Ci­né­ma-Sta­bi­lo

TOUS LES CHATS SONT GRIS, PAR SAVINA DELLICOUR. CO­MÉ­DIE DRA­MA­TIQUE BELGE, AVEC BOULI LANNERS, MA­NON CA­PELLE, ANNE COESENS (1H27).

L'Obs - - Critiques - J. G.

Tous les chats sont gris, et tout est cou­su de fil blanc. Do­ro­thy (Ma­non Ca­pelle, pho­to), une ado de 15 ans, éle­vée dans une fa­mille de la bour­geoi­sie bruxel­loise, com­prend qu’elle n’est pas la fille de son père et nous le fait com­prendre avec des co­lères, des bou­de­ries, une sau­va­ge­rie ca­ri­ca­tu­rales. Dans la rue, elle tombe sur un dé­tec­tive pri­vé qui la pho­to­gra­phie parce qu’il est convain­cu, lui, qu’elle est sa fille bio­lo­gique. Mais ce n’est pas aus­si simple. Pour en ar­ri­ver à la ré­so­lu­tion de cette énigme sans sus­pense, il fau­dra faire dé­gor­ger le pas­sé de la ma­man. Une ma­man qui ne va pas bien non plus, et ça se voit. Pas une scène, dans ce pre­mier film mal­adroit, qui n’an­nonce la sui­vante. Pas une image, pas un flash-back, qui ne s’élève au-des­sus du té­lé­film. Pas un dia­logue qui ne soit sou­li­gné et sta­bi­lo­té. Pas une idée qui ne soit un cli­ché – sur la jeu­nesse dé­fon­cée parce que mal dans sa peau, sur la morgue de la bour­geoi­sie en 4 x 4, sur le poids de la mé­moire hon­teuse ou sur l’al­coo­lisme des hommes dé­lais­sés. Même le puis­sant Bouli Lanners (pho­to), tou­jours bien quoi qu’il fasse, n’ar­rive pas à don­ner du corps à ce pre­mier film por­té aux nues par la presse belge et cou­ron­né de prix dans les fes­ti­vals. Prix d’en­cou­ra­ge­ment, pour­quoi pas, mais de fé­li­ci­ta­tions, sû­re­ment pas.

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