THE WITCH PAR RO­BERT EGGERS

L'Obs - - Critiques - NI­CO­LAS SCHALLER

Film d’épou­vante bri­tan­nique, avec Anya Tay­lor-Joy, Ralph Ine­son, Kate Di­ckie (1h32).

Ama­teurs de sé­ries B d’hor­reur pour mul­ti­plexes, pas­sez votre che­min! « The Witch » cache un film plus an­xio­gène que spec­ta­cu­laire. Son réa­li­sa­teur ne prend pas la Nou­velle-An­gle­terre de 1630 comme simple dé­cor, il puise à sa source et ses croyances. C’est l’his­toire d’une fa­mille de pieux pay­sans an­glais, émi­grée en Amé­rique, qui s’ins­talle aux abords d’une grande fo­rêt, à l’écart de tout, et est ga­gnée par la peur quand dis­pa­raît mys­té­rieu­se­ment leur der­nier né. Cette menace qui plane, les pa­rents, en­fer­rés dans leur fon­da­men­ta­lisme re­li­gieux, la mettent sur le compte de la sor­cel­le­rie tan­dis que leurs quatre en­fants s’entre-dé­chirent pour sa­voir qui, de la grande soeur pu­bère, du ti­mide frère ca­det ou des deux in­sup­por­tables ju­meaux est pos­sé­dé par le mal. Le ton est aus­tère, l’at­mo­sphère, dé­lé­tère. Ro­bert Eggers sait do­ser ses ef­fets pen­dant une pe­tite heure, entre huis clos réa­liste et trouées hor­ri­fiques. Las, les re­don­dantes que­relles de bé­ni­tier fi­nissent par prendre l’as­cen­dant sur le reste, as­sé­chant le film et son ima­gi­naire.

Anya Tay­lor Joy.

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