APPRENTICE PAR BOO JUNFENG

L'Obs - - Critiques - GUILLAUME LOISON

Drame sin­ga­pou­rien, avec Fir Rah­man, Wan Ha­na­fi Su, Mas­tu­ra Ah­mad (1h36).

Dans le genre que consti­tuent les films ayant trait à la peine de mort, « Apprentice » choi­sit un angle rare : s’in­té­res­ser au bour­reau plu­tôt qu’à la vic­time. Le réa­li­sa­teur Boo Junfeng, dont c’est le deuxième film après « Sand­castle » (2010), l’ap­pré­hende comme un pro­fes­sion­nel aguer­ri, conscien­cieux, bi­chon­nant ses noeuds cou­lants et ses cordes, tout en sou­li­gnant sa part in­quié­tante de vieux fauve en­core vif, mais dam­né par la mor­bi­di­té de sa mis­sion. Le film est à son meilleur lors­qu’il se contente d’ob­ser­ver cet ogre de ci­né­ma dé­am­bu­ler dans son pe­tit royaume car­cé­ral sculp­té par un clair-obs­cur su­blime qui tire l’en­semble sur une pente go­thique. Hé­las, s’en­roule au­tour de ce for­mi­dable per­son­nage un ré­cit un tan­ti­net chi­chi­teux, trop plein d’in­ten­tions louables (il montre, par exemple, les dif­fi­cul­tés so­ciales du Sin­ga­pour contem­po­rain) et mê­lant une histoire de ven­geance à une quête d’iden­ti­té). Tout ce­la concourt à ato­mi­ser le film plu­tôt qu’à le den­si­fier.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.