APPS

Of­fice 365 est en passe de to­ta­le­ment bou­le­ver­ser les sché­mas col­la­bo­ra­tifs au sein des en­tre­prises. Sa nou­velle brique, MS Teams, donne da­van­tage de co­hé­rence à l’uni­vers Microsoft, tout en l’an­crant dans les nou­veaux usages de com­mu­ni­ca­tion.

L'Informaticien - - SOMMAIRE - LOÏC DU­VAL

Microsoft Teams : des équipes et des dis­cus­sions pour mieux col­la­bo­rer

Le tra­vail col­la­bo­ra­tif est un peu une ar­lé­sienne qui fo­ca­lise l’at­ten­tion des édi­teurs de lo­gi­ciels – et leur mar­ke­ting – de­puis la fin des an­nées 80 et l’in­tro­duc­tion de Lo­tus Notes. Microsoft a tou­jours été l’un des pi­liers de cette croi­sade pour im­plan­ter des ou­tils à même de flui­di­fier la col­la­bo­ra­tion au sein de l’en­tre­prise, avec comme porte éten­dard les in­con­tour­nables Ex­change, Sha­re­point et Of­fice. Pour au­tant, la donne a été com­plè­te­ment bou­le­ver­sée par l’ar­ri­vée dans le pay­sage des ré­seaux so­ciaux, de la mo­bi­li­té et du Cloud. Les ré­seaux so­ciaux ont chan­gé la fa­çon de dis­cu­ter et de dif­fu­ser l’in­for­ma­tion. Pa­ral­lè­le­ment, les uti­li­sa­teurs ont cher­ché à res­ter en contact avec leurs col­lègues par le biais de leurs smart­phones et ont per­mis à toute une nou­velle gé­né­ra­tion de mes­sa­ge­ries ins­tan­ta­nées « mo­biles » de s’im­po­ser à com­men­cer par Twit­ter, WhatsApp, SnapC­hat, et tant d’autres. Le Cloud a flui­di­fié et sim­pli­fié les trans­ferts et les échanges avec des offres no­va­trices comme Drop­box, Box ou même WeT­rans­fer. En­fin, Google Docs et sa co- édi­tion en ligne de do­cu­ments sont ve­nus pro­po­ser une ap­proche sim­pli­fiée – voire sim­pliste – de la bu­reau­tique et ap­puyer sur le ta­lon d’Achille de la suite Of­fice de­puis ses ori­gines : l’im­pos­si­bi­li­té d’ou­vrir à plu­sieurs un même do­cu­ment. Il s’en­sui­vit une pro­fonde trans­for­ma­tion des usages et des in­ter­ac­tions entre les collaborateurs sur la­quelle sont ve­nus sur­fer des pion­niers comme Slack.

Le nou­vel ordre col­la­bo­ra­tif

Microsoft a évi­dem­ment ré­agi à tous ces mou­ve­ments concur­rents avec, dans un pre­mier temps, Skype, OneD­rive, et les Of­fice Web Apps, qui im­plé­men­taient la co- édi­tion sous Word, Ex­cel et Po­werPoint mais ex­clu­si­ve­ment de­puis le na­vi­ga­teur web. Ce­pen­dant, l’ar­ri­vée d’Of­fice 365 a vé­ri­ta­ble­ment per­mis à l’édi­teur de re­prendre la main sur ce mar­ché. Of­fice n’est plus dé­sor­mais pré­sen­té comme une suite bu­reau­tique mais comme une suite col­la­bo­ra­tive. OneNote, Word, Po­werPoint, et même Ex­cel de­puis juillet der­nier, sup­portent en­fin la co- édi­tion des do­cu­ments, et ce, que les uti­li­sa­teurs ex­ploitent les ver­sions web, les ver­sions mo­biles ou les vé­ri­tables ver­sions Win­dows de ces in­con­tour­nables ou­tils. Mais sur­tout, Of­fice 365 est une vé­ri­table plate- forme ex­ten­sible et cloud qui ne cesse de s’en­ri­chir et d’en of­frir tou­jours plus : Delve, Forms, Yam­mer, Po­wer BI, Plan­ner, etc.

