10 CHOSES À SA­VOIR SUR…

Kee-Yoon Kim

L'Obs - - Le Sommaire - GUILLAUME LOI­SON

1 TI­GER MUM

Sa mère, ex-can­ta­trice – « Elle a chan­té au Châtelet, au Pa­lais-Gar­nier… » –, est le per­son­nage cen­tral du « sketch le plus fé­dé­ra­teur » de « Jaune Bon­bon » : une mère tigre « to­lé­rante comme Pou­tine et laxiste comme Kim Jong-un ». Le jour où sa fille lui an­nonce sa nou­velle vie, elle « a som­bré dans la pa­nique ». Tout le contraire de son père bu­si­ness­man « res­té très zen ». Mais après trois mois de bou­de­rie, ma­man Kim s’apaise. Ins­tal­lée au fond du Gym­nase, elle ne rate pas une re­pré­sen­ta­tion de sa fille.

2 EX

Dans « Jaune Bon­bon », elle règle aus­si ses comptes avec un ex-pe­tit ami pas très vi­sion­naire – alors qu’elle est en­core avo­cate, il dit être peu convain­cu par son pou­voir co­mique. La ré­ti­cence lui ins­pire une chan­son, « l’Amour avec une brique », où, d’une voix su­crée, elle rêve « de [lui] am­pu­ter les pau­pières, [le] mas­sa­crer, [le] dé­pe­cer… » Qu’en pense l’in­té­res­sé ? « On ne se parle plus, je ne sais pas… Il est quand même ve­nu à la pre­mière du spec­tacle. Il n’a pas été dé­çu… »

3 BARREAU

« Pe­tite, je fais du vio­lon, mais je suis com­plè­te­ment nulle. Du coup, je ra­vale très vite mes vel­léi­tés d’ar­tiste pour me re­por­ter sur les études. » Elle y ex­celle, en­chaî­nant fac de droit à As­sas, Es­sec, Sciences-Po. Puis entre au ca­bi­net d’a aires Bre­din Prat. « Je gagne une tonne. »

4 DÉ­CLIC

La vo­ca­tion du spec­tacle lui est ve­nue le jour où elle a rem­por­té le con­cours d’élo­quence au barreau de Pa­ris en 2009. Thème im­po­sé : « Les hommes d’au­jourd’hui sont-ils les femmes de de­main ? » « Je choi­sis d’étayer mon point de vue par l’hu­mour. Et là, les gens ri­golent ! J’en suis hy­per­heu­reuse et me rap­pelle cette double évi­dence : il y a des gens dont le mé­tier consiste à faire rire les autres ; et leur vie doit être mer­veilleuse. » En 2012, le dé­cès de sa meilleure amie la pousse à prendre ses rêves pour une réa­li­té.

5 DÉ­MIS­SION

Elle quitte son ca­bi­net d’avo­cats en jan­vier 2013. Un mois après avoir rem­por­té le con­cours du pres­ti­gieux fes­ti­val d’hu­mour de Mon­treux avec un sketch de cinq mi­nutes « sur les re­marques que me fait un chau eur de taxi à propos de mes yeux bri­dés ». Dix mois plus tard, elle monte sur la scène du Gym­nase.

6 CO­RÉE

« Il y a quelques mois, la té­lé co­réenne est ve­nue à Pa­ris me consa­crer un re­por­tage. Toute ma fa­mille qui vit là-bas a dé­cou­vert ma nou­velle vie. Mes pa­rents com­mu­niquent en­core as­sez peu sur le su­jet… »

7 BAN KI-MOON

Le se­cré­taire gé­né­ral des Na­tions unies est « un ami de la fa­mille » : l’oncle de Kee-Yoon, éphé­mère Pre­mier mi­nistre en Co­rée du Sud et fon­da­teur de l’uni­ver­si­té de droit de Séoul, équi­valent lo­cal de l’ENA ou de Har­vard, fut le pro­fes­seur de Ban Ki-moon avant que ce der­nier ne de­vienne son di­rec­teur de ca­bi­net. Le boss de l’ONU n’est tou­te­fois pas en­core ve­nu voir « Jaune Bon­bon »… Au contraire de Fleur Pel­le­rin. « C’était celle qui ri­go­lait le plus fort dans la salle. »

8 BER­LIN

Kee-Yoon est née dans la ca­pi­tale al­le­mande où ses pa­rents co­réens ont fait leurs études. Elle y reste dix mois, le temps que sa mère can­ta­trice intègre le conser­va­toire à Pa­ris. « On m’a in­jec­té de la vi­ta­mine D, comme à tous les nou­veau-nés en Al­le­magne. A cause du manque de so­leil. »

9 SELF-MADE-WOMAN

Ori­gi­na­li­té su­prême dans le pe­tit monde du show-bu­si­ness, Kee-Yoon gère seule sa com­mu­ni­ca­tion et ses in­té­rêts. « Au dé­but, je res­sen­tais le be­soin de tra­cer li­bre­ment mon che­min. Mais ça fait trois ans que je monte sur scène. Il est peut-être temps de me trou­ver un agent. »

10 ÉGÉ­RIE

De­puis cette an­née, Gior­gio Ar­ma­ni en per­sonne l’a sé­lec­tion­née « par­mi plein de na­nas dans le monde » pour in­car­ner l’une des femmes « qui ont eu le cou­rage de dire “oui à la vie” ». Outre l’ac­trice Cate Blan­chett, am­bas­sa­drice o cielle de la marque, le reste de ce contin­gent très sé­lect est consti­tué de la pia­niste chi­noise Yu­ja Wang, de la res­pon­sable fran­çaise des e ets 3D d’« Ava­tar 2 » Cé­cile Sch­moll­gru­ber, de la dan­seuse clas­sique fran­çaise Char­lotte Ran­son et de la Bré­si­lienne He­le­na Riz­zo, ar­chi­tecte de­ve­nue meilleure chef du monde en 2014.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.