Pre­miers Symp­tômes

Quelles sont les ob­ses­sions de Simon Porte Jacquemus ?

Les Inrockuptibles - - Sommaire -

Quel est le pre­mier geste que vous faites au ré­veil ?

L’hi­ver, je mets des chaus­settes.

Qu’est-ce qui vous ob­sède ?

Je peux pas­ser des heures à re­gar­der des in­ter­views d’ac­trices sur You­Tube ou dans les archives de l’INA. Isa­belle Ad­ja­ni, Em­ma­nuelle Béart… J’ai tou­jours été ob­sé­dé par leur ma­nière de par­ler. De­puis tout pe­tit, je re­garde l’émis­sion de Ru­quier le samedi soir dès qu’une ac­trice fran­çaise est in­vi­tée.

Qu’est-ce que vos pa­rents ne vous ont pas ap­pris ?

A être snob.

Quel est le goût de votre en­fance ?

Le goût de l’herbe que me fai­sait bouf­fer mon frère. Tous les di­manches, après le re­pas de fa­mille, j’or­ga­ni­sais un spec­tacle pour mes pa­rents et mes grands-pa­rents. Je dan­sais et je fai­sais des roues pen­dant au moins une heure. Et ça fi­nis­sait par éner­ver mon frère : on se bat­tait dans le jar­din, il me pla­quait les bras der­rière le dos et me fai­sait man­ger le ga­zon.

Quelle est la cou­leur que vous ne por­te­riez ja­mais ?

J’ai ar­rê­té de faire des blo­cages sur les cou­leurs. J’ai long­temps dé­tes­té le vio­let, par exemple, mais je me suis ren­du compte qu’il y avait de vraies nuances. Je ne porte pas sou­vent de noir. Je pré­fère les ca­maïeux de cou­leur, le vert, le beige, sou­vent du blanc.

Quel est l’en­droit où vous re­tour­nez et que pour­tant vous dé­tes­tez ?

Je ne dé­teste au­cun en­droit en par­ti­cu­lier. Même les hô­pi­taux j’aime bien, il y a une odeur de can­tine qui me rap­pelle tou­jours de bons sou­ve­nirs. En fait, je n’aime pas les en­droits où il pleut, mais ça on n’y peut rien.

Quelle scène de film connais­sez-vous par coeur ?

Isa­belle Ad­ja­ni dans

L’Eté meur­trier. Ce n’est pas une scène pré­cise mais plu­tôt des ré­pliques

cultes comme “le cal­cul men­tal et mon cul, c’est tout ce que le bon Dieu m’a don­né”. C’est un peu in­sup­por­table de re­gar­der ce film avec moi.

Qu’est-ce qui ne vous plaît pas chez vous ?

Ce qui me plaît chez moi me dé­plaît aus­si. Je me ra­conte beau­coup de films, ce qui est bien pour créer des col­lec­tions, mais pas for­cé­ment dans la réa­li­té. Mes pen­sées vont tou­jours trop loin.

Que faites-vous quand votre créa­ti­vi­té est blo­quée ?

La créa­tion, c’est tel­le­ment spon­ta­né que je n’ai pas vrai­ment de conseils. Les dead­lines me sti­mulent. Ça aide d’avoir une date pré­cise. Quand ça ne marche pas, je le sens et j’ar­rête. Je me connais main­te­nant, ça fait dix ans que ça dure. Il n’y a pas de re­cette mi­racle. Il faut se vi­der la tête et faire autre chose.

Qui avez-vous imi­té pour de­ve­nir vous-même ?

Je pense qu’on imite toute sa vie les mots et les actes des gens qui nous en­tourent. Comme dit Yoh­ji Ya­ma­mo­to : “Co­piez, co­piez, co­piez. Et une fois que vous avez fi­ni de copier, vous vous trou­ve­rez vous-même.” C’est un bel en­sei­gne­ment, je trouve.

Pro­pos re­cueillis par Fleur Bur­let

Le sty­liste a pré­sen­té le 25 sep­tembre sa col­lec­tion prin­temps-été 2018

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