La vie pen­dant la mort

MÉCANISMES DE SURVIE EN MI­LIEU HOS­TILE, PAR OLIVIA ROSENTHAL, FOLIO, 192 P., 6,50 EU­ROS.

L'Obs - - Critiques - DA­VID CAVIGLIOLI

Il est dif­fi­cile de par­ler de ce ro­man d’Olivia Rosenthal (pho­to), tant le plai­sir de sa lec­ture ré­side dans le dé­voi­le­ment pro­gres­sif de son sens. Le thème du ré­cit est la vie pen­dant la mort, cet in­ter­stice gi­gan­tesque où l’être vi­vant est sur le point de sor­tir de la vie, où il n’est plus ici-bas mais pas en­core au-de­là. Le texte est une al­ter­nance de scènes où la mort d’un nar­ra­teur est ma­té­ria­li­sée par un rêve, ba­nal et bi­zarre, et de frag­ments d’al­lure plus do­cu­men­taire, où la dis­pa­ri­tion est re­gar­dée cli­ni­que­ment, de­puis l’ex­té­rieur. Rosenthal joue ha­bi­le­ment de ces deux re­gistres, or­ga­nise des dé­ca­lages et des su­per­po­si­tions, créant un re­lief et un mys­tère qui trans­forment le lec­teur en en­quê­teur. On se de­mande sans cesse qui parle, et pour­quoi. Par­tant des té­moi­gnages de res­ca­pés du co­ma et des ré­cits de near death ex­pe­riences, la ro­man­cière par­vient à don­ner un vi­sage à la mort, ce mo­ment aveugle qu’on ne re­pré­sente ja­mais di­rec­te­ment. On re­grette quelques lour­deurs et pré­cio­si­tés dans son phra­sé, mais après tout son su­jet ré­clame un peu de so­len­ni­té.

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