Natalie Prass

The Fu­ture and The Past ATO Re­cords/Pias Coop Do­tée d’une voix im­ma­cu­lée et d’un sens du groove en­tê­tant, l’Amé­ri­caine s’in­surge.

Les Inrockuptibles - - Albums - Concert Le 20 no­vembre à Pa­ris (Ca­fé de la Danse) Re­trou­vez l’en­tre­tien in­té­gral sur le­sin­rocks.com Noé­mie Le­coq

DÉ­COU­VERTE IL Y A TROIS ANS sur un pre­mier al­bum de coun­try­soul étin­ce­lante, Natalie Prass conti­nue de fas­ci­ner dans un style un peu dif­fé­rent. Sur ce nou­vel al­bum, elle s’éloigne des en­lu­mi­nures de cordes et de cuivres pour s’ou­vrir au funk et au r’n’b des ni­ne­ties. Un choc mu­si­cal qui re­flète le coup de poing qu’elle a res­sen­ti lors de l’élec­tion de Trump. “J’ai re­mar­qué tel­le­ment de chan­ge­ments ac­ca­blants dans mon pays que ça m’a pris du temps de m’ha­bi­tuer à cette réa­li­té.”,

Elle dé­cide alors de rem­pla­cer la ma­jo­ri­té des chan­sons d’amour dé­çu qu’elle ve­nait de com­po­ser par des mor­ceaux aux mes­sages puis­sants, écrits avec au­tant de rage au ventre que d’op­ti­misme. “Pen­dant cette pé­riode com­pli­quée, la seule mu­sique qui me tou­chait, c’était le gos­pel. Ça m’a pous­sée à com­mu­ni­quer mes propres mes­sages de cette fa­çon : abor­der des su­jets dif­fi­ciles d’une ma­nière ac­ces­sible, en di­sant que c’est en­semble qu’on sur­mon­te­ra les épreuves.”

L’exemple le plus frap­pant est la chan­son Sis­ters, une dé­cla­ra­tion

d’in­ten­tion gal­va­ni­sante où elle s’en­toure d’un choeur fé­mi­nin. On a aus­si beau­coup de plai­sir à re­trou­ver sa voix en or aux cô­tés des or­ches­tra­tions étin­ce­lantes de Far from You, su­blime bal­lade en hom­mage à Ka­ren Car­pen­ter.

Pour se rap­pro­cher de sa bande, elle a quit­té Na­sh­ville pour Rich­mond, en Vir­gi­nie. C’est là qu’elle a en­re­gis­tré The Fu­ture and the Past, épau­lée à nou­veau par son ami Mat­thew E. White et en in­ves­tis­sant Spa­ce­bomb, le stu­dio à l’an­cienne qu’il a construit. Sans chi­chis, avec au­to­dé­ri­sion et hu­mour, cette chan­teuse et com­po­si­trice pas­sion­nante évoque ses fê­lures et avoue une autre rai­son à son évo­lu­tion mu­si­cale : “Je vou­lais pou­voir re­pro­duire ces sons en concert et m’amu­ser sur scène.” On a hâte de la voir mi­cro en main en­chan­ter le pu­blic sans la bar­rière d’une gui­tare ou d’un cla­vier.

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