Des ou­tils en vogue

Le der­nier ef­fort de Microsoft en ma­tière de col­la­bo­ra­tion a été lan­cé en mars der­nier : Microsoft Teams est un ou­til de dis­cus­sion, cen­tré au­tour de « chats » d’équipes, in­té­gré à l’offre Of­fice 365. Il s’ins­crit dans un mar­ché dé­jà très en­com­bré et do­mi­né par Slack, qui compte 5 mil­lions d’uti­li­sa­teurs ac­tifs quo­ti­dien­ne­ment et 1,5 mil­lion de comptes payants, mais sur le­quel on re­trouve éga­le­ment des ou­tils comme Stack­field, Azen­doo, Confluence, Co: tu­ni­ty, Sa­me­page, Sa­pen­ta, Po­bu­ca, mais aus­si Fa­ce­book Work­place, Ama­zon Chime, Google Han­gouts, Jostle, HipC­hat, Ry­ver, Talks­pi­rit ou des so­lu­tions open source comme Ro­cket. chat ou Mat­ter­most. Bref MS Teams n’est vrai­ment pas seul sur ce mar­ché, mais il a pour lui deux atouts clés : il est gra­tuit pour toutes les en­tre­prises ayant dé­jà op­té pour un abon­ne­ment Of­fice 365 et il offre une très forte in­té­gra­tion à la suite Of­fice. Mieux en­core, il est à plus d’un titre l’es­pace de col­la­bo­ra­tion qui uni­fie le mieux les ou­tils clés que sont Sha­re­Point, OneD­rive for Bu­sines s, Plan­ner, et OneNote. Par exemple, les do­cu­ments com­muns à une équipe sont di­rec­te­ment ac­ces­sibles de­puis Teams, et la créa­tion d’une équipe en­gendre au­to­ma­ti­que­ment la créa­tion d’un no­te­book OneNote par­ta­gé.

Es­pace col­la­bo­ra­tif par ex­cel­lence

Car Microsoft Teams est pen­sé pour être cet es­pace cen­tra­li­sa­teur où tout co­équi­pier se rend pour col­la­bo­rer quelle que soit sa mé­thode de com­mu­ni­ca­tion fa­vo­rite : dis­cus­sions tex­tuelles, dis­cus­sions au­dio ou vi­déo, par­tages de fi­chiers. L’idée de Teams n’est pas de vous for­cer à chan­ger vos ha­bi­tudes de tra­vail mais plu­tôt de les re­trou­ver toutes au même en­droit. De par son ap­proche cen­trée sur les équipes, Teams se ré­vèle bien adap­té à ce fonc­tion­ne­ment mo­derne d’en­tre­prise qui veut que l’on as­signe de pe­tites équipes à des pro­jets – équipes qui se­ront dis­soutes à la fin du pro­jet, tout comme pro­ba­ble­ment la dis­cus­sion as­so­ciée.

Un es­pace vrai­ment uni­ver­sel

Pour sa­tis­faire aux usages ac­tuels, Teams se ré­vèle très uni­ver­sel. Il s’uti­lise soit d’un na­vi­ga­teur web ( IE, Edge, Ch­rome, Fi­re­fox), sur PC comme sur Mac – mais Sa­fa­ri n’est pas sup­por­té –, soit au tra­vers d’une app dé­diée re­la­ti­ve­ment in­con­tour­nable sous Win­dows 10 – y com­pris mo­bile –, mais aus­si sous iOS et An­droid. Si lors de son lan­ce­ment, en mars der­nier, les ap­pli­ca­tions mo­biles étaient en­core très li­mi­tées, ce n’est plus le cas au­jourd’hui. Elles offrent gros­so- mo­do toutes les fonc­tion­na­li­tés du client Win­dows à com­men­cer par le sup­port des on­glets et la pos­si­bi­li­té de voir et même de mo­di­fier les do­cu­ments Of­fice de­puis Teams. Microsoft a donc fait l’in­dis­pen­sable ef­fort pour que les uti­li­sa­teurs no­mades ne se sentent pas ex­clus des conver­sa­tions et pro­fitent d’une ex­pé­rience mo­bile aus­si riche que sur PC.

