Tchao Chi­rac

LES CHI­RAC, PAR BÉA­TRICE GUR­REY, PO­CKET, 214 P., 7,30 EU­ROS.

L'Obs - - Critiques - DA­VID CAVIGLIOLI

L’ex­cel­lente idée de la jour­na­liste Béa­trice Gur­rey est de ne pas mon­trer les Chi­rac quand ils prennent le pou­voir, mais quand ils le perdent. Ça com­mence en sep­tembre 2005, quand le pré­sident (pho­to, 2007) fait un AVC de­vant les di­gni­taires d’An­dorre. Quelques mois plus tard, il se met à confondre les mots dans ses dis­cours. Sar­ko­zy le re­garde comme un vieil homme vain­cu, ce qu’il ne sup­porte pas. Il peine à se concen­trer, ou­blie les dates et les lieux. Il est sourd, ce qui lui « per­met de ne pas en­tendre un tas de cons », di­til. Grand corps ma­lade, il traîne à l’Ely­sée, « triste pa­lais que le pou­voir dé­serte », avec la reine Ber­na­dette, in­quiète de sa­voir s’ils au­ront des do­mes­tiques après la re­traite. Il consacre ses der­nières se­maines à « trou­ver des postes ou des places » aux der­niers fi­dèles. Il ne montre pas que cette pe­tite mort le fait sou rir. « J’ai lais­sé ma pre­mière peau aux ronces du che­min, dit-il. J’ai main­te­nant une peau de pa­chy­derme. » Livre fu­nèbre, qui dé­po­li­tise la ques­tion Chi­rac, mais qu’on peut ré­su­mer par une phrase : « Com­bien les fins de règne peuvent être tristes. »

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