PSA Peu­geot Ci­troën croit en­core aux so­lu­tions Bla­ckBer­ry

Le groupe au­to­mo­bile fran­çais re­nou­velle sa confiance dans les so­lu­tions du fa­bri­cant ca­na­dien de smart­phones. Et ce, mal­gré la crise sans pré­cé­dent que tra­verse Bla­ckBer­ry. En 2014, 10 000 em­ployés de PSA se­ront équi­pés du Z10, le der­nier smart­phone sans

L'Informaticien - - SOMMAIRE - CH­RIS­TOPHE GUILLE­MIN

Bien que confron­té à la pire si­tua­tion fi­nan­cière de son his­toire, Bla­ckBer­ry a réus­si à dé­cro­cher un contrat avec l'un de ses plus gros clients in­dus­triels fran­çais : le groupe PSA Peu­geot Ci­troën. Le construc­teur au­to­mo­bile vient de lui com­man­der 10 000 ter­mi­naux de type Bla­ckBer­ry Z10 qui équi­pe­ront ses em­ployés en France et en Es­pagne. Et PSA a éga­le­ment op­té pour la der­nière ver­sion de la so­lu­tion MDM du construc­teur ca­na­dien : Bla­ckBer­ry En­ter­prise Ser­vice 10, ou BES 10. « Le Bla­ckBer­ry 10 est la so­lu­tion la mieux adap­tée aux be­soins de PSA Peu­geot Ci­troën en termes d’in­té­gra­tion au sys­tème d’in­for­ma­tion, de sé­cu­ri­té, de

connec­ti­vi­té et de coût » , as­sure Éric Mar­chand, res­pon­sable des té­lé­coms de PSA Peu­geot Ci­troën. Com­ment Bla­ckBer­ry a-t-il réus­si à convaincre PSA ? Tout d'abord, le fa­bri­cant ca­na­dien et le groupe fran­çais se connaissent dé­jà très bien, puis­qu'ils sont par­te­naires de­puis 2008. Ce nou­veau contrat est donc un re­nou­vel­le­ment de parc qui était dé­jà consti­tué de ter­mi­naux Bla­ckBer­ry (en ver­sions 6 et 7 de l'OS). Même chose pour la so­lu­tion MDM as­so­ciée. PSA uti­li­sait au­pa­ra­vant sa cin­quième mou­ture, BES 5, et passe donc à la nou­velle ver­sion, le BES10. Reste qu'avant de choi­sir à nou­veau Bla­ckBer­ry, PSA in­dique avoir pro­cé­dé à une étude com­plète des al­ter­na­tives dis­po­nibles sur le mar­ché. « Nous avons mis en concur­rence toutes les so­lu­tions, de la plate- forme Mi­cro­soft à An­droid, en pas­sant par Apple et Bla­ckBer­ry » , ex­plique-t- on chez le construc­teur au­to­mo­bile. Mi­cro­soft et An­droid

ont ra­pi­de­ment été aban­don­nés. Seuls Apple et Bla­ckBer­ry conve­naient au ca­hier des charges de PSA, no­tam­ment au ni­veau de la sé­cu­ri­té et de la sta­bi­li­té de la plate-forme. « Les autres sys­tèmes ne pou­vaient no­tam­ment ga­ran­tir une par­faite com­mu­ni­ca­tion avec nos in­fra­struc­tures dans

la du­rée » , pour­suit- on chez PSA. Pour­quoi avoir pré­fé­ré Bla­ckBer­ry à Apple ? Le construc­teur au­to­mo­bile n'en dit pas plus sur ce choix. Mais le coût fi­nan­cier a sans nul doute pe­sé dans la balance. Les so­lu­tions d'Apple sont en ef­fet, sauf contrat spé­ci­fique, bien plus chères que celles de Bla­ckBer­ry. « L’étude a mon­tré que la so­lu­tion Bla­ckBer­ry 10 res­tait ac­tuel­le­ment la mieux pla­cée, tant fonc­tion­nel­le­ment, qu’éco­no­mi­que­ment » , in­dique PSA sans plus de dé­tails. In­ter­ro­gé sur le vo­let fi­nan­cier du contrat, PSA s'est re­fu­sé à com­mu­ni­quer le moindre mon­tant.

Le BES10 fa­ci­lite la mi­gra­tion de Bla­ckBer­ry vers... Bla­ckBer­ry

PSA a donc éga­le­ment re­te­nu la der­nière ver­sion de la so­lu­tion MDM du construc­teur ca­na­dien, bap­ti­sée Bla­ckBer­ry En­ter­prise Ser­vice 10 (BES10). Elle va rem­pla­cer l'ac­tuelle ver­sion 5 uti­li­sée par PSA pour ad­mi­nis­trer ses ter­mi­naux Bla­ckBer­ry 6 et 7. Mais, comme pour le choix du smart­phone, PSA sou­ligne avoir com­pa­ré dif­fé­rentes so­lu­tions MDM. Et c'est aus­si celle de Bla­ckBer­ry qui a été re­te­nue. Le choix de BES 10 s'ex­plique no­tam­ment par une vo­lon­té de fa­ci­li­ter la mi­gra­tion des an­ciens ter­mi­naux Bla­ckBer­ry vers les nou­veaux. « « PSA PSA Peu­geot Peu­geot Ci­troën Ci­troën de­vait de­vait dis­po­ser dis­po­ser d’une d’une so­lu­tion so­lu­tion simple simple et et sé­cu­ri­sée sé­cu­ri­sée pour pour pi­lo­ter pi­lo­ter cette cette mi­gra­tion mi­gra­tion et et gé­rer gé­rer la la flotte. flotte. La La so­lu­tion so­lu­tion Bla­ckBer­ry Bla­ckBer­ry En­ter­prise En­ter­prise Ser­ver Ser­ver 10 10 ré­pond ré­pond à à cette cette exi­gence, exi­gence, tout tout en en fa­ci­li- fa­ci­li­tant tant la la mi­gra­tion mi­gra­tion à à par­tir par­tir d’un d’un parc parc exis­tant exis­tant com- com­po­sé po­sé des des smart­phones smart­phones de de type type Bla­ckBer­ry Bla­ckBer­ry 7 7 » » , ,