Pre­mier contact

De fa­çon très clas­sique, l’in­ter­face du lo­gi­ciel se pré­sente avec un pan­neau de gauche lis­tant les dif­fé­rentes équipes et dis­cus­sions, et un can­vas gé­né­ral af­fi­chant la dis­cus­sion sé­lec­tion­née. Sur Teams, chaque équipe peut créer de mul­tiples ca­naux de dis­cus­sions, as­si­mi­lables à des sous- équipes pour cou­vrir une ac­tion par­ti­cu­lière ou un sous- pro­jet. Chaque membre d’une équipe peut choi­sir de sous­crire ou non à un ca­nal. Si vous vou­lez sim­ple­ment tcha­ter avec un col­lègue en « one on one » , Teams pro­pose un on­glet spé­cial à ces fins via le­quel vous pouvez fa­ci­le­ment re­cher­cher un col­lègue dans l’en­tre­prise et dé­mar­rer la dis­cus­sion sans avoir à re­tour­ner dans un ou­til comme Skype for Business. N’im­porte quel col­la­bo­ra­teur de l’en­tre­prise peut se joindre à une conver­sa­tion d’une équipe dé­fi­nie comme pu­blique, alors que celles dé­fi­nies comme pri­vées sont li­mi­tées aux seuls collaborateurs in­vi­tés.

Des dis­cus­sions mul­ti­mé­dias

Au sein des dis­cus­sions, les mes­sages peuvent in­cor­po­rer du texte ou des images mais aus­si des émo­ti­cônes per­son­na­li­sables et des « Memes » – au­tre­ment dit des Gifs ani­més – et des Sti­ckers, pour par exemple en­cap­su­ler du texte dans une bulle fa­çon BD. De quoi rendre les conver­sa­tions plus fun et la prise en main du lo­gi­ciel plus lu­dique. Mais at­ten­tion à ne pas abu­ser de ces ar­ti­fices vi­suels peu pro­duc­tifs. Le sys­tème de dis­cus­sion au­to­rise aus­si les men­tions (@ nom) pour mieux aler­ter un col­la­bo­ra­teur ou le mettre en évi­dence. Ori­gi­na­li­té de Teams, le ca­ne­vas offre des on­glets per­met­tant d’ajou­ter des do­cu­ments liés à la dis­cus­sion, des rap­ports de réu­nion OneNote ou de simples notes. Ces fonc­tion­na­li­tés ex­ploitent to­ta­le­ment les nou­velles ca­pa­ci­tés de co- édi­tion si­mul­ta­née des com­po­santes de la suite Of­fice 2016. Par ailleurs, si vous uti­li­sez dé­jà in­ten­si­ve­ment Sha­re­point, il n’est nul­le­ment né­ces­saire de co­pier les do­cu­ments dans Teams, votre bi­blio­thèque de do­cu­ments Sha­re­point pou­vant être in­té­grée dans l’es­pace de dis­cus­sion. On no­te­ra au pas­sage que Microsoft a ou­vert cette in­té­gra­tion à la concur­rence. Si, à l’ori­gine, les do­cu­ments par­ta­gés de­vaient im­pé­ra­ti­ve­ment

être sto­ckés sous Of­fice 365, ce n’est dé­sor­mais plus une obli­ga­tion, Teams sup­por­tant éga­le­ment Ci­trix Sha­re­file, Google Drive, Drop­box et Box.

Des mee­tings vi­déo in­té­grés

Un tchat vi­déo, plus exac­te­ment une réu­nion vi­déo, peut être ins­tan­ta­né­ment ini­tié avec les par­ti­ci­pants d’un ca­nal ou d’une équipe, mais il est aus­si pos­sible de pla­ni­fier de tels mee­tings à l’avance. Les mee­tings ain­si dé­fi­nis sont au­to­ma­ti­que­ment in­té­grés aux ca­len­driers Out­look ( et on peut ain­si re­joindre un mee­ting vi­déo Teams di­rec­te­ment de­puis Out­look). In­ver­se­ment, sa­chez que Teams peut aus­si af­fi­cher les dé­tails de vos réunions pla­ni­fiées sous Out­look. Jus­qu’à 80 per­sonnes peuvent par­ti­ci­per à ces dis­cus­sions vi­déo ( la tech­no­lo­gie s’ap­puyant sur l’in­fra­struc­ture de Skype, le ser­vice était d’ailleurs au dé­part connu sous le nom de pro­jet Skype Teams) qui s’af­fichent di­rec­te­ment au sein de Teams et ne passent pas donc pas par un client tierce par­tie.

