PAR CÉ­SAR ACE­VE­DO

L'Obs - - Critiques - PAS­CAL MÉRIGEAU

Drame co­lom­bien, avec Hai­mer Leal, Hil­da Ruiz, Edi­son Rai­go­sa (1h37).

Les champs de canne à sucre brûlent, les cendres noient les arbres, les champs, les ani­maux, les gens. Une pous­sière grise en­va­hit les pou­mons de Ge­rar­do, humble tra­vailleur qui se meurt aux cô­tés de sa femme, de leur jeune fils et de sa mère. Son père vient les re­joindre, au­quel la mère re­fuse de par­ler. Dans la cour, un arbre cen­te­naire se dresse en­vers et contre tout. Longs plans fixes pour que le temps im­prime sa marque sur les êtres, lu­mières sourdes et pa­roles rares : ce pre­mier film, ca­mé­ra d’or au der­nier Fes­ti­val de Cannes, im­pres­sionne au­tant par son au­dace pai­sible que par la maî­trise de son au­teur, le co­lom­bien Cé­sar Ace­ve­do, 30 ans. Le grand-père et le pe­tit gar­çon échangent en si­lence, la jeune femme sait qu’elle doit par­tir avec son fils, sa bel­le­mère re­fuse de quit­ter sa terre. Ces gens n’ont rien, ils ne peuvent pas faire ve­nir un mé­de­cin au che­vet du ma­lade, mais chaque plan se charge d’une éner­gie co­los­sale, qui se com­mu­nique au film tout en­tier. Si­nistre à ra­con­ter, l’his­toire de­vient à l’écran ma­gni­fique, c’est le mi­racle du ci­né­ma.

« La Terre et l’Ombre » de Cé­sar Ace­ve­do.

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