Une suite qui dé­range – Le temps de l’ac­tion

de Bon­ni Co­hen et Jon Shenk

Les Inrockuptibles - - Cinémas - Vincent Os­tria

(E.-U., 2017, 1 h 38) Se­quel pas sexy mais né­ces­saire sur la croi­sade d’Al Gore contre le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique. A force de bran­dir des épou­van­tails po­li­tiques ef­frayants (Daech, Kim Jong-un), on a en­ter­ré la ques­tion de l’en­vi­ron­ne­ment, qui est pour­tant l’as­pect le plus pré­oc­cu­pant de la sur­vie de la pla­nète. L’éco­lo­gie n’est plus à la mode, et l’un des prin­ci­paux pol­lueurs du monde – les EtatsU­nis – est pré­si­dé par un cli­ma­tos­cep­tique de choc, op­po­sé aux ré­duc­tions d’émis­sions de gaz à ef­fet de serre. Ce­la n’em­pêche pas Al Gore, ex-vice-pré­sident du pays, de pour­suivre son in­las­sable croi­sade dé­jà do­cu­men­tée dans

Une vé­ri­té qui dé­range (2006). Rien de nou­veau dans ce se­quel ; l’homme po­li­tique fait le tour de la pla­nète et prêche la bonne pa­role un peu dans le dé­sert. Son unique che­val de ba­taille : le ré­chauf­fe­ment glo­bal. Un dis­cours li­mi­té donc, qui né­glige les mul­tiples sources de pol­lu­tion. Al Gore est convain­cant et élo­quent, mais il res­semble à un po­li­ti­cien ou un homme d’af­faires clas­sique, vo­lant de réunions en confé­rences, en jets et li­mou­sines. Au­tre­ment dit, il ne donne guère l’im­pres­sion d’être éco­lo-concer­né dans son quo­ti­dien. De plus, le film est fo­ca­li­sé sur sa fi­gure. Bref, un do­cu­men­taire un peu ré­bar­ba­tif mais au thème ir­ré­fu­table, cor­ro­bo­ré par une ac­tua­li­té qui donne rai­son à Gore : les tem­pêtes à ré­pé­ti­tion qui sac­cagent les ré­gions tro­pi­cales et qui sont dues au ré­chauf­fe­ment des océans.

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