Au- de­là des dis­cus­sions

L’une des forces de Teams, c’est que l’on peut di­rec­te­ment en­voyer des e- mails aux par­ti­ci­pants, dé­fi­nir un nou­veau mee­ting Out­look ou édi­ter les do­cu­ments ( Word, Ex­cel, Po­werPoint, OneNote, Po­wer BI…) sans quit­ter la dis­cus­sion. L’en­voi di­rect d’e- mail à toute une équipe ou juste aux par­ti­ci­pants d’un ca­nal est ain­si l’une des bonnes trou­vailles de Teams. Quel in­té­rêt ? D’abord l’e- mail est di­rec­te­ment in­té­gré au flux de conver­sa­tions et y res­te­ra jus­qu’à la dis­so­lu­tion de l’équipe. Ce­la fa­ci­lite donc les dis­cus­sions di­rectes au­tour du conte­nu de cet e- mail. En­suite, si vous avez at­ta­ché un fi­chier à votre e- mail, il est au­to­ma­ti­que­ment té­lé­char­gé dans les fi­chiers as­so­ciés au ca­nal et tout le monde pour­ra le co­édi­ter via les fonc­tions de co­édi­tion de Word, Ex­cel, Po­werPoint. En­fin, et de fa­çon as­sez contra­dic­toire, ce­la tend à li­mi­ter le nombre de mails dans la boîte, la plu­part des des­ti­na­taires ré­agis­sant dans Teams plu­tôt que par e- mail.

Plan­ner, un com­pa­gnon na­tu­rel

Par­mi les mo­dules bé­né­fi­ciant d’une forte in­té­gra­tion avec Teams, on re­trouve évi­dem­ment les ser­vices d’Of­fice 365. À com­men­cer par Plan­ner, l’ou­til de ges­tion de tâches, voire de pro­jets de la suite col­la­bo­ra­tive. Plan­ner est mieux adap­té que l’an­ces­tral Microsoft Pro­ject dès lors que l’on évoque des pro­jets de pe­tite taille, sans réelles com­plexi­tés et ai­sé­ment dé­cou­pés en tâches élé­men­taires. Comme Teams fonc­tionne ty­pi­que­ment pour sim­pli­fier la col­la­bo­ra­tion au­tour d’un pro­jet, il s’ac­corde par­fai­te­ment avec Plan­ner. L’in­té­gra­tion per­met ain­si d’avoir dans les dis­cus­sions d’équipe un on­glet Plan­ner qui per­met à cha­cun de vi­sua­li­ser l’avan­ce­ment des dif­fé­rentes tâches du pro­jet et vé­ri­fier qui tra­vaille sur quoi. Une trans­pa­rence qui fa­ci­lite les en­traides mu­tuelles. Au pas­sage, si­gna­lons que Teams s’in­tègre avec d’autres so­lu­tions de ges­tion de pro­jets plus am­bi­tieuses que Plan­ner telles que Trel­lo ou KanBo.

Un ser­vice très ou­vert

Cette forte in­té­gra­tion ne se li­mite pas aux seuls mo­dules Of­fice 365 et ser­vices Microsoft tels que Po­wer BI, Vi­sual Stu­dio, Stream, Flow ou Po­werApps. L’édi­teur a pen­sé Teams comme une plate- forme ou­verte sur la­quelle peuvent ai­sé­ment ve­nir se gref­fer : • des Bots pour des conver­sa­tions au­to­ma­ti­sées : aide en ligne, FAQ in­ter­ac­tive, re­cherches en langue na­tu­relle dans les banques de don­nées de l’en­tre­prise, etc., mais aus­si d’autres Apps ; • des Con­nec­teurs pour in­cor­po­rer des in­for­ma­tions tou­jours à jour di­rec­te­ment dans les dis­cus­sions ou re­ce­voir des

no­ti­fi­ca­tions d’équipe en fonc­tion des in­for­ma­tions émises par des ser­vices ex­ternes. On en dé­nombre au­jourd’hui plus d’une cen­taine qui vont des flux RSS aux ac­ti­vi­tés Vi­sual Stu­dio Team Ser­vices ou aux bugs re­le­vés dans Ji­ra, des ti­ckets ZenDesk aux ob­jec­tifs BeeMin­der, etc. ; • des Apps qui s’af­fichent sous forme d’on­glets au sein du ca­ne­vas de dis­cus­sions et qui ren­for­ce­ment l’in­té­gra­tion de Teams avec des ser­vices comme ZenDesk, HootSuite, Asa­na, Grow­bot , Trel lo, SmartS­heet, Wrike, et autres. Ty­pi­que­ment cette in­té­gra­tion per­met de consul­ter une liste Trel­lo, d’af­fi­cher les ti­ckets de sup­port ZenDesk, de gé­rer des pro­jets Wrike ou de vi­sion­ner des vi­déos You­Tube sans quit­ter la conver­sa­tion, ni avoir à lan­cer une page web ou une autre app. Les en­tre­prises peuvent, elles aus­si, ve­nir in­té­grer leurs propres ap­pli­ca­tions mé­tier. Elles pour­ront soit pas­ser par le SDK, soit bien plus sim­ple­ment di­rec­te­ment in­cor­po­rer leurs propres « Po­wer Apps » mo­biles dans un on­glet Teams. De même, l’in­té­gra­tion de vos ta­bleaux de bord Po­wer BI se fait en deux clics.