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back- office. » Par ailleurs, BES10 était bien po­si­tion­né cô­té prix. « Éco­no­mi­que­ment, la so­lu­tion BES10 reste avan­ta­geu­se­ment pla­cée » , ob­serve

t- on chez PSA.

Une mi­gra­tion en quatre mois

Le groupe fran­çais en­tend réa­li­ser sa mi­gra­tion en seule­ment quatre pe­tits mois. À la fin 2013, PSA a me­né ses tests et im­plé­men­té la nou­velle so­lu­tion MDM. Le dé­ploie­ment des ter­mi­naux a dé­mar­ré en ce dé­but 2014. Le construc­teur au­to­mo­bile s'est don­né deux axes de tra­vail pour me­ner à bien sa mi­gra­tion. Le pre­mier cor­res­pond au vo­let tech­nique. Sur ce point, PSA a mi­sé sur une au­to­ma­ti­sa­tion com­plète entre

ses ré­fé­ren­tiels de ges­tion de parc et l'in­fra­struc­ture BES. Ce­ci afin de « fé­dé­rer les ter­mi­naux en

un mi­ni­mum de temps » , ex­plique-t-il. Le se­cond axe en­globe l'ac­com­pa­gne­ment du per­son­nel. PSA pro­pose à ses em­ployés deux dé­marches : une prise en main en mode « Am­phi », c'est-à-dire sous la forme de ses­sions de for­ma­tion d'une ving­taine de per­sonnes pen­dant 1 heure, ou en mode « Gui­chet », une for­ma­tion in­di­vi­dua­li­sée, pour ceux qui maî­trisent le moins la plate-forme. Une fois for­més, les uti­li­sa­teurs ef­fec­tuent eux­mêmes le pre­mier dé­mar­rage du ter­mi­nal et l'in­té­gra­tion au sein du SI de PSA. « Par cette ma­ni­pu­la­tion, ils s’ap­pro­prient l’usage de cette nou­velle in­ter­face. L’ani­ma­teur dis­pose d’un for­ma­lisme per­met­tant de pas­ser les mes­sages clefs quant à l’usage du ter­mi­nal, mais aus­si quant aux de­voirs de l’uti­li­sa­teur en termes d’usage et de sé­cu­ri­té » , sou­ligne le groupe.

Un contrat sa­lu­taire pour Bla­ckBer­ry

Ce re­nou­vel­le­ment de contrat in­ter­vient alors que Bla­ckBer­ry tra­verse une crise sans pré­cé­dent. Le construc­teur ca­na­dien en­chaîne les pertes, tri­mestre après tri­mestre. Entre sep­tembre et no­vembre 2013, il ac­cuse ain­si une perte nette de 4,4 mil­liards de dol­lars, contre un bé­né­fice de 9 mil­lions un an au­pa­ra­vant sur la même pé­riode. Quant au chiffre d'af­faires, il est de 1,2 mil­liard de dol­lars pour ce troi­sième tri­mestre, soit 56 % de moins que l'an­née der­nière. Concer­nant le Z10, ce­lui- ci est loin d'avoir trou­vé son pu­blic. Au cours du troi­sième tri­mestre, Bla­ckBer­ry a ven­du 4,3 mil­lions de smart­phones, dont en­core 3,2 mil­lions de mo­dèles avec cla­vier, de l'an­cienne gé­né­ra­tion. Les ventes du Z10 res­tent donc très mo­destes. Dans ce contexte dif­fi­cile, le contrat avec PSA est une vé­ri­table bouf­fée d'air pour le fa­bri­cant ca­na­dien. « C’est un contrat très im­por­tant et très stra­té­gique pour Bla­ckBer­ry. Il confirme sur­tout l’in­té­rêt et la confiance des grandes en­tre­prises pour nos so­lu­tions » , in­dique Mé­dé­ric Leborgne, di­rec­teur tech­nique de Bla­ckBer­ry France. Il sou­ligne éga­le­ment que « plus de 50 % des en­tre­prises du CAC 40 ont tes­té ou dé­ployé BES10. » À la fin jan­vier, Bla­ckBer­ry a éga­le­ment dé­cro­ché un contrat avec Da­tev, édi­teur al­le­mand de lo­gi­ciels de comp­ta­bi­li­té. Il a pas­sé com­mande d'un mil­lier de ter­mi­naux sous Bla­ckBer­ry 10 et adopte éga­le­ment BES10. En oc­tobre 2013, le ca­bi­net d'au­dit KPMG si­gnait lui pour la four­ni­ture de 3 500 smart­phones Bla­ckBer­ry 10 pour l'Ita­lie et op­tait aus­si pour BES10.

Mé­dé­ric Leborgne, di­rec­teur tech­nique de Bla­ckBer­ry France : « C'est un contrat très im­por­tant et très stra­té­gique pour Bla­ckBer­ry. »

Le Z10 est le pre­mier smart­phone à être lan­cé avec la plate-forme Bla­ckBer­ry 10.

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