AC­TIV’IT

Ap­prendre les bases des Ja­vas­cript, HTML5, CSS3, Ex­press. js, An­gu­lar 2… en moins de trois mois. C’est ce que pro­pose la tech school amé­ri­caine Iron­hack, via une for­ma­tion ma­ra­thon, aus­si in­ten­sive qu’une pré­pa de grande école ! À la clé, un taux de re­cru

L'Informaticien - - SOMMAIRE - CH­RIS­TOPHE GUILLEMIN

Iron­hack : la tech school qui forme des dé­ve­lop­peurs web en 9 se­maines !

Face à une pé­nu­rie de dé­ve­lop­peurs web, un nou­veau type de for­ma­tions ac­cé­lé­rées pro­pose d’ac­qué­rir les bases du mé­tier en quelques mois, là où l’en­sei­gne­ment clas­sique re­quiert une ou deux an­nées. Exemple, l’école amé­ri­caine Iron­hack as­sure for­mer des « web de­ve­lo­pers » en neuf se­maines. Une for­ma­tion très in­ten­sive qui n’en se­rait pas moins ef­fi­cace : cette « tech school » an­nonce un taux moyen de recrutement à trois mois de 90 % ! Créée en 2013 par Ariel Qui­nones ( Har­vard) et Gon­za­lo Man­rique ( Whar­ton), cette école nu­mé­rique dis­pose d’un cam­pus à Pa­ris de­puis le prin­temps der­nier. Iron­hack est éga­le­ment pré­sente à Ma­drid, Bar­ce­lone et Mia­mi. Suite à une le­vée de fonds de 3 mil­lions de dol­lars, bou­clée au dé­but de cet été, l’école compte at­teindre la barre des dix cam­pus d’ici à la fin 2018. Au to­tal, près d’un mil­lier d’étu­diants ont dé­jà été sé­duits par cette for­ma­tion ra­pide. En France, la pre­mière pro­mo­tion comp­tait 14 élèves, is­sus d’ho­ri­zons di­vers – in­for­ma­ti­ciens, com­mer­ciaux, en­tre­pre­neurs, étu­diants… –, mais ayant tous en com­mun un mi­ni­mum de connais­sances IT et sur­tout une très forte mo­ti­va­tion. « En­vi­ron 30 % des can­di­dats viennent de l’IT, le reste des pro­fils est très va­rié. Nous sé­lec­tion­nons sur­tout les étu­diants se­lon leur de­gré de mo­ti­va­tion et la cré­di­bi­li­té de leur pro­jet pro­fes­sion­nel » , ex­plique Fran­çois Fillette, Ge­ne­ral Ma­na­ger France d’Iron­hack. Pour la pre­mière pro­mo­tion hexa­go­nale, Iron­hack avait re­çu 177 can­di­da­tures. La sé­lec­tion s’ef­fec­tue sur dossier, puis sur en­tre­tien et exer­cice tech­nique. « Le ni­veau tech­nique re­quis n’est pas très éle­vé. On leur de­mande sur­tout d’être lo­gique, de sa­voir s’or­ga­ni­ser et d’être prêt à “ap­prendre à ap­prendre ”. »

For­ma­tion en an­glais et sans cours ma­gis­traux

Qu’ap­prend- on en neuf se­maines dans cette école ? Sur le pa­pier, le pro­gramme semble ex­trê­me­ment dense. La for­ma­tion est com­po­sée de trois mo­dules :

« Web De­si­gn » ( 2 se­maines de for­ma­tion + 1 se­maine de pro­jet), « Front- End » ( 2 sem. de for­ma­tion + 1 sem. de pro­jet) et « Back- End » ( 1 sem. de for­ma­tion + 2 sem. de pro­jet). Ils couvrent les bases du Ja­vas­cript, la créa­tion d’in­ter­face grâce aux HTML5 et CSS3, la ges­tion de pro­jets avec Gi­thub, la créa­tion d’ap­pli­ca­tions avec Ex­press. js, la ges­tion de bases de don­nées Mon­goDB, et la réa­li­sa­tion d’API avec Node. js ou d’ap­pli­ca­tions web à l’aide d’An­gu­lar 2. À rai­son d’en­vi­ron neuf heures de cours par jour, cou­vrir l’en­semble de ces lan­gages et ou­tils n’est donc pas une si­né­cure. « C’est une for­ma­tion ef­fi­cace mais vrai­ment in­ten­sive » , confie Na­dir Ber­ra­ra, un des pre­miers élèves fran­çais ( lire l’en­ca­dré). Pour ai­der les étu­diants à réus­sir ce ma­ra­thon, les cours ne sont pas as­su­rés par un seul pro­fes­seur mais quatre. Pen­dant qu’un pro­fes­seur prin­ci­pal dis­pense le cours à l’en­semble de la classe, des « teach as­sis­tants » peuvent ai­der per­son­nel­le­ment cer­tains élèves. Au­cun d’entre eux ne prend ain­si de re­tard. Ces cours en pré­sen­tiel sont com­plé­tés par un en­sei­gne­ment on­line per­met­tant aux étu­diants de tes­ter et d’ap­pro­fon­dir leurs connais­sances. No­tons que l’en­semble de cette for­ma­tion est dis­pen­sé en an­glais. « Il est au­jourd’hui in­con­tour­nable pour un dé­ve­lop­peur web de maî­tri­ser l’an­glais. De plus, nous ac­cueillons des étu­diants étran­gers qui choi­sissent le cam­pus de Pa­ris pour sa qua­li­té de vie. Il leur faut donc une for­ma­tion en an­glais » , ex­plique Fran­çois Fillette.

Ac­com­pa­gner l’étu­diant jus­qu’à son em­bauche

À la fin du cur­sus, qua­si­ment 100 % des étu­diants ob­tiennent un cer­ti­fi­cat de for­ma­tion. Les élèves ne sont en­suite pas « lâ­chés dans la na­ture » , in­siste Iron­hack. Ils bé­né­fi­cient d’un ac­com­pa­gne­ment de plu­sieurs se­maines pour les ai­der à trou­ver un poste. L’école va no­tam­ment les mettre en re­la­tion avec des en­tre­prises, les conseiller dans la ré­dac­tion de leur CV ou en­core les en­traî­ner aux en­tre­tiens d’em­bauches. « Nous res­tons en contact per­ma­nent avec notre ré­seau d’en­tre­prises, afin de mettre à jour notre for­ma­tion et fa­ci­li­ter les em­bauches de nos étu­diants » , sou­ligne- t- on chez Iron­hack Pa­ris. Cette for­ma­tion au dé­ve­lop­pe­ment web est fac­tu­rée 6 500 eu­ros, avec une bourse de 1 000 eu­ros pour les femmes, afin d’ « in­ci­ter à plus de pa­ri­té » . D’ici à la fin 2017, Iron­hack pro­po­se­ra en France une for­ma­tion au de­si­gn UX/ UI en huit se­maines. « C’est la com­pé­tence clef qui monte en ce mo­ment. Par exemple : IBM vient d’an­non­cer que, d’ici à 2020, 1/ 8e de ses sa­la­riés se­ra for­mé à l’UX/ UI » , conclut Fran­çois Fillette. ❍

Iron­hack de­vrait at­teindre les dix cam­pus en 2018, avec no­tam­ment des im­plan­ta­tions à Mexi­co et Ber­lin. Lire éga­le­ment notre ar­ticle sur la Wild Code School et sa for­ma­tion au dé­ve­lop­pe­ment web en 5 mois dans L’In­for­ma­ti­cien n° 153 ( jan­vier 2017)

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