Un ser­vice ad­mi­nis­trable

Mais l’autre élé­ment dif­fé­ren­ciant de Teams, concerne les pos­si­bi­li­tés de contrôle avan­cé par l’IT du ser­vice. C’est un point sur le­quel Microsoft se dé­marque de la plu­part de ses concur­rents. Outre l’in­té­gra­tion na­tive à Azure Ac­tive Di­rec­to­ry, Teams adhère à de mul­tiples stan­dards et ré­gu­la­tions en ma­tière de sécurité et com­pliance : Eu­ro­pean Union Mo­del Clauses, ISO27001, HIPAA, SOC1, SOC2, etc. Ain­si, l’ar­chi­vage des conver­sa­tions pour des contraintes lé­gales est di­rec­te­ment in­té­gré au pro­duit avec des fonc­tions de re­cherche dans les Logs d’au­dit. De même, les ad­mi­nis­tra­teurs ont un contrôle to­tal sur les bots, con­nec­teurs et Apps que les uti­li­sa­teurs peuvent in­cor­po­rer à leurs es­paces de dis­cus­sions afin d’évi­ter les dé­rives du Sha­dow IT.

Un frein en moins à son adop­tion

Jus­qu’ici, l’adop­tion de Teams a été frei­née par un gros dé­faut ori­gi­nel : l’im­pos­si­bi­li­té d’in­sé­rer dans une équipe de per­sonnes ex­ternes à l’en­tre­prise ( four­nis­seurs, par­te­naires…). Ce manque, sou­vent ju­gé rédhi­bi­toire, vient de s’éva­nouir avec la der­nière mise à jour du ser­vice. Dé­sor­mais, vos clients, par­te­naires et four­nis­seurs, peuvent être in­vi­tés dans les équipes Teams. À une condi­tion ce­pen­dant : qu’ils dis­posent d’un compte Azure Di­rec­tor y – ce qui est for­cé­ment le cas de tous vos par­te­naires abon­nés à Of­fice 365 – ou d’un Compte Microsoft, cas des uti­li­sa­teurs Win­dows 10, Skype, Hot­mail, etc. Dans le cas contraire, ils se­ront re­di­ri­gés vers la créa­tion d’un tel compte au mo­ment où ils cli­que­ront sur

le lien d’in­vi­ta­tion à re­joindre l’équipe. Avec l’ar­ri­vée de cette fonc­tion­na­li­té « Guest Acces s » , Teams comble son prin­ci­pal re­tard sur son concur­rent Slack. Les membres in­vi­tés peuvent dès lors par­ti­ci­per aux dis­cus­sions, re­joindre les réunions et col­la­bo­rer aux do­cu­ments par­ta­gés. Tech­ni­que­ment, ce « Guest Ac­cess » est im­plé­men­té via le ser­vice Azure AD B2B Col­la­bo­ra­tion ce qui donne aux DSI l’as­su­rance que ces comptes in­vi­tés ne bé­né­fi­cie­ront que d’un ac­cès condit ion­nel et sé­cur isé, une im­plé­men­ta­tion qui offre éga­le­ment aux ad­mi­nis­tra­teurs des fonc­tion­na­li­tés à base de ma­chine lear­ning pour dé­tec­ter les com­por­te­ments dé­viants et sus­pi­cieux. À tout mo­ment, les droits d’ac­cès d’un in­vi­té pour­ront bien sûr être ré­vo­qués par les ad­mins Of­fice 365.

