La re­nais­sance de Lo­sey

UNE ANGLAISE ROMANTIQUE, PAR JO­SEPH LO­SEY. CO­MÉ­DIE BRI­TAN­NIQUE, AVEC MI­CHAEL CAINE, GLENDA JACK­SON, HELMUT BER­GER, MI­CHAEL LONSDALE, NA­THA­LIE DELON, BÉATRICE ROMAND (1975, 1H55).

L'Obs - - Critiques - F.F.

En 1975, Lo­sey est en pleine re­nais­sance : après quelques flops pé­nibles (« Cé­ré­mo­nie secrète », « Boom ! »), il vient de si­gner un suc­cès in­croyable, « le Mes­sa­ger ». Au lieu de jouer la carte noire, comme il en a l’ha­bi­tude, il pri­vi­lé­gie le ro­ma­nesque. Mais, chez lui, ce­lui-ci est un peu tor­du : dans cette « Anglaise romantique », avec l’aide de Tom Stop­pard, Lo­sey in­vente un trio amou­reux dont on ne connaî­tra ja­mais la re­la­tion exacte : entre Eli­za­beth, épouse d’un au­teur po­pu­laire morte d’en­nui, Tho­mas, gi­go­lo et voyou qui se fait pas­ser pour poète, et Le­wis, le ma­ri co­cu, que se passe-t-il ? La pre­mière se fait des illu­sions, le deuxième est un pauvre type, le troi­sième un ma­ni­pu­la­teur… Le cas­ting est l’exact re­flet des per­son­nages : Glenda Jack­son (pho­to), alors une grande star (moche), s’en­flamme ; Helmut Ber­ger (beau) se dés­in­tègre et Mi­chael Caine (rou­blard, pho­to) sur­vole le tout. On sent l’iro­nie et le dé­dain du réa­li­sa­teur pour ce monde fal­si­fié et fu­tile, et pour cette Anglaise « romantique », si pri­son­nière de ses propres cli­chés.

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