­co­diles”, su­surre le tal­ko­ver de l’iguane comme dans une rê­ve­rie de Brau­ti­gan.

Oneoh­trix crée entre dif­fé­rents mondes mu­si­caux – qu’il tra­verse comme on mo­dule une fré­quence – des vor­tex dignes de la der­nière sai­son de Twin Peaks. A l’ins­tar d’un Lynch d’ailleurs, il ré­écrit l’his­toire de son art en la rê­vant. Et ne craint pas de faire dé­gou­li­ner ses ar­pèges criards sur des beats tra­vaillés avec mi­nu­tie. Réu­ti­li­sant les for­mules ma­giques de G.O.D. de fa­çon plus ac­ces­sible, Lo­pa­tin fait de cette BO un idéal point d’en­trée pour néo­phyte et pour­rait de­ve­nir, aux côtés de la fan­tas­tique Mi­ca Le­vi, un des plus grands noms de la mu­sique de film contem­po­raine. Ré­mi Boi­teux Si Daniel Lo­pa­tin, aka Oneoh­trix Point Ne­ver, est l’au­teur avec l’im­mense Gar­den of De­lete du Kind of Blue de son temps, il fau­dra cher­cher ailleurs que

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