Des amé­lio­ra­tions at­ten­dues

Reste que tout n’est pas pour au­tant par­fait dans l’uni­vers Teams. L’une des ab­sences les plus no­tables face à son concur­rent Slack de­meure l’im­pos­si­bi­li­té de créer des ca­naux pri­vés. Cer tes, Teams per­met de créer des « Pri­vate Teams » de sorte que les dis­cus­sions de l’équipe res­tent confi­den­tielles à l’équipe et que per­sonne d’autre ne puisse les trou­ver par la re­cherche ou s’y abon­ner. En re­vanche, il n’existe au­cune so­lu­tion pour dé­fi­nir un ca­nal de dis­cus­sion pri­vé par­mi les ca­naux de dis­cus­sions d’une équipe. Microsoft a ré­cem­ment an­non­cé qu’une telle fonc­tion­na­li­té était en dé­ve­lop­pe­ment mais n’a pas pré­ci­sé de date de dis­po­ni­bi­li­té. D’autres amé­lio­ra­tions, là en­core sans date, sont aus­si pré­vues comme la pos­si­bi­li­té d’uti­li­ser plu­sieurs comptes Teams si­mul­ta­né­ment ou de lan­cer un par­tage d’écran sans dé­clen­cher d’abord un ap­pel vi­déo. On re­gret­te­ra éga­le­ment la len­teur au lan­ce­ment du client Win­dows 10 qui vous donne clai­re­ment en­vie de ne ja­mais quit­ter le lo­gi­ciel. Mieux vaut ne pas être pres­sé, un comble pour un ou­til de dis­cus­sions. Heu­reu­se­ment, la clô­ture de la fe­nêt re en­traîne l’icô­ni­fi­ca­tion de l’ap­pli­ca­tion plu­tôt que sa fer­me­ture, ce qui li­mite le pro­blème.

Un ef­fet Jungle à ap­pré­hen­der

En­fin, l’in­tro­duc­tion de Teams com­plexi­fie mé­ca­ni­que­ment le pay­sage des ou­tils de mise en re­la­tion des collaborateurs : entre Teams, Yam­mer, Sha­re­point, Skype for Business, Out­look, il existe des zones de re­cou­vre­ment et des re­don­dances qui pour­ront plon­ger DSI comme uti­li­sa­teurs dans une cer­taine per­plexi­té. On peut se de­man­der si Microsoft conser­ve­ra en­core des fonc­tion­na­li­tés comme les groupes Yam­mer ou les groupes Out­look. Il n’est pas fa­cile de s’y re­trou­ver d’au­tant que Microsoft n’a pas pré­vu de mé­ca­nismes de mi­gra­tion entre ces zones de re­cou­vre­ment. Nul doute que Microsoft va de­voir re­mettre un peu d’ordre dans toutes les fonc­tion­na­li­tés so­ciales de ses pro­duits afin de sup­pri­mer les re­don­dances et mieux fo­ca­li­ser les at­ten­tions sur les com­plé­men­ta­ri­tés des ser­vices. En ef­fet, pour des dis­cus­sions sur le long terme ou la dif­fu­sion d’in­for­ma­tions au sein de toute l’en­tre­prise, Yam­mer – le ré­seau so­cial d’en­tre­prise d’Of­fice 365 – se ré­vèle plus adap­té que Teams. De même, pour ré­ca­pi­tu­ler tous les élé­ments de l’équipe à la clô­ture du pro­jet, on uti­li­se­ra vo­lon­tiers Sha­re­point plu­tôt que de conser­ver in­dé­fi­ni­ment les dis­cus­sions des équipes. Au fi­nal, il faut bien re­con­naître que la forte in­té­gra­tion de Teams à l’uni­vers col­la­bo­ra­tif Of­fice 365 a beau­coup de sens et que cette nou­velle brique a ses atouts pour sé­duire les en­tre­prises. Le ser­vice est uni­ver­sel, ou­vert et bien an­cré dans les nou­veaux usages. Le prin­ci­pal risque est fi­na­le­ment d’en ten­ter une adop­tion sau­vage sans une ré­flexion préa­lable sur le fonc­tion­ne­ment de l’en­tre­prise, la stra­té­gie de gou­ver­nance et la ca­pa­ci­té d’adop­tion d’un tel pro­duit par les uti­li­sa­teurs. ❍

Les mes­sages peuvent in­cor­po­rer du texte ou des images, mais aus­si des émo­ti­cônes per­son­na­li­sables et des « Memes »

Les mee­tings ain­si dé­fi­nis sont au­to­ma­ti­que­ment in­té­grés aux ca­len­driers Out­look

Exemple de l’in­té­gra­tion de « Meme » dans Teams.

Les ad­mi­nis­tra­teurs ont un contrôle to­tal sur les bots, con­nec­teurs et Apps.

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